PRODUCTION ET CIRCULATION DE LA MONNAIE
Changements survenus dans la production et dans la valeur des métaux précieux. — Les travaux des statisticiens, notamment de MM. Sœtbeer, de Foville, d’Avenel et Sauer-
1. V. Levasseur. « Lea prix », 1893, « Les i»criodes île l'histoire des firix on France, au xix« et xx« .siècles », dans la Jievue économique inlernalionalef 1910, et « La iijonnaie et la circulation inonè taire en France depuis la Révolution de 1789 », dans la Revue iV Economie politique, 191*2; d’Avenel, ffistaire économique de la prupriélé, des salaires, des tlenrées el des prix; Sœtbct'r, Matériaux pour jacililer V inlellifjence el Vexamen des rapports économiques des métaux précieux et de la question monétaire, Irad. franç., 18S9 : \\ olowski. L*or et l’ argent, 1870; Tb. Haupt, ///.v/oi/’c monétaire de noire temps, iSSG r
DKl XIÈME PAHTIK. — CHAPITRE II
Ijpck ont permis de déterminer, sinon, avec certitude, du moins approximativement, quels furent au cours des siècles les chan- ^'■ements survenus dans la production des métaux précieux, dans les stocks monétaires, dans les prix des diverses marchandises et dans les valeurs relatives de l’or et de l’argent K On croit pouvoir estimer qu’au milieu du deuxième siècle de notre ère la quantité de numéraire en circulation représentait une valeur apiiroximative de 8 à 1> milliards de francs. La plus grande partie d(î ce stock métallique important ne tarda pas à disparaître, à la suite des invasions barbares, ou fut, dans les siècles suivants, exportée en Orient, si biim qu'à la fin du xv« siècle la circulation monétaire, en Europe, ne dépassait guère un milliard. Survint la découverte du Nouveau-Monde; l’exploita" tion des mines du Mexique et du Pérou amena rapidement un afflux considérable de métaux précieux. Dans la seconde moitié du xvi« siècle, leur production moyenne annuelle atteignit une valeur d’environ 100 millions de francs. Cèt accroissement subit du stock monétaü-e eut naturellement pour résultat un relèvement très sensible des prix. Si on prend pour unité la valeur de la monnaie à la fin du xix® siècle, cette valeur qui, au commencement du xvi® siècle était représentée par le chiffre 6 n’est plus que de 2 1/2 en l’an 1600. (pliant au rapport existant entre les valeurs des deux métaux, il est à cette époque de 1 à 12, c’est-à-dire qu’un gramme d’or vaut, à la fin du XVI® siècle, 12 grammes d’argent. Au xvii® siècle, la production représente, poim les deux métaux réunis, une valeur moyenne annuelle d’environ 130 millions de francs : elle s’élève encore, atteint 200 millions et dépasse même sensiblement ce chiffre dans la seconde moitié du xvni® siècle. cette époque, la valeur de la monnaie est, eu égard à sa valem’ actuelle, représentée par le chiffre 3. (Juant au rapport des valeurs des deux métaux, il est de 1 à 14,7 à la fin du xvii® siècle, et, au cours du xviii® siècle, devient successivement 1 à 14,5, puis
Bamberger, Le métal argent à la fin du A'/A’« siècle, trad. franç., 1895; Edmond Théry, La crise, des changes. 1894, et, Conditions de V exploilalion minière au Transvaal, 1909. Au point de vue statistique, v. G. François, Notes et statistiques sur la question monétaire, dans la Revue d' Economie politique, 1896 et surtout la collection du Rapport annuel de l’administration des Monnaies et Médailles.
1. V. également Cauwès. t. II n® 525 et 544, et Colson, livre IV, pp. 452 .et suiv*
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