‹ Cours d'économie politique;Chapitre 98 sur 173 · LIV. III, CHAP. VI. 3l · texte numérisé non relu

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cependant être depuis très -long -temps dans un état stationnatre. Marc* Paul, qui l'observait il y a plus de 5oo ans, nous décrit l'état de sa culture, de son industrie et de sa population presque dans les tnêmes termes que les voyageurs qui l'observent aujourd'hui* Aussi les rapports de tous les toyageurs, qui varieifït sur beaucoup de points, s^accordent'-ils sur le bàH) prix des salaires de l'industrie, et sur la difficaHé qu'a un ouvrier dans la Chine d'élever une famille. Si, en remuant la terré toute une journée, il peut gagner de quoi acheter le soir une petite prortion de riz, il est fort content. Là condition des artisans- y est encore pire, s'il est possible. Au lieu d'attendre dans leurs ateliers que leurs pratiques les fassent ap^ peler, comme en Europe, ils sont continuellement à èourir par les rues avec les outils de Icar métier, offrant leurs services, et mendiant pour ainsi dire de l'ouvrage. Dans le voisinage de Canton, un grand nombre de familles n'ont point d'habitations sur la terre, mais vivent habituellement danis de pe<tità ba<teailx sur les canaux et les rivières:. La ^uhsistaïicie qu'ils peuvent s'y procurer y est tellemenit rare, qu'on les voit repêcher avec avidité lès restes les plus dégoutans jetés à la mer par quelque vaisseau d'Eu-» rope« Le mariage n'est pas encouragé à la. Chine pa*r le profit qu'on retire des enfans, mais par la permission de les détruire. Cependant la Chine, quoique demeurant toujours peut-être au même état , ne paraît pas rétro^ader. Nulle part ses villes ne sont abandonnées par leurs habitans : nulle part les terrés une fois cultivées n'y sont négligées* Ainsi malgré foutes

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les. peines qu'ont les ouvriers h subsister, ii faut bien qu'ils trouvent à se tirer d'affaire de manière ou d'autre, assez du moins pour se maintenir dans leur nombre ordmaire.

3® Enfin quand l'offre du travail industriel en excède la demande, le salaire courant des ouvriers tombe au 'dessous, du salaire nécessaire. C'est le cas des nationâ qui rétrogradent , c'est-à-dirfe chez lesquelles les fonds destinés à faire subsister le travail industriel viennent à décroître; sensiblement. Daiis un tel pays, chaque année la demande d'ouvriers sera moindrequ'elle. n'aura été l'année précédente; les ta leb&éminens ne donneront plus de rente; les^ salaires des métiers relevés ne suffiront plus pour compenser les dépenses: de l'instruction et pour couvrir les risques : ainsi un grand nombi'e de ceux qui autrement auraient embrassé ces métiers seront bien aises de trouver de l'emploi dans les classes inférieures. Les métiers les plus communs se trouvant surchargés , non-seiilemént de leurs propres ouvriers, mais encore de ce qui y reflue du superflu de tous les autres métiers, il s'y établira une si grande concurrence pour l'ouvrage, que les ^salaires tomberont au-dessous de ce qui sera nécessaire pour maintenir Ja classe de ces ouvriers. La misère sera bientôt suivie de la mortalité, et l'équilibre entre les capitaux et l'offre du travail se rétablira piar ce contre -poids aussi redou* table qu'efficace. '

. Smith pensait que c*était, à peu de chose près, l'état du Bengale et de quelques autres établissemens anglais dans les Indes orientales, à l'époque où il

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écrivait (a). .Dans un pays fertile, .^.it- il,. qui çi.dejà été extrêmement dépeuplé, où par conséquent la subsistance ne devrait pas .être difficile, et où, malgré tout cela, il meurt de faim, dan$;le cours d'une ann^e, 3 à 400,000. personnes, il. n'y a nul doute que les ' fonds destinés à faire subsister l'ouvrier ne diécroissent avec une grande rapiditéi ^

Ainsi, le scdaire- superflu ^ci^xxx qui donne au travail industriel une récompense libérale, est à la fois l'effet et le symptôme de l'àccrpissement de la richesse nationale. Le salaire rtécessaire^ cejui qui fournit à l'ouvrier sa subsistance, mjai^, rien au dela^ est l'indication d'un état stationnaire. Enfin celui qui ne lui: donne pas même de quoi sul^sister et le réduit à mourir de faim , est un signe certain que les richesses décroissent avec rapidité.

Il s'ensuit que c'est dans l'état progressif de la spciété, lorsqu'elle est en train d'acquérir successivement plus d'opulence , que véritablem^t ja condition de l'ouvrier, celle de la grandq masse du peuple,: est plus douce; qu'elle, est dure dans l'état stat^oqnaire : et qu'elle est cruelle dans l'état de déclin..

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L'état progressif est pour tous les différens ordrjes^ de la société l'état de la vigueur «t de la santé pitrfaite; le stationnaire est celui de. 1^ pesanteur et de l'inertie; le décroissant est celui de la langueur et de. la maladie.

Quelle que soit dans un canton la proportion du

{a) fVeaiih of nations , vol. I, page iia.

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salaire courant de Tindustrle au salaire nécessaire ^ elle tend toujours à être la même dans tous lès métiers. Dans letat progressif dfe la société, le salaire courant est au-dessus du salaire nécessaire : ainsi il gardie cette proportion dans tous les métiers; dans rétat décroissant il est au-dessous de ce taux, et c'c^t également dans tous lés métiers. Si dans un même canton il y avait quelque métier qui fût évidemment ou plus ou moins ptofitable que fous les auti*es, tant de gens viendraient à s'y jeter dans un cas, ou à Fabandonner dans Tautre, que ses avantages se remettraient bien vite au niveau avec ceux des autres métiers. Au' moins en serait-il ainsi^ans une société où les choses? sui vraiment leur cours naturel , oii /chaque individu^serai't entièrement le maître de choisir l'occupation qui lui convient Ife mieux , et d^ert changer* aussi souvent qu'il le jugerait à propos.

Mais pour que là pifoportton du salaire courant' au salaire nécessaire puisse être la même chose dahstbu^ les divers métiers, deux choses sont indispensables, eh* supposant mêmélàplus entière^ liberté : la première, que le métier soit bien connu, et établi depuis Ibng^temps dans lé canton ; et là seconde, c(U'i4 sort' dans^n état ùrdînaîre ou naturel.

i^ Toutes choàès égales d'ailleurs, Une entf^pfise nouvelle donne' de plus hauts' sectaires que les anciennes. Quand un entrepreneur forme le plan tf'étàblir une manufacture nouvelle, il faut qu'il attire les ouvriers et les détourne de leurs'anciens métiers par l'attrait de salaires plus forts que ceux qu'ils gagnaient'^ jusque-là; et il se passera un tetAps considérable

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