‹ Cours D'economie PolitiqueChapitre 41 sur 132 · III · texte numérisé non relu

III

COURS D’KCONOMIE POLITIQUE.

•le Coliuout, avaient perdu comme il suit, en moyenne, chaque année (1) :

Couronne 18 parties sur 100,000 ou 1 sur 5,643

Demi-couronne

ou 1 sur

Schelling

ou 1 sur

Six-pence

ou 1 sur

Ces pertes sont calculées dans l’hypothèse que, au moment de l’émission, les pièces aient été mathématiquement correctes de poids. Il en est de môme pour la plupart des évaluations du frai qui ont été faites en Angleterre. Dans les expériences faites par MM. Dumas et de Colmont sur les pièces françaises de 5 francs, on a cherché à tenir compte, autant que possible, de l’état vrai des pièces au moment de l’émission.

En Angleterre, de nouvelles expériences se firent en 1807 ; mais il ne paraît pas qu’on en puisse tirer aucune conclusion positive quant à la déperdition annuelle des pièces, parce qu’il règne de l’incertitude au sujet de l’espace de temps auquel se rapporterait la déperdition constatée (3). Au mois de décembre 1826, on recommença l’étude sur des pièces du nouveau monnayage. Mais une circonstance importante laisse des doutes sur le montant du frai annuel, au moins par rapport aux pièces d’or ; c’est que, pendant une partie du temps écoulé depuis l’origine du nouveau monnayage (1817 pour l’or), le pays avait été au régime du papier-monnaie, et les espèces d’or avaient peu

circulé. Il a donc fallu se livrer à une hypothèse. M. Jacob,

(1) Lord Liverpool, À Treatise on the Coins, etc., page 204.

(2) La faiblesse du déchet des demi-schellings, comparée à celle des scbellings serait ici une anomalie dont il n'est pas aisé de se rendre compte. Toutes les autres expériences autorisent à penser que, plus les pièces sont petites, plus elles perdent.

(3) En interprétant, sous réserves, le résultat de ces pesées, M. Jacob est arrivé à attribuer aux guinées un frai de 1 sur 1 ,050 ou de 95 sur 100,000, et aux demi-guinées un frai de 1 sur 460 ou de 217 sur 100,000.

en partant d’une qu’il a jug^e la plus plausible, a été conduit à ce résultat que la pièce d’or nommée le souverain perdrait annuellement la huit-centième partie de son poids ou 125 sur 100,000. M. Jacob a soin d’ajouter qu’il ne regarde pas celte proportion comme pouvant servir de règle générale (1).

A l’égard du schelling, qui est incomparablement la pièce d’argent la plus usitée eu Angleterre, les pesées de 1826, faites toutes sur des pièces neuves, c’est-à-dire ne remontant pas au delà de 1816, accusèrent une déperdition totale de 2,295 sur 100,000, que M. Jacob a cru pouvoir, par hypothèse, considérer comme l’effet d’une circulation moyenne de huit années, ce qui mettrait le frai annuel à 286 sur 100,000 (2). Mais M. Jacoba estimé qu’il devait interpréter ce résultat. Il a jugé nécessaire de tenir compte de cette circonstance que les pièces d’argent sur lesquelles on avait opéré n’avaient été réellement dans la circulation quelesdeux tiers du temps qu’on pourrait déduire de leur millésime, parce qu’on en avait frappé une quantité surabondante, si bien qu’il y en. avait toujours eu une fraction, par lui supposée du tiers, qui était à dormir dans les coffres de la Banque d’Angleterre ou des autres banques. Par ce motif, il a pensé que, pour avoir ce qu’il regarde comme le frai normal, c’esl-à-dire celui qui répondrait à une quantité de pièces exactement égale aux besoins du commerce, il fallait modifier en l’augmentant dans le rapport de 2 à 3 la déperdition ci-dessus de 286 sur 100,000, ce qui la mettrait à 429. 11 lui a paru conve-

(1) On ihe Prenons Metals, chapitre ïjiii.

(2) Ce résultat est déduit des pesées qui eurent lieu exclusivenienl sur les pièces de i schelling monnayées en 1816 et 1817 et qui même ne lurent pas émises en quantité avant 1818. Bien plus, à ce moment il n’en fut émis que le tiers de ce qui avait été Trappé. C'est pour ce motif que M. Jacob a supposé que la circulation moyenne n'avait pas excédé huit années.

iU COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE,

nable de prendre le nombre rond de 300, qui correspond à un deux-cenlième.

En combinant les expériences de 1826 avec d’autres qui furent faites en 1833. il en ressort pour les espèces d’or anglaises, les résultats moyens suivants pour la perte annuelle (1) :

Souverain, 40 parties sur 100,000 ou t sur 2,500

Demi -souverain, 69 — ou 1 sur 1,449

Des pesées ont été faites à Londres en 1 839 , par MM, John et William Miller (2), opérant, chacun de son côté, et sur des données différentes.

Les expériences de M. John Miller, faites exclusivement sur des souverains d’or en petit nonJbre, il est vrai, recueillis au hasard dans l’ensemble du royaume, ont constaté une perte moyenne annuelle de 33 parties sur 100,000 ou 1 sur 3,030,

Les expériences de M, William Miller, sur une grande masse de pièces retirées comme n’ayant plus le poids légal, ont montré que, pour celle catégorie de pièces, à

(1) Les pesées d’où l’on a déduit ces moyennes ont donne des résultats très-variables d’une année à l’autre, et pour une même année la moyenne d'une série d'essais diflëre quelquefois beaucoup de celle d’une autre. Chaque série de pesées portait sur trois cents pièces au moins, quelquefois sur 350, quelquefois même sur 500; une seule série, .sur les demi-souverains, s’est bornée à 230 pièces. Or voici ce qu'on observe :

Pour les souverains, une série d'opérations, sur les pièces de 1817, a accusé une perte de 28 parties sur 100,000, une autre de 25, Pour 182t , une première série a donné 38 et une seconde 39. Pour 1825, on a les deux chiffres de 41 et de 66. Pour 1829, on trouve 43.

A l’égard des demi-souverains, une première série relative à des pièces de 1817 donne 51 sur 100,000, et une autre concernant des pièces de la même année 31 seulement. Pour 1820 (une seule série), c’est 44. Pour 1821 (une seule série), 57, Pour 1825, deux séries présentent l’une le chiffre de 84, l’autre celui de 140. Pour 1829 (une seule série), on a 77.

(2) M. John Miller est employé au bureau des pesées de la Banque d’Angleterre. M. William Miller est le caissier en chef de celte institution.

l’égard desquelles le frai devait excéder la moyenne, la perle moyenne par année était comme suit :

Souverain ,

33 parties sur 100,000

OU

sur

Demi-souverain,

ou

sur

Demi-couronne,

ou

sur

Scbelling,

ou

sur

Six-pence,

sur

Enfin je dois à l’obligeance de M. W. Miller les résultats suivants qui indiquent la déperdition annuelle éprouvée par les diverses pièces d’argent émises sous les différents règnes depuis 1816.

Couronne de Victoria I,

330 sur 100,000

ou

sur

— de Guillaume IV,

— de George IV,

ou

sur

— de Geoi-ge III,

ou

sur

Demi-couronne de Victoria,

ou

sur

— de Guillaume IV,

ou

sur

— de George IV,

ou

sur

— de George III,

ou

sur

Florin de Victoria,

ou

sur

Scbelling de Victoria,

sur

— de Guillaume IV,

ou

sur

— de George IV,

ou

sur

— de George 111,

sur

Le fait le plus curieux qui ressortirait de ce tableau, c’est que, contrairement à l’opinion admise par un certain nombre de personnes, les pièces s’useraient d’autant plus qu’elles sont p'.us vieilles. Mais ce résultat n’est aucunement confirmé par d’autres expériences également dignes de confiance, et par exemple par les pesées faites sur les pièces d’or de la Hollande dont nous parlerons bientôt. Il ne se vérifie même pas bien sur les pièces d’or de l’Angleterre elle-même (I) (voir plus haut, page 244, note au bas de la page). Il est vrai qu’on peut contester que ces

(i ) L’observaUon présentée ici est d’une exactitude manifeste, surtout pour les demi-souverains.

2ift COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

pièces d’or anglaises ou hollandaises fussent parfaitement comparaldes par leur composition et notamment qu’elles renfermassent la même sorte d’alliage. Mais resteraient les faits observés sur les pièces d’argent.

Les résultats qui ont été constatés dans d’autres pays diffèrent de ceux qui ont été signalés en Angleterre et qui du reste s’accordent peu les uns avec les autres. Il en est qui proviennent d’expériences faites sur la plus grande échelle, et qui ainsi méritent d’être pris en sérieuse considération. Je veux parler spécialement de ce qui a été reconnu dans le royaume des Pays-Bas, quand on y a opéré la refonte générale des vieilles espèces d’argent. Je crois devoir à cette occasion donner un extrait du mémoire imporlanl de M. Vrolik, qui a dirigé celte grande opération.

« J'ai formé un tabloau indiquant le poids moyen des pièces de chaque espece, retirées depuis le i" avril 1843. Comparons le poids moyen de quelques espèces principales au poids primitif de ces pièces. Pour poids primitif, j’adopte le poids légal à la limite inférieure.

«Les ducatons, qui avaient un poids primitifde 32 gr., 3743, ont pesé en moyenne 30 gr., 805.

« Les pièces de 3 florins, qui avaient un poids primitif de 31 gr., 620, ont pesé en moyenne 30 gr., 429.

O Les florins, frappés, à la limite inférieure, au poids de 10 gr., 540, ont pesé en moyenne 9 gr., 546.

< Les rixdaies, qui avaient un poids primitif de 28 gr.,078, ont pesé en moyenne 23 gr., 258.

« Les rixdaies de Zélande, qui avaient un poids primitif un peu moindre que les autres rixdaies et qui ne pesaient, à la limite inférieure, que 28 gr., 029, ont eu un poids moyen de 26 gr., 648.

a Les pièces de cinq sous, frappées au poids primitif de 4 gr., 933, ont pesé en moyenne 4 gr., 006.

a Enfin, les pièces de deux sous, frappées au poids primitif de 1 gr., 612, ont pesé en moyenne 1 gr., 041.

a En rëaiité, les pièces étaient encore un peu plus légères que le poids que j’indique, parce que ce poids est celui des pièces telles qu’elles sortaient de la circulation, c’est-à-dire avec toute la crasse adhérente. Ensuite, il faut observer que le poids indiqué est le poids moyen.

Digilizc:' )V t

LA MONNAIE. SECTION Vm, CHAPITRE II. 247

« Les ducatons, dont l’âge moyen était de cent vingt ans, avaient perdu 1/) 8 de leur poids primitif.

« Les pièces de trois florins, dont i’âge moyen était de cent huit ans, avaient perdu 1 /26 de leur poids.

« Les florins, dont l’âge moyen était de cent cinq ans, et dont une grande quantité était horriblement rognée, avaient perdu environ!/ Il de leur poids.

a Les rixdaies de Zélande, dont également une partie était excessivement rognée, et dont l’âge irioyen était de cent vingt-sept ans, avaient perdu 1/20 de leur poids.

« Les pièces de cinq sous, dont l’âge moyen était de cent vingt-quatre ans, avaient perdu 1/5 de leur poids, et les pièces de deux sous, dont l’âge moyen était de cent vingt-six ans, avaient perdu 1/3 de leur poids.

« Si maintenant on considère que la circulation moyenne de ces monnaies a été de cent vingt ans, et qu'un objet qui perd chaque année 1/200 de son poids, n'aura, après cent vingt ans, que 0.548 de son poids primitif, c’est-à-dire qu’il aura perdu presque la moitié de son poids, on voit que cette perte est infiniment plus grande que celle qu’ont subie nos vieilles monnaies d’argent, bien que celles-ci aient perdu de leur poids par deux causes simultanées : le frai inévitable et la mutilation par les rogneiirs.Chez les grandes pièces, qui forment la majeure partie de la circulation, la perte de poids ne fut que la huitième partie de celle qu’elles auraient dû subir, si la perte eût été de 1 /200 chaque année. Même les pièces les plus petites, qui ne forment qu'une minime partie de la circulation et dont le frai est le plus grand, n’avaient pas perdu annuellement I /200 de leur poids primitif. Je crois donc pouvoir admettre que je n’ai pas eu tort de combattre, en 1845, une assertion que beaucoup de personnes admettaient alors sans conteste (I). »

Quant aux pièces d’argent monnayées en \ertu de la loi du 28 septembre 1816, M. Vrolik s’exprime en ces termes ;

Les pièces de 3 florins avaient perdu annuellement en moyenne 1/18500 (2), les florins 1/6850 (3), les demi-florins 1/4600 (4), les pièces de 25 cents 1/1100 (5), et les pièces de 10 cents 1 /500 (6) de leur poids

(1) Le Système monétaire du royaume des Pays-Bas. La refontedes vieilles monnaies d’argent, et la démonétisation de l'or. Page 07.

(2) 5.4 sur 100,000.

(3) t5 sur 100,000.

(4) 22 sur 100,000.

(5) 91 sur 100,000.

(6) 200 sur 100,000.

i+8 COURS D’ECONOMIE POLITIQUE.

primitif. Ce réiiuilat obtenu sur des pièces non rognées et dont la circulation avaitété parfaitement régulière, condrmait entièrement ce que le gouvernement avait soutenu en 1845, à savoir, que l'assertion de Jacob, que les monnaies d'argent perdaient annuellement 1/200 de leur poids, était assez peu fondée. »

On voit par cet e.xtrait que M. Vrolik récuse les conclusions de M. Jacob, comme indiquant un frai très-exagéré. Il y aurait ainsi lieu de penser que la forte déperdition qu’accusent la plupart des pièces anglaises provient, en partie au moins, de ce que la rognure aurait été pratiquée en Angleterre plus qu’ailleurs.

A côté de ces constatations sur les pièces d’argent, M. Vrolik a fait des expériences sur les pièces d’or et les a consignées dans un tableau qu’il a bien voulu me communiquer. Scs pesées faites en 1849, sur un grand nombre de pièces frappées entre les années 1818 et 1840, ont donné des résultats très-variables selon les années (l).On opérait les pesées par séries dont chacune répondait à une des dix-sept années où l’on avait fait le monnayage. Chaque série comprenait cent pièces de 10 florins. D’une série à l’autre, la variation est du simple au double et même au triple. En prenant la moyenne générale, on trouve que le frai avait été de 1/2 milligramme par an et par pièce ; c’est un peu plus de 7 parties sur 100,000, ou exactement 1 sur 13,809. La circulation moyenne des pièces examinées avait été de vingt ans. Deux séries de pesées faites sur des pièces de 5 florins, qui avaient une circulation moyenne de vingt-trois ans, ont donné pour le frai un peu plus de 4 dix-milligrammes en moyenne par

(1) Ainsi, la moyenne de la déperdition annuelle sur les pièces frappées en 1840 a été de 13 sur 100,000. Sur les pièces de 1818, elle a été seulement de 4 1/3. Quand ou examine l’ensemble du tableau, on constate que, entre deux années consécutives, la dilTérencc est très-grande, et on n'observe entre les résultats successifs aucune loi de continuité d'où l’on puisse tirer cette conclusion que les pièces les plus anciennes sont celles qui s'usent le plus ou celles qui s'usent le moins.

LA MONNAIE. SECTION VIII, CHAPITRE IL 249 an et par pièce; c’est presque 13 parties sur 100,000 pu 1 sur 7,728.

Ces calculs sont faits dans l’hypothèse que les pièces d’or de 10 et de 5 florins avaient été frappées exactement à leu r poids normal .

On voit que ces résultats diffèrent considérablement de ceux que fournissent les expériences anglaises.

La monnaie éprouve d’autres pertes que le frai, qui s’attaque à chaque pièce en particulier, ou que la rognure qui, de même que le frai, laisse du moins la masse principale des pièces dans la circulation et au pouvoir des hommes. Les pertes dont je veux parler font disparaître les pièces totalement. Ainsi, il s’enfouit une certaine quantité de monnaie qui reste sous terre ; il s’en égare des pièces qui ne retombent plus entre les mains des hommes ; la mer en absorbe, parles naufrages, de petites quantités souvent répétées. M. Mac Culloch a émis , mais sàns la motiver suffisamment, l’opinion que le métal précieux, qu’une nation possède sous la forme de monnaie, est réduit d’un centième tous les ans. M. Jacob, dans ses recherches sur les quantités d’or et d’argent que chaque siècle avait léguées au suivant, depuis l'Empire romain, sous Vespasien, jusques aux temps modernes, a admis une déperdition annuelle de 1 sur 360 (1). On peut à bon droit contester <

(i) Sur la monnaie antique d’or, le frai devait être beaucoup plus grand pour une même circulation que sur la moderne, à cause de l'élévation du titre des espèces d’or des anciens. Les expériences faites à la monnaie de Londres, par deux savants dont l’un était le célèbre Cavendish, ont prouvé, avons-nous dit (page 22S) que la proportion de l’alliage exerçait sur l'usure par frottement une grande influence, et sous ce rapport la monnaie d'or actuelle de la Grande-Bretagne, au titre de onze douzièmes de fin, serait au moins quatre fois plus résistante que la monnaie des Romains, à peu près dépourvue d’alliage. La plupart des monnaies d'or de l'antiquité étaient d'ailleurs d’un petit échantillon et d’un relief très-marqué, circonstances qui ont dû en augmenter le frai. Ainsi on n'exagère rien, suivant M. Jacob, en quadruplant, pour la

ces proportions qui manquent d'une base solide; mais on ne peut se refuser à admettre la conclusion suivante qui est celle de M. Mac Culloch et de M. Jacob : Un pays qui n’aurait aucun moyen de renouveler son approvisionnement de métaux précieux, après un certain laps de temps, de quelques siècles il est vrai, n’en aurait plus qu’une petite fraction. C’est un sujet sur lequel nous aurons à revenir.

Lorsque, parle frai, la monnaie a subi une assez forte détérioration, la valeur réelle n’est plus en rapport avec la valeur nominale. La pièce qualifiée defranccesse d’être un franc, car le franc est défini une pièce d’argent au titre de neuf dixièmes de fin, du poids de 5 grammes. Les choses se passent alors comme si le métal ou les métaux précieux dont est faite la monnaie, s’étaient dépréciés relativement aux autres marchandises : celles-ci haussent. Les prix des denrées deviennent incertains ; avec le temps l’incertitude va croissant, et le commerce en est sérieusement affecté. Un gouvernement sage doit ne pas attendre que les choses en soient venues à l’excès et procéder à la refonte des monnaies à mesure qu’elles s’affaiblissent.

Sous Guillaume III, la détérioration que le frai, aidé

monnaie d’or des anciens, le frai observé, ou plutôt, selon nous, calculé à l’aide d'une interprétation problématique, relativement à des guinées anglaises, et en le portant ainsi à 1 sur 237 par aiv, à circulation égale. Mais, pour tenir compte de ce qu’alors la circulation aurait été moins active, et pour avoir égard à i'aiiiage introduit plus tard, M. Jacob n'a admis, pour le grand espace de temps qu'il a embrassé, que la proportion annuelle et moyenne de 1 sur 600. A l’égard de l'argent qui, au contraire, oITraitune forte proportion d'alliage, au point de moins résister que la monnaie moderne, M. Jacob substitue la proportion de 4 sur 150 à celle de i sur 200. A cause de la surabondance qu'il attribue à la masse de la monnaie d'argent, il est arrivé à considérer comme probable, pour l’ensemble des monnaies anciennes, un frai annuel de 1 sur 360. (On the Precious Metals, II, chap. um.) Il faut convenir que tout cet ensemble de supputations est bien hypothétique et que les conséquences qu'en tire M. Jacob restent extrêmement douteuses.

très-probablement par la coupable industrie des rogneurs d'espèces, avait fait subir aux monnaies anglaises, gênait tellement les transactions, qu’on ne craignit pas d’entreprendre une opération générale de refonte qui devait coûter à l’État une somme très-forte : on l’a évaluée à 2,700,000 liv. st. (68 millions de francs), ce qui est énorme en comparaison du budget annuel de ce tempslà (1) ; mais on considéra justement que le maintien d’une monnaie normale est un sujet digne de toute la sollicitude de l’autorité. Dans un État bien administré on doit ne jamais s’en départir.

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