V. BoveraL, op. cif
2. V. Henry Taudière, La clierté des vivii's el les autorités municipales, dans la Réfvrme sociale ^ 1912.
certaines conditions d’exploitation et pour homologuer leurs tarifs. D'autres fois, c’est l’intérêt des producteurs eux-mêmes qui est en jeu, lorsque par exemple l’Etat cherche à les protéger par des taxes de douane contre la concurrence étrangère, ou lorsque, pour encourager la proiluction, il octroie des brevets aux inventeurs, accorde des subventions et des primes, décerne des récompenses honorifiques et organise des expositions.
Il s’en faut d’ailleurs que l’intervention de l’Etat obtienne dans tous ces cas l’ajdhésion générale. Un certain nombre d’économistes lui reprocient d’être, la plupart du temps, inopportune, maladroite et d’aller à l’encontre des intérêts mêmes qu’elle a en vue de sauvegarder. Les sacrifices que s’impose le budget sous la forme de primes et de subventions ne rendront pas plus prospères les industries peu viables qui les obtiendront.
Les taxes douanières élèveront le prix des produits et grèveront les consommateurs sans galvaniser la production nationale.
Les récompenses honorifiques ne seront pas toujours accordées au mérite et provoqueront parmi les jiroducteurs plus de mécontentement que d’émulation.
II faudrait être bien optimiste pour ne pas reconnaître que, dans une certaine mesure, ces griefs peuvent être fondés. Mais il faudrait aussi bien du parti-pris pour prétendre que, par les divers moyens précédemment indiqués, l’Etat ne peut pas réussir et n’a jamais réussi à défendre efficacement et à stimuler la production. De ce que l’intervention de l’Etat peut être abusive, est-il raisonnable de conclure qu’elle ne saurait se justifier?
302. Tel est également notre avis en ce qui concerne les multiples mesures réglementaires édictées dans l’intérêt des travailleurs manuels, relativement à l’âge et à la durée du travail industriel, au mode de paiement des salaires, à la prévention et à la réparation des accidents du travail, à l’organisation de la prévoyance, sous la forme notamment de pensions de retraite.
Sans doute, il n’appartient pas à l’Etat de se substituer aux individus dans la discussion de leurs intérêts contradictoires et dans la détermination des clauses de leurs contrats. Il doit se garder de les traiter tous comme des mineurs en tutelle, ce qui aurait le grave inconvénient d’affaiblir chez eux le sentiment de la responsabilité. Mais ce n’est pas une raison pour qu’il i
ne doive pas, à l’inverse, intervenir pour les protéger lorsqu’à |
i raison de leur âge, de leur sexe ou des circonstances, ils sont dans l’impossibilité de se protéger eux-mêmes. Le travail, eu tant que marchandise objet de conventions, est une marchandise très spéciale, puisqu’il constitue l’exercice même des facultés de l’homme. On comprend dès lors que le pouvoir social soit intéressé à contrôler les conditions dans lesquelles se vend ot s’achète cette marchandise, en vue de prévenir les abus qui, en nuisant aux travailleurs eux-mêmes, nuiraient du même coup à la société tout-entière. S’il apparaît d’autre part que l’in- I tervention de l’Etat soit nécessaire pour encourager et développer chez les individus le sentiment de la prévoyance, en les aidant à se prémunir contre les risques multiples auxquels ils sont exposés, cette intervention se trouvera par îà même justifiée. Ici encore, la question qui se pose est beaucoup moins une question de principe qu’une question de mesure.
DKIXIRME PAUTIE
la circulation
30:R xXütions générales sur les phénomènes économiques^ de eirculalion. — La richesse produite ne reste pas toujours, sous sa forme spécifique, entre les mains des producteurs. La division du travail, qui permet à ceux-ci de se spécialiser dans l’exercice de professions diverses et dans l’accomplissement de tâches séparées a pom* résultat, en même temps que de développer la production, de faire de l’échange des produits et des services la condition indispensable du progrès économique et de la vie sociale.
Les valeurs s’échangent, soit directement dans le troc, soit indirectement, par l’intermédiaire de la monnaie et à raison des prix dans divers contrats, dont la vente est le type. Et comme la production se compose d’innombrables actes indéfiniment répétés, le crédit intervient pour la faciliter en rendant possibles les échanges dans les cas où, faute de contre-valeur immédiatement échangeable, monnaie, produits ou services, elle aurait pu risquer de se trouver interrompue. D’autres facteurs encore concourent au même but : ce sont les agents et moyens de transport, qui, en déplaçant les richesses, les mettent à la portée des consommateurs. Ce sont aussi les commerçants, sur l’ordre desquels s’effectuent les transports et qui, soit à l’intérieur d’un pays, soit d’un pays à l’autre, jouent le rôle d’intermédiaires entre producteurs et consommateurs, pour faire parvenir à ces derniers les marchandises transportées.
L’échange, la valeur et le prix, la monnaie, le crédit, les transports, le commerce intérieur et international, telles sont les notions que, dans une série de chapitres d’importance d’ailleurs fort inégale, nous aurons à étudier à l’occasion de la circulation..