‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 104 sur 568 · plus haut, IGl · texte numérisé non relu

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L\ LIMITATION DK LA PRODliCTION

ainsi que Ta constaté K. Marx iu'-même, dans les ijériodes de prospérité industrielle où le taux des salaires est précisément le plus élevé? Si, d’autre part, l’épargne capitaliste contribue dans une large mesure, à côté de la sous-consommation ouvrière, à créer et à entretenu' une surproduction générale, comment se fait-il que les crises de surproduction soient encore, à l’heure actuelle, périodiques et temporaires? Elles devraient, semblet-il, être permanentes et avoir un acractère chronique, car l’épargne capitaliste est une des caractéristiques permanentes de l’organisation économique actuelle. Si d’ailleurs, pour contrôler l’exactitude de cette thèse ou revient à l’observation des faits, on peut constater que jamais, même lorsqu’une crise paraît avoir le caractère le plus étendu, il n’y a surproduction générale en ce sens que jamais il n’existe dans toutes les branches à la fois de la ï>roduction un stock de produits invendables, ou même qui ne puissent que difficilement trouver des débouchés.

Sans doute l’épargne a pour résultat d’activer la production, mais les besoins humains sont infinis et indéfiniment extensibles. Les mouvements des prix ont précisément pour fonction de renseigner l’épargne sur la direction qu’elle doit prendre en vue d’assurer par l’essor de la production la satisfaction des besoins actuels et éventuels, sans néanmoins devancer ces besoins d’une manière imprudente et excessive. Si les producteurs suivent attentivement les indications des prix, leur revenu disponible se détournera des emplois encombrés poui’ se porter vers ceux qui sont insuffisamment x)ourvus. J.’épargne capitaliste aura donc pour résultat, non de créer la surproduction, mais de diversifier la production, pour lai permettre de donner satisfaction à tous les besoins. Il peut se faire sans doute qu’il y ait parfois des erreurs de direction et que l’épargne ne se répartisse pas entre les multiples emplois qui s’offrent à elle dans la mesure où, normalement, chacun d’eux le commanderait. La production s’avancera d’un pas trop rapide dans telle ou telle industrie, tandis qu’elle restera stagnante dans telle autre, et il pourra résulter de cette rupture d’équilibre entre les quantités des divers produits qui se servent récii)roquement de débouchés une crise partielle, atteignant une ou quelques-unes seulement des branches de la production, et dont l’origine aura été tout k la fois un fait de surproduction et un fait de sous-production. Cette crise pourra même s’aggraver, par suite de ses répercussions et des abus du crédit, et

•ileveuii' générale dans .ses effets en atteignant îe marché tout vntier. Même dans ce cas, cependant, il n’y am-a pas eu surproduction générale, mais simplement surproduction partielle, tenant à des erreurs dans les prévisions de certains ytroducteurs et non à un vice constitutionnel de rorganisation économique. Il n en pourrait être autrement et une surproduction générale ne serait concevable que si, dans une branche quelconque de la production, aucun produit nouveau' n’était plus susceptible de servii- de débouché à un autre produit, si aucune marchan- <lise n était plus désirée, si tous les besoins actuels et éventuels étaient assurés de recevoir satisfaction complète, jusqu’à saturation. C’est là une perspective qui est loin d’être réaüsée si même, ce qui est plus que douteux, elle est réalisable.

Ainsi ime crise générale de surproduction, au lieu d’apparaître dès 1 époque actuelle ou pour un avenir plus ou moins prochain comme un mal chronique et sans remède, dû au régime de la production capitaliste et destiné à amener fatalement la fin de ce régime, apparaît comme un mal accidentel, toujours guérissable malgré sa fréquence, et dont les recherches des économiste.s permettront peut-être un jom*, sinon de prévenir le retour, du moins d’atténuer la gravité et la durée.

2Î8. Autres théories relatives aux crises générales de surproduction '. — En dehors de la théorie de la « sous-comommation ouvrière )), bien des explications ont été proposées pour rendre compte des crises générales et périodiques de smproduction. Nous en signalerons seulement quelques-unes, parmi les plus répandues et les plus récentes.

.Suivant une première opinion -, la cause essentielle des êri.ses de surproduction devrait être cherchée dans les écarts du taux de profit de.s entreprenetu’s. Pendant la période de prospérité industrielle qui précède une crise le coût de production tend constamment à .s’élever, par cela même que s’accroît ht dëmande ayant pour* objet le capital de toute nature, monnaie, outillage, matières premières. Mais l’élévation corrélative <lu ]>rix de vente est loin de suivre une marche aussi rapide; ]>ar suite, le taux de profit va .se trouver progres.sivement rédtiit.

1. V . Lescun», Des vrisex gv.nènîiett ei ytvriiKliqiies de. anrpr<Hlnrti**n. '1'' tMlii 191U ot Aftalion, Lm crim^ périodiqifcjt dr surprodnclfon, 1913.

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