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.NOTIONS OKNÉH.U.KS .Sl'H I.’KCONOMIE l'OLITKyUE 23
scientifique, surtout en matière de sciences morales, n’a-t-elle pas un caractère simplement approximatif, quelle que soit la méthode à laquelle on ait recouru pour l’obtenir ? Pourquoi serait-il plus difficile à l’économiste mathématicien qu’à tout autre économiste de se rapprocher de la vérité par une série d’approximations successives ? Même en recourant à l’observation directe ou au raisonnement déductif ordinaire, ne courton pas toujours le risque de négliger jilus ou moins certaines des causes secondaires qui agissent sur les phénomènes, ou certaines des conditions accessoires dans les<iuelles se vérifie la loi ?
27. 11 semble cependant que la méthode mathématique ne puisse être appliquée utilement, en économie politique, à d’autres concepts qu’à ceux qui évoquent l’idée de quantité. Dans ces limites, elle paraît susceptible de rendre des services, sinon comme moyeu d’investigation du moins comme moyen de démonstration et comme procédé de contrôle. Comme moyen de démonstration, par l’emploi de figures géométriques susceptibles de frapper davantage resi)rit; comme procédé de contrôle, parce que, plus que toute autre forme de déduction, elle permet d’éviter les erreurs de raisonnement. Le plus grave reproche qui puisse, à notre avis, lui être adressé, c’est qu’elle n’est à la portée que d’un très petit nombre de personnes, à raison de l’étendue des connaissances mathématiques qu’elle suppose; et ce n’est pas là un mince inconvénient pour une science comme l’économie politique, dont on ne saurait trop répandre les enseignements.
28. Méthode de l’école pyscholoyiqiie autrichienne-. — En dehors de l’école mathématique, une autre école fait encore un usage prédominant de la méthode déductive, c'est l’école psychologique, qui compte en Autriche ses principaux représentants, parmi lesquels il convient de citer notamment MM. Menger et de Rôlim-r.awerk. ® On pourrait, à vrai dire, ranger
1. V. les objections remjiloi.de la m^dliode malhémal iqiie comiin' moyen d'investij^alion en économie politique, dans le traité de M. Leroy-Hcaulien, 1." partie, ch. IV, et dans les Principes d' économie poliliqttej de M. Ville>. introduction.
2. V. Feilbogen, L'Ecole autrichienne d’Ecoiiomie politique, dans le Journal des HcotiomisleSj 1911, 1912, et 1913.
3. De BOhm-Bawerk, Hisloirc des Ihéories de Vinierêl du capital, traduc l.ion française, 1902.
CHAPITRK PRKLIMINAIRE
aussi bien cette école panni celles qui pratiquât la méthode inductive, car c’est à l’observation, — mais à l’observation interne, psychologique, — qu’elle demande les données auxquelles devra, par la suite, s’appliquer le raisonnement. Pour les économistes de l’école autrichienne, les phénomènes économiques étant des phénomènes moraux, c'est dans l’étude de l’homme nmral, de ses passions, de ses sentiments, qu’il faut chercher les mobiles de l’activité économique. Grâce à l’emploi de cette méthode, on est parvenu à analyser avec beaucoup <Je finesse etde pénétration les notions de valeur d’usage ‘ et de capital. Il ne semble pas toutefois que les constructions un peu subtiles de l’école autrichienne, en dehors de l’intérêt doctrinal qu’elles peuvent juésenter, aient jusqu’iiâ exercé sur l’ensemble de la science économique une influence bien sensible.
2B. Méthode de l’école historique allemande. — En face des écoles qui pratiquent de préférence la méthode déductive, l’école historique donne à la méthode d’observation la première place, sinon une place exclusive, dans l’étude des faits économi(iues. Les origines de cette école remontent à l’économiste allemand Eoscher^. Elle compte en Allemagne de nombreux adhérents, notamment Hildebrand, Knies, Bûcher, Schmoller Elle a fait également des progrès en Angleterre, avec Cliffe- Leslie; ainsi qu’aux Etats-Unis et en France, où elle présente de nombreuses affinités avec la doctrine de l’économie politique nationale. Les économistes de l’école historique ont été anjenés à l’emploi à peu près exclusif de l’observation par leur concipli p{;riiculière du domaine et du rôle de la science économique. Pour eux, les institutions sociales sont toujours en état de perpétuel devenir. L’état .social, qui en est la résultante, se transforme sans cesse, à mesure et en même temps que les besoins se modifient. A aucun moment et dans aucun pays cet état social ne saurait être consiéré ni comme définitif, ni même comme le meilleur que l’on puisse concevoir. Le rôle de l’économiste ne saurait donc être de dégager entre les phénomènes économiques un ordre naturel et immuable qui n’existe