CHAPITRE PREMIER
Idée de la distribution primitive , et comment elle diffère de
là distribution secondaire.
Jusqu'ici, Messeigneurs , nous avons tâché de connaître les lois qui règlent la production et Taccumulation des richesses : maintenant il s'agit d'examiner de quelle manière le produit annuel se distribue parmi les membres de la société. Vous savez ce que c'est que \e produit annuel{a)\ vous' connaissez les sources de production; vous avez vu comment elles concourent chacune en ce qui les concernent, à la production ; comment elles se joignent pour produire ; enfin vous avez reconnu qu'il n'est nullement nénes- ^saire qu'elles se trouvent réunies dans les .mêmes mains (^). Je vous dirai maintenant que , dans tout pays avancé en richesse et en civilisation, il arrive plus fréquemment de les voir séparées que réunies, et
{d) Voyez pag. aoS.
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qu'ainsi les travailleurs industriels^ les capitalistes et \es propriétaires fonciers forment .trois classes distinctes de la société.
Cependant il n'en a pas toujours été ainsi. Dans l'enfance des sociétés, ou chez les peuples chasseurs, la terre n'est la propriété de personne , et on n'y distingue ni riches ni pauvres, chacun ne gagnant par son travail que sa propre subsistance, et une subsistance très-chétive. Ainsi chex ces peuples il n'y a qu'une seule source de production en activité, savoir, le travail; tout^ lé produit annuel lui- est dû, et la nation entière se compose de travailleurs.
C'est chez les peuples pasteui^s que l'inégalité des fortunes s'introduit. Lorsqu'elle commence, celui-là est riche^ qui, après^avoir fourni à sa consommation, possède encore du superflu; et celui-là est pjwjivre, qui n'a. pas devers lui de quoi subsister pendaottiqu'il^ travaillera, et jusqu'à ce qye son produit soitxachevér et susceptible d'être» consommé o^i échangé.
Or, comme tput homme est forcé de consommer avant de pou voir = fournir un produit, le pauvre :S6v trouve dans la dépendanjce du riche-, et n«< prsutf^m)' vivre ni trayailler s'il n'obtient de luî^des denrées: déj4 existantes 9 qu'il, promet de lui restiUieriquands son produit sera achevé. Ces prêta nepeu'vent êttre> gratuits > car l'avantage en serait tout du coté du pauvre , tandis que le riche ne serait point intéressé. à les : conclure. Pour l'y faire consentir ^ il a fallu convenijTj que le propriétaire du superflu accumulé ou dû fonds retirerait une rente ou un profit proportionné à ses avan,ces. Dès que les capitalistes ont pu,, accroître