‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 139 sur 568 · V'. plus haut, n · texte numérisé non relu

V'. plus haut, n

2. Le prix de revient est, en effet, plus ou moins compressible, far l'action de la concurrence, un entrepreneur peut se trouver amené à se contenter, pour la rémunération de son capital fixe, d un faux inférieur au taux normal.

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l’échange, la VALEUR ET LE PRIX

le prix de revient minimum qui tend plus ou moins vite à régler les cours du marché.

Tout autre est la situation lorsqu’il s’agit de marchandises dont les producteurs ne peuvent, par le développement de la production, abaisser à leur gré le prix de revient. C’est le coût de production maximum qui devient alors le prix normal. Le prix courant suppose en effet Téquilibre de l’offre et delà demande sur le marché; il doit donc se fixer de manière à rémunérer la production de toutes les marchandises offertes, puisque toutes sont absorbées par la demande. Il doit, en d’autres termes, être au moins égal au prix de revient des marchandises produites dans les conditions les plus défavorables, au coût de production maximum. Mais le prix courant est, d’autre part, un prix unique au moment où il s’établit sur le marché. C’est donc bien^ dans cette hypothèse, le coût de production maximum qui règle les cours et qui constitue le prix normal.

Et de là résulte que les différents producteurs auront, suivant les circonstances, un taux de profit tout à fait inégal. Ce taux sera réduit au minimum pour les entreprises dont le coût de production sera le plus élevé. Il s’élèvera pour les autres, à mesure que s’abaissera leur prix de revient par rapport au prix de revient maximum, qui constitue le prix normal. On donne le nom de « rente » à cet avantage résultant, pour un eertain nombre de producteurs, du fait que leur coût de production est inférieur au prix normal. L’existence de la rente a été vérifiée par Ricardo à propos de la production agricole. On pourrait, par analogie, voir également une rente dans le profit exceptionnel que, nous l’avons vu, certains producteurs doivent à une situation privilégiée leur permettant de maintenir plus ou moins longtemps leur prix de revient au-dessous du prix courant. Entendue dans cette acception large, la « rente » constituerait le plus ordinaü'ement l’élément essentiel du profit.

321. Fixation des prix en cas de monopole. — Nous avons étudié jusqu’ici les mouvements des prix sous un régime de

Le salaire lui-même peut être plus ou moins réduit, dans les milieux du moins ®ù la forte organisation de la classe ouvrière ne lui permet pas de se défendre efficacement. Les capitaux circulants, matières premières, argent surtout, résistent mieux, grâce à leur mobilité plus grande, à toute tentative de réduire le taux de leur revenu. V'oir plus haut, n® IIS.

DEfXIÈME PARTIE. — CHAPITRE PREMIER

concurrence. Les principes que nous avons dégagés cesseront de s’appliquer au cas de monopole, c’est-à-dire lorsque, légalement ou en fait, la vente d’une catégorie de marchandises se trouvera réservée à une ou à quelques personnes, à l’exclusion de toutes autres. Peu importe, au point de vue spécial qui nous occupe, que ce monopole soit indhiduel ou collectif, public ou 3>rivé, si d’ailleurs aucune restriction n’est apportée à son exercice. En pareil cas, le prix courant ne sera plus réglé par le prix de revient, minimum ou maximum; il pourra même se maintenir fort au-dessus de ce coût de production. Si la demande reste libre, l’offre dépend en effet de la volonté exclusive du monopoleur. IMaître de ne pas vendre, celni-ci sera, en principe, maître de vendre à tel ou tel prix. Nous disons « en principe », car il ne faudrait pas croire qu’au cas de monopole le prix courant échappe à tout régulateur. Seulement, ce n’est plus la concurrence qui fixe le prix normal, c est la volonté éclairée du monopoleur, la conscience de son intérêt bien entendu. Si le monopoleur veut, en effet, maintenir des prix trop élevés, il s’expose à voir se produire une restriction très sensible de la demande. Les consommateurs préféreront s’abstenir ou, par application de la loi de substitution, rechercheront des produits qui puissent, dans une certaine mesure, tenir lieu du produit monopolisé, sans conter aussi cher.

Le monopoleur, bien que maître de l’offre, sera donc obligé de compter avec la demande et, à cause d’elle, devra modérer •SCS prétentions. Son propre intérêt 1 amènera sans doute à ne pas dépasser le prix au-dessus duquel il aurait à craindre de voii’ le surprofit, résultant de la hausse des cours, compensé par une perte résultant de la réduction ^de la demande. Ce prix normal, réalisant pour le monopoleui’ le maximum de bénéfices, pourra n’être pas très éloigné de celui qu’am-ait amené un régime de concurrence. N’empêche que le monopole est en général, pour les consommateurs, une situation bien moins avantageuse que la concm‘rence, puisqu’il n’a pas pour effet, à la différence de celle-ci, de ramener nécessairement le prix courant au niveau des frais de production.

325. A quoi tiennent les variations des prix. — Si la valeur de la monnaie était invariable, les variations des prix traduiraient des variations exactement correspondantes dans les valeurs des diverses marchandises. Mais la monnaie étant elle-

l’échange, la valeur et le prix

même une marchandise, sa valeur est affectée par les causes qui agissent sur toutes les autres valeurs. Sans doute l’intérêt général commande de choisir comme monnaie une marchandise dont la valeur soit aussi peu variable que possible. Si donc on compare les prix d’une marchandise à diverses époques suffisamment rapprochées, on pourra en tirer, avec une exactitude relative, les indications sur les changements survenus dans la valeur même de cette marchandise.

Il en serait tout autrement s’il s’agissait de comparer et d’interpréter des prix se rapportant à des époques très distantes. Il pourrait se faire, en pareil cas, que les variations de ces prix fussent l’indice de changements survenus, non dans la valeur de la marchandise, mais dans la valeur de la monnaie, le plus souvent dans l’une et l’autre de ces valeurs. Il y aurait lieu par suite de vérifier tout d’abord si la monnaie, tout en conservant le même nom, n’aurait pas subi d’une époque à l’autre des altérations de poids et de titre. De plus, lors même que, matériellement, la monnaie fût restée la même, il pourrait se faire que sa valeur, son pouvoir d’échange par rapport à toutes les autres marchandises, se fût modifiée. En un mot, si on veut juger, d’après les changements des prix, des variations siu’venues dans les .valeurs des marchandises, il est nécessaire de déterminer si, et dans quelle mesure, les prix ont pu être influencés par les changements de valeur de la monnaie ellemême.

32U. \ quoi tiennent les variations de la valeur de la monnaie; théorie quantitative. — On admettait généralement autrefois que la valeur de la monnaie était en rapxjort direct avec l’importance du stock monétaire. Si ce stock venait à doubler, les prix devaient s’élever au double, parce que la monnaie, par suite de son abondance, avait perdu la moitié de sa valem’ ; si, à l’inverse, les quantités existantes de la marchandise-monnaie venaient à diminuer de moitié, les prix s’abaissaient dans la même proportion, la raréfaction de l’instrument monétaire ayant eu pour résultat d’en doubler la valem*.

Cette théorie, dite « théorie quantitative », est aujourd’hui très discréditée L Sous sa forme systématique elle est évidem-

1. V. Nogaro, Le rôle de la monnaie dans le commerce inlernalional el la .théorie quantitatiue, 1904; Barrault, Les théories antiquantilatives de la jnonnaie, Revue d'histoire des doctrines économiques, 1910.

Perreau, t. I, 2- éd.

ment inexacte; la quantité de monnaie en circulation peut diminuer, on au"menter, sans qu’il se produise dans les prix une hausse ou une baisse exactement correspondante. Il n’en est pas moins vrai cependant que la valeur de la monnaie dépend, dans une large mesure, de son abondance ou de sa rareté; les faits actuels en fournissent la preuve car c’est à raccroissement du stock monétaire au cours de ces dernières années qu’il faut, croyons-nous, attribuer surtout le relèvement général des prix, bien plutôt qu’à des causes diverses, mauvaises récoltes, lois sociales, grèves, dont l’effet ne saurait atteindre à la fois toutes les branches de la production dans tous les Etats. Mais, dans le stock monétaire dont l’importance peut exercer une action sur les mouvements des prix, rentrent, à côté de la monnaie métallique, les diverses catégories de monnaie fiduciaire, chèque, billet de banque, valeurs mobilières. Et d’autre part, en dehors du facteur quantitatif, il existe d’autrps facteurs susceptibles, dans un sens ou dans l’autre, d’influencer les prix. C’est seiüement sous réserve de ces observations, dont nous allons préciser la portée, qu’il ‘convient de reconnaître à la théorie quantitative une certaine valeur scientifique.

327. 11 faut, avons-nous dit, ajouter aux espèces métalliques, pour constituer le stock monétaire dont l’importance quantitative influence les prix, les succédanés fiduciaires de la monnaie, effets de commerce, billets de banque, valeurs mobilières^. Les effets de commerce, sous la forme de la lettre de change et surtout du chèque, bien que constituant par leur nature des titres de crédit, remplissent une fonction monétaire*. Il en .est de même du billet de banque; celui-ci, lorsqu’il a cours légal, constitue même une véritable monnaie, qui s’ajoute —

1. ImIiuoiuI t u f/raw dawjer monéhnre pour Ms* potfs prêteurs,

Z. V. plus loin, 31111 i‘t 393. i.’iinporlance <lu chèque, et plus généraloment dos comptes tie hauque, virements et compensations, comme succédanés monétaires s*est considérablement accrue an cours de la récente guerre, par suite de la préoccupation des pouvoirs publics, en Angleterre et en Allemagne notamment, de limiter le plus possible le recours aux: émissions de billets de banque. Mais il convient d’observer que la substitution du compte-courant k la monnaie de papier, bien que pouvant avoir • certains avantages appréciables, n’en est pas moins elle-même une cause d’inflation monétaire, devant avoir pour conséquence la hausse des prix,, conformément aux enseignements que fournit la tlicorie quantitative, V. Rist, les finances de guerre de rAllemagne, pp. 160 et suiv.

l’écha.nge, la valeur et le prix

ou, dans une certaine mesure, se substitue — à la monnaie métallique. Quant aux valeurs mobilières, dont beaucoup sont négociables dans les bourses de divers Etats, leur convertibilité en argent leur permet de remplir, ffans les paiements internationaux, nu rôle de plus en plus important.

Ces éléments multijiles, qui s’ajoutent aux métaux précieux pour constituer la masse monétaire totale, sont donc loin d’être négligeables. Si, d’après les calculs de M. Edmond Théry, ou pouvait, avant la guerre, évaluer approximativement à une somme de 12 milliards la monnaie d’or qui se répartissait dans le monde entre les banques d’émission et la circulation publique, les titres négociables en boiu-se représentaient, à côté de ce stock métallique or et de la moimaie d’argent, une valeur supérieure à 900 milliards. De 1902 à 1912, taudis que la valeur de l’or monnayé se serait accrue d’environ ll.TtïO millions» la valeur représentée par les diverses catégories de monnaie* fiduciaires mises en circulation aurait augmeuté de 8.9t'>0 mil- Uons pour les billets de banque, 32 milliards pour les effets de commerce, 17.5 milliards pour les valeurs mobilières b Ce serait donc, — même en laissant de côté le métal blanc qui avait cessé d’être monnaie internationale * — de 230 milliards de francs environ que se serait acerû eu dix ans rensemble des moyens de règlement, et on s’explique aisément qu’il ait pu en résulter une baisse sensible de la valeur monétaire, se traduisant par une hausse générale des prix.

A côté du facteur quantitatif, d’autres cau.ses interviennent, il est vrai, qui sont susceptibles d’influencer les prix soit dans un sens conforme à l’action de ce facteur, soit dans un sens opposé. 11 faut, eu premier lieu, meutioiiiier les changements qui peuvent survenir dans les valeurs des marchandises autres que la monnaie, et dont l’influence peut, suivant les cas, accentuer ou, au contraire, atténuer l’effet du facteur monétaire*. Telle sera encore l’éteudue, essentiellement variable des besoins monétaires. Si, par suite du développement de l’activité commerciale, le besoin de monnaie vient à se faire sentir jilns vivement, l’accroissement du stock monétaire pourra ne pas avoir pour conséqueuce une hausse des prix, la valeur de la monnaie

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