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252. Diverses causes qui agissent pour attéiuier la Iréqueitce et la gravité des crises K — Indépendamment de la connaissance plus complète de leim « processus » et -des indices qui permettent de les pressentir, un certain nombre de causes tendent à diminuer la fréquence périodique des crises et à en atténuer les effets. On peut citer notamment le développement de la richesse générale, qui coïncide avec un accroissement sen- ? sible des besoins de toute espèce et, par cela même, des débou-
J chés. Tl en réstüte une variété croissante des emplois entre les-
• quels peut se disperser l’épargne et une réduction croissante d(\s
risques de rupture d’équilibre entre <;es divers emplois. On peut également signaler, comme agissant dans le même sens, le per- ^ fectionnement et la multiplicité des procédés de crédit. Si
l’abus du crédit est une des causes qui entraînent les crises industrielles générales, le resserrement du crédit est un des effets les plus graves de celles-ci. Or ce danger tend à diminuer grâce au caractère de plus en plus international, cosmopolite, que revêtent au point de vue de lem- emploi diverses catégories de capitaux mobiliers. Au cas de crise générale de surproduction se manifestant dans un pays, le resserrement du crédit trouve un correctif dans la mobilité toujours plus grande de ces capitaux, qui accourent de tous les points du monde vers le centre de la crise, attirés par l’appât de taux élevés d’escompte et d’intérêt. Leur abondance même aura bientôt pour résultat de ramener le crédit à un prix raisonnable.
Il est enfin d’autres causes qui, bien que restreignant parfois dans les rapports internationaux l’application de la loi des débouchés, contribuent sur le marché national à rendre les crises moins fréquentes et â en atténuer la gravité. Ce sont les mesures de toute espèce qui tendent, directement ou indirecment, à restreindre la concurrence : cartels, trusts, régime douanier. Tous ces facteirrs ont pour but et pour résultat de contenir plus on moins l’essor de la production et contribuent ainsi à a.ssurer plus longtemps et plus complètement l’équilibre entre celle-ci et les besoins.
Dans certains Etats, notamment au Brésil, le gouvernement a cru devoir, pour éviter les crises, constituer des réservées en nature permettant de régulariser l’approvisionnement du mar-
i. iJoiii-iniiii. siixtèines .locialislei cl l'vroliilion éronoiiiiiiue, pji. .‘WG ol siii\.
LA LIMITATION DE LA PRODUCTION 263
ehé (valorisation du café). En France^, on a proposé, afin d’atténuer les chômages résultant des crises de surproduction, de constituer des fonds de réserve grâce auxquels les pouvoirs liublics pourraient, pendant les périodes de dépression industrielle, activer l’exécution des travaux publics et la production des services industriels de l’Etat. De semblables mesures, quelle qu’en puisse être l’efficacité, ne sont pas d’ailleurs sans Inconvénient pour la bonne organisation des finances publiques.
i. \ . le.s travaux tle la Commission spéciale constituée en 19ü8 pour l'é- ImJe de !a question des ciises.
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(^IIAPITHE VI
253. Lt*>i (litïieiiltés «l les diflereiUs aspects du problème jf résoudre. — Quelles doivent être, en matière de production, les fonctions de TEtat? Dans quelle mesm-e et dans quelle^ limites son intervention est-elle léfdtime? Qaiestion difficile à résoudre et qui, depuis les Physiocrates, a donné lieu aux plus vives controverses. Parmi les économistes, deux courant.s se sont formés. Les uns, considérant l’Etat comme un organe de progrès, sont disposés à élargir de plus en plus la sphère de ses attributions, au risque de réduire d’autant le domaine laissé aux initiatives privées. D’autres, attribuant une supériorité marquée à l’action des individus, sont portés'à réduire au minimum l’intervention des pouvoirs publics dans l’ordre éco-
nomique.
La vérité doit être cherchée sans doute dans une solution intermédiaire, de nature à concilier l’action individuelle et l’action collective en faisant à chacune de ces forces la part qui lui revient. Tl est d’ailleurs singulièiement difficile, .sinon même impossible, de déterminer avec prétüsion les limites de ce double domaine, et cela pour les raisons suivantes : D’une part, ces limites ne sauraient être les Uïêmes pour tous les Etats.
1. V. sur cette matière : Dupont-Wlïite. L'individn el V Etnt, J86ô; Pau) Leroy-Beaulieu, VElal moderne et ses fonctions, tV' édition, 1900; Jourdan, et. Villey, Du rôle de VEtat dans Vordre économique) Cauwès, Cours d'Economie politique édition, 1893: Colson, Cours d' Economie politique, 1901.
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Elles varient nécessairement suivant le tempérament national et suivant le degré de développement industriel. Et de plus, elles ne sont pas les mêmes i>our un ])ays à toutes les époques; bien loin, comme certains le pensent, que tout accroissement du rôle de l’Etat dans l’ordiv économique constitue un emi)iétement sur le domaine des activités privées, il semble que l’intervention des pouvoirs imblics troiive d’autant plus de raisons de s'exercer que l’organisation de la production est plus complexe et la part laissée aux initiatives individuelles plus large et plus
variée.
Quelle que soit, au surplus, l’opinion à laquelle, sm’ ce point, on serait tenté de se rallier, l’intervention de l’Etat s’impose, à toute époque, comme un fait inéluctable. Nous étudierons donc ce fait, en indiquant sous quelles formes et dans quelles circonstances se manifeste actuellement l’action des pouvoirs publics dans la production. Nous rechercherons ensuite comment peut se justifier cette action dans les divers cas où elle s’exerce et nous serons ainsi amenés à étudier les doctrines qui tendent, soit à la restreindre, soit à la dévelopi^er.