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I i6 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE,

dans le royaume britannique, que ce dernier métal éprouvait, au bénéfice de l’or, un notable désavantage par rapport au cours comparé des lingots dans les principaux États de l’Europe. 11 démontra cette proportion en citant la ccle comparée des lingots sur les différents marchés, et la relation admise entre les deux métaux dans les hôtels des monnaies des différents États ; il tira aussi argument, à bon droit, de certains faits qui s’étaient passés peu d’années auparavant et auxquels il avait pris part. « Les louis d’or de « France, disait-il, qui ne valent (juc 1 7 schellings et 3 far- « things, passaient en Angleterre pour 17 schellings 6de- « niors. Sur mon avis, le feu roi fit une proclamation qui ne <1 leur donna cours que pour 17 schellings. Et là-dessus il « en vint une masse se faire fondre à l’hôtel des monnaies, « si bien qu’on en fabriqua quatorze cent mille livres « sterling. Si le profil de o deniers et I farthing par louis, n (soit 55 centimes 1/2 sur 21 fr. 15, ou 4 pourcent), « était suffisant pour attirer en Angleterre une si grande « quantité de monnaie française, et s’il n’a fallu qu’une « différence de 3 farthingspar louis d’or (soit 7 centimes 1/2 « sur 24 fr. 15, ou 3 pour mille), pour que des divers « points de l’.\ngleterre ils affluassent à la Monnaie, la « primo de 9 deniers 1/2 au moins par guinée a dû sufn tire pour faire affluer en Angleterre la grande quan- « tité d’or qui s’y est fait monnayer depuis 15 ans, sans K mélange d’aucune importation d’argent. » , .

Newton citait un fait absolument semblable qui avait eu lieu au sujet des moïdores du Portugal.

Newton conclut en indiquant , comme le meilleur moyen de retenir l'argent, la substitution, par l’autorité d’une proclamation royale, au rapport adopté sans ré- •Hexion par le public, (jui assimilait à la guinée (pièce d’or), 21 schellings 1/2 (pièces d’argent), le rapport plus exact de 20 schellings 2/3 (ou 20 schellings 8 pence). /Mors

le pays u’aurait plus la tentation d’exporter de l’argent de préférence à l’or; pour plus de circonspection, il conseillait de faire l’opération en deux fois, en adoptant, de prime abord, la proportion de 21 schellings : il faisait remarquer qu’aprèsce premier pas, parles résultats mômes qu’on aurait obtenus, on jugerait mieux de ce qui resterait à faire.

L’avis de Newton fut adopté. Une proclamation royale, confirmée par un vote du parlement, mit à 21 schellings la valeur de la guinée; mais ensuite, emporté par le courant des événements, et saisi d’autres affaires, le gouvernement oublia que ce n’était là qu’un premier acte, et que, pour arriver au dénoûmeut, il en fallait un second. La réduction subséquente, dont la nécessité avait apparu à Newton lui-môme et avait été signalée par lui, ne fut pas opérée, et, sous cette influence combinée avec d’autres circonstances qu’il serait superflu de déduire ici, l’or demeura de fait la monnaie principale de la Grande-Bretagne, jusqu’à ce que, en 1816, une loi l’investît exclusivement do la qualité d’étalon et même de monnaie proprement dite.

11 n’est pas inutile de rappeler cependant que Newton signalait aussi comme une solution la temporisation môme. Il regardait comme possible, et même comme certain, que, lorsque la proportion de l’argent aurait dépassé un certain point, le public renoncerait, de lui-même, à une exagération non motivée qu’il avait attribuée à la valeur de l’or. Cette solution n’était peut-être pas la moins conforme à l’économie politique telle qu’elle doit être comprise et pratiquée chez les peuples les plus civilisés.

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