III
jouent un si grand rôle dans l’économie des sociétés, et qui occupent une si grande place dans la dépense du pauvre, semblent être du nombre. C'est l’effet de causes qui seront indiquées dans le chapitre suivant, indépendamment de la densité de la population, dont l’action a été signalée déjà. Cependant, chez les nations dont la législation n’entrave pas les échanges avec l’étranger, la tendance du capital à arrêter le mouvement ascendant des prix, sinon à produire la baisse, est plus énergique qu’on ne l’avait cru jusqu’ici, même à l’égard de ces denrées, même quand la population est devenue très-dense. L’Angleterre aujourd’hui en offre la preuve convaincante.
Indépendamment de la main-d’œuvre, il n’y a qu’une classe d’articles qui soit nécessairement chère dans les pays riches; c’est celle des choses rares qu’il n’est pas possible de noultiplier, et auxquelles s’attache la prédilection des personnes opulentes. C’est ainsi que les objets d’art, et particulièrement les tableaux des maîtres, trouvent un meilleur prix en Angleterre qu’aillcurs, et voilà pourquoi tant de belles peintures ou d’objets renommés en différents genres vont sans cesse s’amonceler en Angleterre. C’est quelque chose de semblable au rossignol blanc du courtisan Seius ou au surmulet d’Asinius Celer (1), sauf que le goût est pins relevé; mais il n’est pasjuste d’en conclure qu’en Angleterre toui soit plus tdier. A ce sujet on peut remarquer que, beaucoup de fortunes considérables s’étant formées en France depuis 1852, les objets d’art y ont beaucoup plus ejurilé raltenlion; il s’est trouvé un bien plus grand nombre de personnes désireuses de les acquérir et en position de les payer cher. C’est ainsi que les tableaux des grands peintres, les ciselures et les belles faïences de la Renaissance, et divers articles d’ameuble-
(I) Plus haut, page 713.
ment de la même époque, ont acquis des prix fort élevés. De même les diamants, dont la production est limitée.
Nous mentionnerons une opinion qui n'est pas identique avec celle de M. Thiers, quoiqu’elle s’en rapproche. Elle est partagée par beaucoup de personnes et elle a été soutenue, entre autres, par M. Duchatelier, du Finistère, dans un travail (1) duquel il résulterait que, depuis le moyen âge, si la condition de l’ouvrier s’est améliorée, quant à la facilité de se pourvoir des objets manufacturés, qui ont grandement baissé de prix, elle a empiré pour ce qui concerne les aliments, et ceux-ci occupant la plus grande place dans le budget de l’ouvrier, le pauvre et le faible auraient perdu plus que gagné au changement.
Ce n’est pas ici le lieu de comparer méthodiquement la civilisation du moyen âge, prise dans son ensemble, à la nôtre. Dans ce parallèle, notre époque n’aurait pas le dessous ; il serait démontré que ces siècles, vers lesquels la fantaisie de quelques personnes se porte comme vers un idéal , n’ont été pour le grand nombre qu’une époque d’asservissement. Il y aurait beaucoup à dire même sur le bon marché des subsistances dans le moyen âge; c’était entrecoupé de périodes de cherté, auprès desquelles nos années de disette, comme 1816 et 1847, seraient douces.
Mais ce n’est pas le moyen âge qu’il faut mettre en regard des temps modernes, pour apprécier justement celuici. 11 faut choisir un terme de comparaison plus rapproché , le moment où a commencé le régime actuel , c’est-à-dire 1789, ou plus exactement 1800 (2), car ce fut
(1) Cel écrit est intitulé Essai sur les salaires et les prix de consommation de 1202 à 1S30.
(2) Dans le même discours où se trouve, au sujet de l’influence de la richesse des nations sur les prix des choses, l’opinion que nous venons de discuter, M. Thiers a fait un exposé du progrès des salaires, depuis la Révolution française, qu’on n'a pas contredit.
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seulement à ceüe dernicre date que les principes de 1789 firent Lien sentir leurs effets économiques. A partir de là, les salaires ont été en augmentant, les objets manufacturés ont éprouvé une bai.sse plus forte' que celle qu’ils avaient subie dans l’espace de plusieurs siècles, le blé n’a pas varié (1), la viande seule a augmenté. Malgré des guerres effroyables, malgré les invasions répétées que tous les peuples de l’Europe continentale ont eu à supporter four à tour , l’esprit de la civilisation moderne est parvenu à provoquer la formation du capital et à féconder le travail, assez pour que l’existence du commun des hommes reçût en masse une amélioration très-notable. Que le travail devienne chaque jour plus intelligent et plus habile, que l’épargne forme du capital dans une proportion supérieure au progrès de la population, que les passions politiques, contenues par la fermeté de l’autorité et par le bon sons courageux du public, cessent de causer de ces explosions où le capital est détruit et le travail désorganisé, et de moins en moins l’ouvrier aura un prétexte pour se retourner avec regret vers les temps anciens; de plus en plus, il aura lieu de bénir la civilisation moderne.
On a même lieu d’espérer que, par le progrès de la science, l’agrandissement du capital, le perfectionnement de l’organisation du travail et la meilleure division de la production entre les peuples, celles des denrées dont les prix ont beaucoup monté depuis un siècle, pourront bien avoir un mouvement opposé.
(I) Voir plus haut, section IV, chapitre 2, pour les variations du prix du blé depuis le coiumencemcnt du siècle.
CH.APITRE 111
Continuation du même sujet. Explication, donnée par M. Senior, de la cherté de quelques ai ticies dans les pays riches.
Encliérir, tlansle sens propre du mot, signifie augmenter de prix. Le prix d’un olijet ou d’un service est la quantité des métaux précieux qui s’écliange contre cet objet ou ce service. Ainsi, de ce que les choses seraient plus chères, il ne faudrait pas conclure absolumeut que les hommes fussent devenus misérables. Si les salaires, les rétributions et les revenus en général, exprimés en métaux précieux, étaient montés en proportion, personne ne souffrirait de la cherté ; s’ils l’étaient plus qu’en proportion. la population aurait plus de bien-être au lieu d’en avoir moins. Kn ce sens, tout a enchéri depuis la découverte de l’Amérique, sans que la société devint plus pauvre; au contraire. C’est que, dans ce cas, l’enchérissement a eu pour origine une baisse de la valeur des métaux précieux. Les objets et les services ne se sont obtenus qu’en retour d’une plus forte quantité d’argent ou d’or; de là renchérissement. Mais la quantité de travail qu’H fallait pour se les procurer directement, ou d’une façon indirecte parla voie d’un échange, était moindre.
Dans ce qui va suivre, nous supposerons que, pendant que s’accompliront les phénomènes dont il s’agit, les frais de production des métaux précieux dans les contrées métallifères demeurent les mômes, ou pour parler plus exactement, que la valeur de ces métaux reste stationnaire.
Le taux des salaires, et en général des rétributions (1), (I) Ainsi que l’a proposi5 Rossi, je prends ici le mot de rélribulioa
exprimi* en mélaux pr6cieu.x , dépend des conditions auxquelles le pays où l'on est se procure ces mélaux. Un pays plus riche, je le suppose d’ailleurs industrieux, les obtient, sur le marché général du monde, en échange de ses productions, plus facilement qu’un autre, c’està-dire en retour d’articles qui représentent moins de travail ou d’effort humain. La puissance productive moyenne de l’effort humain, pendant une journée ordinaire de travail, est plus grande en Angleterre qu’en France; pareillement elle l’est plus en France qu’en Espagne, en Espagne qu’en Hongrie ou qu’en Russie, en Russie que dans l’indoslan. C’est la raison pour laquelle les salaires des ouvriers, et, d’une manière générale, les rétributions diverses du travail humain, évalués en métaux précieux, doivent être et sont plus considérables en Angleterre qu’en France, en France qu’en Espagne, en Espagne qu’en Hongrie ou qu’en Russie, dans la Hongrie et la Russie que dans rindostan.
Les prix des choses ne suivent pas nécessairement le mouvement ascendant du salaire ; parce que, dans la plupart des cas, l’abondance du capital qui, jointe à l’adresse, et aidée de la division du travail, multiplie la puissance productive de l’homme, et fournit le moyen de le mieux rétribuer, permet, du même coup, tant est grand l'accroissement de celle puissance productive, d’abaisser sensiblement les prix. Si, dans l’industrie du fer depuis cinq ou six siècles, la puissance productive de l’homme, c’esl-à-dire la quantité de fer marchand qui correspond à un travailleur employé pendant un même laps de temps, a augmenté dans le rapport de 1 à 30, il est clair que je puis, tout à la fois, payer davantage la jour-
pour indiquer larémunératiou d'un travail humain quelconque, intellectuel ou mati'riet. Le mot de salaire, dans le langage ordinaire, est réservé au travail manuel, à la inaiu-d’œuvre.
née du forgeron, vendre le fer moins cher, et réaliser un profit même supérieur. Si, depuis un siècle, dans l<t filature de coton, l’augmentation de la puissance productive a eu lieu dans la proporlion de 1 à 300 ou à 400, il est manifestement possible de donner de plus beaux salaires aux ouvriers de la filature, en livrant le fil à bien meilleur marché au consommateur, sans que l’entrepreneur d’industrie y perde rien.
La baisse des prix semble donc la conséquence normale de l’accroissement de la richesse, et du progrès général de la civilisation qui, l’expérience le montre, marche de pair communément avec la richesse.
Mais la baisse des prix est-elle la même pour tous les articles? Non, il n’est pas possible qu’elle le soit. Pour qu’elle le fût, il faudrait que l’influence combinée de l’adresse acquise par les hommes et d’une division du travail plus minutieuse et mieux entendue, fût absolument la même dans toutes les industries; qu’à toutes un surcroît proportionnel de capital fût appliqué, et partout avec le même résultat. En d’autres termes, il faudrait, comme première condition, que l’accroissement de puis- .sance productive fût mathématiquement le même dans toutes les branches de la production. Or, c’est ce qu’il serait bien chimérique d’attendre : il y a même lieu de croire d’avance que certains objets, au lieu de baisser de prix, auront monté, parce que la puissance productive de l’homme, à l’égard de ces objets, n’aura pas augmenté assez pour justifier à la fois une hausse des salaires et une baisse des prix. De là une première catégorie d’exceptions. Dans une autre catégorie, il faut ranger les industries à l’égard desquelles dos causes artificielles empêcheraient la concurrence d’exercer sur les prix l’action en baisse qui lui est propre.
Dans les dernières années du dix-huitième siècle et les
COURS D’UCONOMIE POLITIQUE.
premières du dix-neuvième, l’Angleterre avait sur le marché général un grand avantage, pour plusieurs articles manufacturés de grande importance, parce que ses populations ouvrières s’étaient formées mieux que celles des autres nations et avaient acquis plus d’adresse ; parce que des hommes ingénieux, Arkwright, Watt et d’autres, avaient inventé des machines puissantes ou des métiers admirables, et que le capital, déjà considérable, que s’était composé la nation, avait servi à mettre en œuvre, sur une vaste échelle, ces inventions avantageuses. Par cela même, il faut le remarquer, ce pays était devenu plus riche ; car, avec le môme travail, il avait, pour une même population, plus d’éléments de satisfaction (I). Les industries qui travaillaient pour l’exportation ayant ainsi augmenté grandement de puissance productive et pris de vastes développements, il s’ensuivit un double effet : les salaires haussèrent , et la hausse des salaires, dans ces branches particulières de l’industrie nationale, imprima un mouvement ascendant aux salaires en général.
J'insiste sur la hausse des salaires dans les industries qui s’étaient ainsi perfectionnées, parce que c’est le pivot du raisonnement. A l’explication qui vient d’en être donnée, j’ajoute, d’après M. Senior (2), la suivante : Le marché général du monde est, à proprement parler, la mine d'argent et d’or qu’exploite la Grande-Bretagne. C’est de là qu’elle tire ses métaux précieux ; et elle les en tire par une opération d’échange, moyennant le travail de ceux de ses ouvriers qui s’appliquent aux industries d’exportation, à peu près comme le Mexique, le Pérou, la Sibérie, la Californie et l'Australie les extraient du sein de la terre par une opération minière et métallurgique. Tant
(1) Voir page 601 ce que c’est que la richesse d'un pays.
(2) r/iree lectures on the cost of obtaining Money, 1830, page 13.
que l’Angleterre était seule cà bien utiliser les procétlés perfectionnés, imaginés par ses ingénieurs et ses mécaniciens, elle était, ou du moins ses industries d’exportation étaient, sur le marché général du monde, par rapport ;T l’or et à l’argent, dans une position semblable à celle d’un individu qui, au Pérou, serait tombé sur la mine du Potosi, au Mexique aurait rencontré la Veta-Madre de Guanaxuato, ou qui, sur les bords de l’océan Pacifique, aurait découvert les gisements aurifères du Sacramento. Pour un même travail et un même capital, ces industries anglaises d’exportation obtenaient une quantité plus grande d’or et d’argent, ce qui permettait d’augmenter simultanément et le bénéfice de l’entrepreneur et le salaire de l’ouvrier.
Toutes les industries ayant, par suite, à payer leurs ouvriers plus cher, ce fut assurément pour elles un motif d’enchérir leurs produits. Là où celle force était balancée ou surmontée par une force contraire, provenant de ce que l’emploi d’un plus fort capital, employé plus judicieusement et plus habilement, provoquait la baisse avec intensité, malgré la hausse générale des salaires, les prix se maintenaient à l’ancien niveau ou, ce qui était le cas' pour un grand nombre, tombaient plus bas, beaucoup plus bas quelquefois. Mais les branches de l’industrie nationale qu’aucune invention nouvelle ne stimulait, qui demeuraient routinières, que ne vivifiait pas un supplément décapitai, étaient bien forcées de vendre plus cher leurs produits. Celles qui auraient eu l’assistance de procédés nouveaux appliqués avec un grand renfort de capital par des ouvriers, agents et directeurs, plus adroits et plus capables, mais à l’égard desquelles l’action de la concurrence eût été paralysée par un monopole, auraient persisté à exiger du consommateur le même prix, et l’auraient obtenu.
M. Seuior, quia traité cette question avec supériorité, dans un écrit que nous venons de citer, fait, au sujet de ce dernier cas, le raisonnement suivant qui est sans réplique (1) :
<1 Supposons qu’à un moment donné la pire terre qui, à cet instant, comporte la culture, celle qui alors ne fait que couvrir les frais de production, rende par acre 2 quarters (2) de blé, déduction faite de la semence. Le propriétaire d’un domaine de cent acres, dont le rendement sera de 4 quarters par acre, semence déduite, sera fondé à réclamer et se fera payer un fermage égal à ces 4 quarters diminués du rendement de la terre la plus stérile, soit de 2 quarters par acre, ou eu tout de 200 quarters. Les 200 quarters du propriétaire sont identiques aux 200 quarters que garde le fermier, et qui se partagent entre ses ouvriers et lui. Le prix courant de ces 200 derniers quarters doit être égal au montant des .salaires payés par le fermier, augmenté de son profit ; le taux de ces salaires, s’il n'est pas absolument le même que le taux des salaires des ouvriers par les mains desquels ont été ouvrés les objets manufacturés que le pays exporte, y reste lié par un certain rapport fixe. Admettons que la fatigue et l'etTort de l’ouvrier manufacturier soient de moitié en sus de la fatigue et de l’effort de l’ouvrier cultivateur. Si le premier reçoit 15 schellings, soit 3 onces d’argent environ par semaine, le second n’aura que 10 schellings ou environ 2 onces de métal. Nous supposerons que le fermier ait dix ouvriers, que les salaires soient payés un an avant que le fermier ne vende son grain et ne rentre dans ses fonds, et que le taux habituel du profit, que le fermier doit avoir pour ses avances, soit
(1) 77iw lecluTP.s on l/tc cost of obiaining Money, page 10.
(2) Ou sait que le quarler est de 2 hecloliires9/IO, et l’acre de <0 ares.
de 10 pour cent. Les 200 quarlers de blé, que le fermier retient pour rétribuer ses ouvriers et retirer de son capital un profit convenable, devront donc avoir une valeur courante de 286 livres sterling, à savoir 260 livres pour les salaires, et 26 pour le profit. Le fermage du propriétaire vaudra donc aussi en argent 286 liv. st. Mais si un progrès nouveau de la puissance productive, dans les établissements qui se livrent à l’exportation, permet.de placer sur le marché général les produits manufacturés de l’Angleterre, à de telles conditions que l’ouvrier manufacturier soit payé désormais sur le pied de 30 schellings par semaine au lieu de 16, ce sera comme si une mine d’argent eût été découverte qui fit baisser de moitié les frais de production de l’argent, en faveur du commerce anglais. Quoique l’ouvrier cultivateur n’ait rien acquis de plus en puissance productive, son salaire sera doublé tout comme celui de l’autre; autrement la proportion consacrée, en raison des peines respectives, entre les différentes industries, serait altérée. Les salaires des dix ouvriers employés parle fermier monteront donc ensemble, de 260 liv. à 520 ; le profit proportionnel (un dixième) du fermier sera de 52 au lieu de 26. Le prix des 200 quarlers, dès lors, montera de 286 liv. à 572. Le revenu du propriétaire éprouvera le môme accroissement de 286 liv. à 572. »
En résumé, le blé alors montera de 1 liv. st. 2 liv. st. ^ le quarler, en vertu de l’augmentation qu’aura éprouvée la richesse de la société. Le renchérissement supposé ici serait extrême ; mais on a, à dessein, forcé les termes du raisonnement afin d’en rendre la conclusion plus tangible. Par le progrès de la richesse, il y a donc des objets qui peuvent devenir plus chers. Deux causes cependant empêcheraient, chacune isolément, qu’il n’en fût ainsi. Premièrement un capital nouveau, appliqué
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avec intelligence à l’agncnlture, diminuerait les frais de production du blé et permettrait de mieux rétribuer l’on- [ vrier des champs, sans élever le prix du grain ou op, l’élevant beaucoup moins; secondement, si le marché intérieur était ouvert au blé étranger, celui-ci, par sa concurrence, arrêterait la hausse. Vraisemblablement, sons la pression de cette concurrence, l’agriculture ferait des progrès qui impliqueraient, entre autres choses, l’inter- ^ vention d’un nouveau capital. Et c’est ainsi qu’on comprend bien comment la liberté du commerce, dans un pays où il se forme du capital, devient une cause déterminante du perfectionnement industriel en général. Si l’agriculture n’améliorait pas ses procédés, les terres de la pire qualité seraient abandonnées ou seraient consacrées à une autrecullure; on ne cultiverait plus en blé que celles qui pourraient soutenir le choc de la concurrence extérieure.
Ainsi, d’une part, l’abondance du capital et la judicieuse répartition de cette force dans les diverses industries, et d’autre part la liberté du commerce, tendent puissamment à généraliser la baisse des produits, ù mesure que la richesse augmente, ou à empêcher la hausse de quelques-uns de contraster trop vivement avec la baisse de la plupart des autres.
On vient de voir, en Angleterre, cette tendance se manifester avec éclat et triompher de toute tendance opposée, dans l’industrie agricole. Le blé qui, en Angleterre,
SC vendait plus cher que partout sur le continent, a baissé d’une manière marquée par l’arrivage des grains étrangers. Mais depuis la loi de 1846, qui a supprimé à peu près entièrement le droit d’entrée sur les céréales dans le Royaume-Uni, un capital considérable a été successivement consacré à améliorer les fonds de terre, par différents procédés et particulièrement par le drainage. Les
fermiers ont secoué la torpeur dont plusieurs d’enlre eux étaient engourdis, et ils ont été secondés par les propriétaires qui, par exemple, ont fait, moyennant intérêt, les avances du drainage. L’État lui-même leur a fourni son assistance par des prêts destinés à drainer. Le perfectionnement de l’agriculture a été continu, et les résultats obtenus ont été admirables. Au dire des personnes les mieux informées, il n’y a pas eu beaucoup do terres qui aient cessé d’être ensemencées, et celles où 'l’on n’a plus cultivé le blé, ne sont pas restées improductives. Les salaires n’ont pas décru, ils ont augmenté. Les profits des fermiers se sont accrus, la preuve en est manifeste par les relevés de l’impôt sur le revenu {income-taa:) . L’anxiété, que manifestaient les adversaires de la liberté du commerce au sujet de l’avenir des propriétaires et des fermiers, a fait place à une vive satisfaction. La fécondité du principe de la liberté commerciale a été démontrée une fois de plus.
SFXTION DIX-HUITIEME
De la p»el»abUité d’nae baif«e prochaine de la valeur dee métaux précieux.