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champs d’exploilalion rendent en or de 13 à 15 cent mil- ‘ lionièmes des matières soumises au lavage, à peu près 1 liilog. sur 7 millions. L’ensemble des graviers du Rhin ne contient que 1 kilog. d’or sur 125 millions, de sorte que ce second travail du lleuvc sur ses ailu viens premières condense le métal dans le rapport de 1 à 18. Malgré >cet,te concentration cependant, il faut remuer et laver sous le courant près de 4 mille mètres cubes de sableset graviers pour obtenir 1 kilog. d’or d’une valeur d’environ 3,000 fr. La journée de l’orpailleur lui. rapporte habituellemeqt de 1 fr. 50 à 2 fr. ; disons 1 fr. 75; c’est à peu près la vamur d’un demi-gramme d’or lin. Dans de rares journées, d’un bonheur extraordinaire, il gagne 10 et môme 15 fr., ce qui répond environ à 3 grammes ou 4 1/2 grammes. On se place au delà de la vérité, quand on porte à deux tiers de gramme la quantité d’or que produit en moyenne la journée d’un homme.

C’est parce que l’or se présente partout plus ou moins dans ces conditions d’extrême rareté, c’est parce qu'une journée de travail n’en produit ordinairement que des atomes, qu’il a une grande valeur en comparaison des autres objets. Les mines d’or sont nombreuses, et leur richesse, ou pour mieux dire leur pauvreté, n’est pas uniforme; mais partout, jusqu’à présent, il a fallu et il faut encore beaucoup de labeur pour obtenir une très-petite quantité de métal. Donc le métal est cher.

Puisque, eu nos contrées, un homme, dans une journée de travail, retire à peine, de nos sables, la modique quantité de deux tiers de gramme, il a bien fallu, du moment que les hommes voulaient de l’or pour l’ornement de leurs demeures ou de leurs personnes, que la petite quantité de deux tiers de gramme d’or fût payée, en toute autre marchandise, par une quantité qui répondit à peu près à ce qu’un homme dans sa journée

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peut faire de celle-ci, tous frais accessoires compensés.

Pour montrer à quelle extrême division peut arriver l’or dans les gisements d’alluvion, il suffit de dire que, pour un poids d’un milligramme, il faut de 17 à 22 paillettes d’ojr du Rhin. Ainsi, un kilogramme d’or représenté de 17 à 22 millions de ces paillettes. Â ce compte, la célèbre pépite d’Australie appelée Welcome, dont il aété parlé plus haut (1), et qui pesait 66 kilog. 343 grammes, représentait 1 1 3 à 160 millions de paillettes duRhin ; et un mètre cube des graviers moyens, si peu privilégiés, qu’on a exploités dans le Rhinjusquesàcesderniers temps, contient encore* de 36,000 à 45,000 paillettes.

Une aussi prodigieuse exiguïté des paillettes rend compte de la distance à laquelle des courants impétueux ont pu transporter l’or. C’est ainsi que, selon M. Daubrée, l’or qu’on trouve dans le Rhin, à Strasbourg, provient des Alpes d’où le Rhin sort, de l’autre côté du lac de Constance. M. Daubrée en fournit la preuve minéralogique.

11 ne faut cependant pas juger de tous les dépôts aurifères d’après ceux du Rhin, pour ce qui est de la division du métal. La ténuité des paillettes du Rhin provient de ce que le métal était disséminé, au sein des montagnes, entre les feuillets d’un schiste qui le recélait en petites lames infiniment minces. Les alluvions aurifères de l’Amérique et de la Russie boréale sont formées des débris de roches ou de filons qui renfermaient l’or en grains. Dans l’Oural, dans la Sibérie, au Chili, selon de savants explorateurs, les grains pèsent chacun « habituellement plus d'un cen- « tigramme .et souvent sont beaucoup plus lourds. Chaque « grain est donc en moyenne 200 à 400 fois et très-sou- « vent 1 ,000 fois pins gros qu’une paillette du Rhin ou de « l’Eder{2). »

(1) Page 469.

(2) Daubrée, Mémoire déjà cité.

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Mais, à cause de la pesanteur spécifique de l’or, des grains d’un centigramme sont de bien petites particules. Dans la Russie boréale, je tiens d’un voyageur fort éclairé en ces matières, et observateur habile, qu’avec la plus grande attention, en reg’ardant la tranche des bancs aurifères, même avec une loupe, ordinairement on n’y àperçoit pas l’or. C’est le lavage seul qui en accuse la présence (1).

Nous pouvons prendre les lavages du Rhin comme un point de départ, et considérer les circonstances de ce gisement comme le minimum de ce qui peut donner lieu, en nos pays d’Europe, à une exploitation. De cette manière nous aurons une base pour les raisonnements que nous pourrons hasarder sur la question de savoir jusques k quel point la valeur de l’or peut baisser.

Des mines nouvelles sont découvertes et mises en exploitation; l’or y est plus abondant, et de beaucoup, que dans la vallée du Rhin; la journée de travail d'un homme, au lieu d’y rendre deux tiers de gramme seulement de métal fin, en rend plusieurs grammes ; que s’en suivra-t-il?

Pour qu’une baisse se manifeste à la suite de cette exploitation, plusieurs conditions sont à remplir":

Il ne suffit pas qu’une journée de travailleur y produise plus de deux tiers de gramme. Avec un rendement* un peu inférieur à deux tiers de gramme, l’exploitation a pu se soutenir jusqu’à ces derniers temps, dans la vallée du Rhin, parce que c’était un pays où les deux tiers d’un gramme d’or représentaient une rémunération égale au salaire habituel d’un terrassier ou d’un homme de peine. Si la scène se passe en Californie, où les salaires exprimés en métaux précieux sont plus forts et où un homme

(1) Il parait bien qu'il y a, dans les alluvions de la Russie boréale, une substance argileuse qui, en voilant les paillettes, contribue à empêcher qu'oD ne les distingue.

de peine reçoit, pour le moins, 2 dollars, soit trois grammes d’or,* l’exploitation des alluvions aurifères ne se nlaintiendra qu’autant que la récolte quotidienne d’un travailleur sera de trois grammes de fin. Avec un rendement pareil , l’exploitation d’une nouvelle mine d’o/, en Californie, ne tendra aucunement à faire baisser le prix de l’or en Europe, et même, pour déterminer plus exactemen^lÇ rendement moyen îi partir duquel l’exploitation de la miné américaine commencerait à exercer de l’influence sur la Valeur de l’or, à cette quantité de trois grammes on devra ajouter un supplément égal à la somme „-des commissions que prélèveraient tous les intermédiaires par les mains desquels passerait le métal, depuis le monaentoù il est vendu parle mineur jusqu’à celui où il arrive sur le marché général, pour le siège duquel on peut prendre, à peu près- indifféremment, la place de New- York, celle de Londres ou celle de Paris.

Parmi ces intermédiaires, dont quelques-uns sont exigeants, il convient de ranger le Trésor public, dans les pays où l’exploitation de l’or est soumise à un impôt spécial, et il est peu de pays à mines productives où le fisc n’intervienne pour prendre une part.

Au nombre des causes qui, pour un entrepreneur d’industrie, enchérissent l’extraction de l’or dans une proportion sensible, et dont les effets peuvent être assimilés aux prélèvements opérés par les personnes placées entre le producteur du métal et celui qui l’achète pour s’en servir, il en est une, peu flatteuse pour l’espèce humaine,, qu’il faut cependant indiquer dans cette analyse. Je veux parler du vol. Déjà, dans les mines d’argent du Mexique et du Pérou, les ouvriers soustraient des morceaux riches de' minerai; pour empêcher ces détournements, on les soumet vainement à des visites quelquefois ignominieuses. C’est une éternelle guerre d’astuce entre l’ouvrier, qui veut*

s’approprier des fragments de prix, et le surveillant qui cherche à faire restituer ce qui a pu être dérobé {!). Avec l’or, la tentation est bien plus grande et le laroin bien plus aisé. L’or se présentant à l’état natif et fort divisé, on n’a qu’à eu avaler des grains au moment où ils se rnontrtnfT* pour causer à l’entrepreneur un dommage réel. On-«e peut douter que ces soustractions toujours renouwelees n’aient fort entravé l’extraction de l’or dans i’Améfique espagnole, et n’aient contribué à y faire préférer celle éé l’argent. * '*•

Un système d’exploitation qui serait à l’abri de cette difficulté est celui dans lequel les ouvriers, de bonne foi as^% sociés entre eux, feraient le lavage pour leur compte. Jusqu’à nos jours, l’extraction de l’or des mines d’alluvion se serait prêtée à cette combinaison bien mieux que la plupart des industries. Elle s’y prête encore lorsque le terrain stérile, qui recouvre la mine et qu’il faut déblayer, a peu d’épaisseur et lorsque l’eau nécessaire au lavage est à portée. En pareil cas, en effet, elle ne réclame presque pas de mise préalable de fonds. L’exploitation alors se réduit à une opération simple, do trèspeu de durée; c’est à peu près uniquement de la maind’œuvre, et on obtient, presque chaque soir, des produits marchands d’un débit assuré et immédiat. Répétons que, présentement, l’hypothèse indiquée ici est loin de répondre à la généralité des cas. En Californie, par exemple,, dans les gisements d’alluvion, il a fallu, après quelque temps, de grands travaux préparatoires pour aller chercher l’eau de lavage. En Australie, on exploite les alluvions, maintenant, par le moyen d’ouvrages souterrains qui fréquemment sont considérables.

(1) Voir pour les détails le Voyage au Pérou du docteur Tschudi, chapitre XII, et le Mémoire déji cité de M. Colpafirt, sur la Métallurgie au Cerro de Patco .

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Les commentaires qui précèdent motivent suffisamment f les conclusions sirivantes, touchant l’infiuence qu’il est ^ jpossible à des mines nouvelles d’exercer sur la valeur relative de l’or.

^1® Pour ne parler d’abord que des mines où les circonstances localês,' le degré d’avancement de la civilisation, ou toutes aulreécauses empêcheraient l’intervention du ca- • pital de s’exercer sur une grande échelle, c’est principalement au taux de la main-d’œuvre qu’est subordonné le . montant ^es frais de production de l’or dans chaque exploitation. De nouvelles mines d’or ne peuvent déprimer le prix du métal, si, dans le pays où elles sont situées, la main-d’œuvre est plus chère, qu’autant que le rendement de ces -mines sera plus grand, au moins dans la proportion des prix comparés de la main-d’œuvre', toutes choses égales d’ailleurs.

’2“ Quand cette condition sera remplie, la baisse ne s’ensuivra pas nécessairement ; il faudra de plus que le champ offert par les nouvelles mines à l’industrie humaine soit assez vaste pour que la quantité de métal, qui existera désormais surle marché général, soit sensiblement amplifiée, de manière à changer le rapport entre l’offre et la demande, ce qui suppose, entre autres conditions, que l’ac-croissement de production aura persisté pendant un certain laps de temps.

,3® 11 est indispensable enfin que le pays offre des cours d’eau, afin qu’on ait des moyens de lavage. Transportez au milieu du désert de Sahara les plus riches alluvions de la Russie boréale, ou de la Californie, ou de l’Australie, on n’en pourra rien faire ; car la méthode de travail, avec des minerais pareils, sera toujours fondée sur le lavage. Il est possible d’économiser l’eau, il n’est pas possible de s’en passer.

4® Admettons maintenant, ainsi que c’est un fait acquis

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désormais pour la Californie et l’Australie, que l'ensemble des circonstances sociales, politiques et économiquM^ favorise ou permette l’intervention de méthodes perfectionnées, grâce à l’assistance du capital sur une grande échelle, de manière à augmenter dans uoje forte proportion la puissance productive' de l’homme*»! en d’autres termes le nombre de grammes d’or qu’un individu retire, en moyenne, dans une journée: les mines* placées dans ces conditions tendront à déterminer l’abaissement delà valeur du métal, avec d’autant plqs deforce^ qu’elles se présenteront avec plus d’étendue^» qu’elles se-^ » ront plus accessibles et aux travailleurs et aux capitaux, et que l’exploitation en sera moins gênée par des règlements ou par des taxes. Si elles sont considérables, si les travail- ^ leurs y accourent, si les capitaux y affluent, si l’État s’abstient de s’attribuer une partie notable des profits du mineur par l’exagération des taxes ou des redevances , elles devront, après un certain temps, faire baisser la valeur du métal dans une notable proportion. Pour qu’il n’en fût . pas ainsi, il faudrait que le commerce et le luxe prissent, sur la surface du globe, des développements tels que le service des échanges et le goût du faste exigeassent une masse rapidement et continuellement croissante d’espèces en or et d’ornements en or, de telle sorte que, malgré la grande augmentation de la production du précieux métal, le rapport entre l’offre et la demande ne fût aucunement troublé. . -A- V

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