‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 105 sur 568 · Lescure, op. cii · texte numérisé non relu

Lescure, op. cii

PeiiREALv T. I,^2« Ad, 17

Il en résulte un affaiblissement de l’esprit d’entreprise, et l’éparr gne se détourne d’emplois qui ont eessé d’être rémvmératem’S- Com^me conséquence, les industries ayant pour objet la création des moyens de production voient diminuer sensiblement le chiffre des commandes qui leur étaient adressées. Un moment arrive où, l’activité de ces industries se trouvant brusquement paralysée, la crise éclate, partielle d ’abord, puis se généralisant peu à peu à raison de la solidarité (lui existe entre les diverses branches de production. En même temps, et plus encore que les prix de vente, le coût de production s’abaisse par suite du la réduction sm-venue dans la demande des capitaux de toute catégorie. Un relèvement du taux possible de profit eu résulte bientôt. La confiance des entreprenem's renaît peu à peu; ils font de nouveau largement appel au crédit. L’industrie reprend un nouvel essor et les prix se relèvent, jusqu’au jour où, la hausse du coût de production comi>romettant une fois de plus le profit des entreprenems, une crise nouvelle éclatera.

Dans une autre théorie ce sont les mouvements do l’épargne qui expüquent le processus rythmique de la production. Pendant la période de dépression, les capitaux évitent de chercher des emplois industriels; üs s’accumulent dans les banques, ou même restent inactifs dans les caisses des particuliers. Puis, dès que la prospérité tend à revenir, les fonds en réserve chcrehent à nouveau des placements, principalement sous la forme de commandes ayant pour objet la création d’outillage industi-iel. La production prend par suite un rapide et considérable essor. Mais, lorsque les capitaux accumulés pendant la crise ont été ainsi employés à activer la x>roduction, celle-ci ne riouve plus en face d’elle, comme revenu permettant la consommation,, que les éi)argnes nouvellement formées, insuffisantes pour répondre aux stocks de marchandi.ses produites. Une crise éclate alors, au cours de laquelle une nouvelle thésaurisation a.s8ureriu poiu l’avenir une reprise des affaires.

l'ne autre explication, fort ingénieuse, a été proposée récemment Les crises périodiques de siuproduction auraient x>our

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Ue .)ug:lai‘ {/Jescrisr.s rommerciatex) Kt de Piirelo (Cours cl' Economie politique). Kllf H 6té surtout développée par MM. Tugati-BaronowsTty el •SpictUoff, Sur ces autcuis, \ . Al'talion et Lescure, np. cil.

■2. Aftaüoii, Les rrixe.<t périodiques de surprodmUon.

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origine des faits de, suriuoduction générale dûs aux conditions lixîhniques de la production capitaliste. Pendant la période de prospérité, l’apijât des hauts profits à réaliser incite les entrepreneurs à transformer et à dévelopi^er leur' outillage. Mais l'accomplissement de ee programme exige un temps i)lus ou moins long. Pendant ce temps, les hauts prix se maintiennent, I>rovoquant constamment de nouvelles commandes d’outillage, pour l’exécution desquelles il est fait un large appel au crédit. Si bien que, i)ar la création continue de capitaux fixes, la capacité productive des diverses natures d'industrie ne tarde pas à devenir excessive. Les stocks s’accumulent et la crise éclate. Alors, et pendant une période plus ou moins longue, on suspend toute commande nouvelle d’outillage, jusqu'au jom' où, les produits antérioius s’étant écoulés peu à peu, il apparadt que l’extension des besoins exige un développement nouveau des moyens de i)roduction. C’est le point de départ d’une nouvelle I»ériode <le prospérité qui se termine d'ailleurs comme les précédentes, et i)our les mêmes raisons, par une nouvelle crise.

2^î|. Chacune de. ces théories, si différentes qu’elles paraissent, peut trouver un appui dans l’observation des faits. Il .semble bien exact (pie la hausse des prix de vente en période de pro,spérité industrielle est accompagnée d’une hausse du coût de l>roduction, d’où peut résulter un obstacle à l’accroissement, sinon même au maintien du taux de profit. Il arrivera d’autre part naturellement, en temps de crise, que l’épargne soit découragée des placements industriels et, à l’inverse, qu’elle y soit portée lorsque la production jrrend de l’essor et présente des perspectives de revenus élevés. Enfin, bien des cri.ses pourront avoir pour cause luemière un accroissement excessif de l'outillage, augmentant outre mesure la capacité productive de certaines natures d’industrie.

t^es différentes explications, comme d'ailleurs beaucoujj d’autres plus anciennes, contiennent donc chacune quelque part de vérité. Aucune ceiiendant ne nous paraît pouvoir rendre comjite des multiples aspects de (;e phénomène très complexe auquel on a donné le nom de « crises générales et périodiques de surproduction ». Toute crise générale implique, eu réalité, raction d’un facteui’ psychologique, confiance ou méfiance inspirée aux producteurs de telle ou telle marchandi.se ‘

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]>ar l'état apparent du inarehé, succession d'une période d'optimisme et d’une période de pessimisme, l'un et l'autre excessifs. Toute crise procède d’une erreur qui, suivant les circonstances* peut avoir* des objets assez divers : erreur sur l’étendue des besoins à satisfaire, erreur sur le taux de profit qui ireut être réalisé, erreiu* sur l’orientation qu’il convient de donner à l’emploi de l’épargne, errem* siu* l’importance des capitaux fixes à créer. Et toutes (îes erreurs peuvent être ramenées à la même cause, à savoir l'imperfection relative de la concurrence eu tant que régulateur de la production par les mouvements de.-* prix ^ C’est encore l’explication la plus sûre, bien que peu instructive, qu’il soit possible de donner des crises générales et périodiques de siuproduction, .si on tient, ce qui est peut-être une recherche vaine, à ramener à l’imité les causes multiples de ce phénomène économique .si imjtortant.

2ÔÜ. Caraclère.s des crises déficitaires. — Nous ne nous sommes occupés jusqu’ici que des crises générales de surproduction. Ce sont d’ailleiu's de beaucoup les ])lus fréquentes de nos jours et, dans l’ensemble, les plus redoutables. Il peut y avoir cependant des crises générales par insuffisance, tenant au déficit <iaus la production d’une ou de ciuelques-unes des branches les plus importantes de ragriculture ou de l’industrie extractive. C’est ainsi qu’au Brésil, le marché tout entier peut subir la répercussion d’une mauvaise récolte de café. De même, un arrêt ou une réduction considérable dans la production de la lumille aurait certainement pour résultat, dans un grand nombre de pays, une crise, industrielle générale des plus graves.

Ijcs crises déficitaires ont, en principe, des effets opposés à ceux des crises de surproduction. Elles entraînent la hausse des prix dans les industries oîi se manifeste la raréfaction et dans celles qui emploient les produits déficitaires. Il peut st^ faire cependant qu’une crise par insuffisance se traduise, poui l’ensemble du marché, par les mêmes effets apparents (^u’iipe crise de surproduction ^ C’est ce qui se produit par exemple .si la crise atteint directement une branche es.sentielle de la pro-

origines, peut m raison de la solidarité uiussant les diverse?) natures d-induslrie, devenir générale dans scs effets.

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