‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 134 sur 568 · V. pins loin · texte numérisé non relu

V. pins loin

2. V, notamment les ouvrages précités de Condillac et de Walras.

Pebreal', t. I, 2« éd#

d’échange, toute valeur. L’utilité serait donc à la fois, le fondement et la mesure de la valeur.

Une objection se présente toutefois à l’esprit : comment expliquer, si la valeur est exclusivement fondée sm' l’utilité, que des objets d’une incontestable et considérable utilité, le pain par exemple, aient sous un gros volume une très petite valeur, alors que d’autres objets qui répondent à des besoins moins essentiels, telles les pierres précieuses, ont une valeur considérable sous un volume très réduit? On peut observer, il est vrai, que si le pain a d’ordinaire une très faible valeur, c’est que, malgré les apparences, il a, par suite de la facilité de se le procurer, une très faible utilité, ce mot étant pris dans son acception économique ^ et indiquant la possibüité de satisfaire un désir. A l’inverse, si les pit*rres précieuses ont une grande | valeur d’échange, c’est qu’elles sont très recherchées, très désirées, à raison de leur insuffisante quantité, c’est en un mot qu’elles ont, au sens économique, une très grande utilité. Mais le rapport de valeur entre le pain et les pierres précieuses se trouverait renversé si les circonstances venaient à changer du tout au tout. Pour des naufragés, ou pour les habitants d’une ville assiégée, un morceau de pain aurait peut-être une valeur bien supérieure à celle d’un diamant et, pour se procurer .

le premier, plus d’une personne serait sans doute disposée à |

céder le second. C’est qu’alors le pain serait plus désirable j

que la pierre précieuse; il aurait plus d’utilité. |

Ces exemples font apparaître nettement, à côté de rutilité un autre facteur, la rareté, c(ui influe sur la valeur en agissant sur l’utilité elle-même. Si d’ordinaire le pain a peu de valeur, c’est qu’il n’est pas rare, c’est-à-dire qu’on peut le produire |

en quantités .suffisantes pour répondre aux besoins. Pour cette |

raison même, il provoque des désirs peu intenses; il a, en d au- I

très termes, peu d’utilité, par suite, peu de valeur. A 1 inverse, |

si le diamant a une grande valeiu', c’est qu’il existe en quantités |

insuffisantes pour satisfaire les besoins qu’il provoque. Il est |

très désiré; ayant une grande utilité, il a une grande valeur. I

Mais, .si par suite de la découverte de gisements considérables, I

ou simplement parce qu’on aurait trouvé le moyen de les fabri- i

quer à peu de frais, les pierres précieuses devenaient un jour |

aussi abondantes que l’est actuellement le verre, elles perdraient i

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