CHAPITRE III
S’il y a Uea d'aller au del& dea deux métaux précieux, l’or et l’argent, dana le système monétaire des États ciTilisés.
Après ces observations qui tendent à établir l’utilité de maintenir les deux métaux précieux dans le système monétaire, il y a une réflexion qui trouve ici tout naturellement sa place.
Il ne faut d’excès en rien. On a cru à tort, en Russie, qu’on pouvait étendre l’attribution monétaire plus qu’aux deux métaux qui en sont investis depuis l’origine des temps historiques, du consentement de tous les peuples. Supposant qu’il serait de son intérêt de monnayer le platine, parce que les terrains métallifères de l’Empire en contiennent, le gouvernement russe se mit à en fabriquer, en 1828, des piècesdeS roubles, puis de 6 roubles en 1829, et de 12 roubles en 1830, toutes en métal tin, sur le pied de 3 grammes 45 par rouble. Le monnayage du platine a absorbé, pendant la période des huit premières années, 7,003 kilogramrnes de ce métal. On a continué cette fabricationjusqu’en 1845, oïi l’on s’est aperçu qu’on s’était trompé. Ellea cessé par l’ukase du 22 juin (4 juillet), qui a démonétisé le platine. Depuis cette époque, les alluvions platinifères ont à peu près cessé d’être exploitées. L’extraction totale du platine, jusque et y compris 1 835 (1 ) , avait été de 14,737 kilogrammes; à partir de l’origine jusqu ’àla fin de juin 1845, elle a été de 33,000 kilogrammes. En supposant que le rapport du monnayage à
(1) A partir de 1 824 jusqu’en 1828, elle avait élé très-faible, toujours • au-dessous de 410 kilog.
l’exiradioD soit resté le même après 1835, la masse d’espèces monnayées en platine aurait été de 15,000 kilogrammes à peu près.
Nous avons indiqué plus haut (1) les causes pour lesquelles le platine est, par sa nature même, impropre à faire de la monnaie, et semble devoir l’être toujours, en quelque quantité qu’on l’extraye,à moins qu’on ne découvre un procédé qui permette d’élaborer ce métal à trèspeu de frais.
Dans cette tentative du gouvernement russe, on avait commis la faute de fixer un rapport entre la "valeur d’un gramme de platine et celle d’un gramme d’argent. On avait adopté celui de 5, 20 à 1. C’était mettre le platine au tiers de l’or.