V. plus loin, n*»** 410 à
DKUXIKME PAHTri?. CHAPITRE U
attribuées à ces deux causes représentent chaque année une valeur moyenne supérieure à un milliard.
Un Etat peut donc, bien que jiratiquant le cours forcé, voir sa situation économique internationale s’améliorer et sa balance des comptes ^ devenir favorable. S’il sait en profiter et pratiquer une politique financière, prudente, il parviendra sans doute à supprimer le cours forcé et à rétablir un régime monétaire normal. Il devra pour cela, non seulement s’abstenir de nouvelles émissions de papier-monnaie, mais retirer peu à peu celui qui circule. En vue de faire face aux demandes de conversion qui suivront la reprise des paiements en espèces, il devra en outre amasser des réserves métalliques importantes. Par des moyens fiscaux il retirera par exemple de la circulation intérieure une partie de l’or qu’y ramènera l’amélioration de la balance des comptes. Il pouiTa encore s’en procurer par des emprunts extérieurs, ou en exigeant le paiement des droits de douane en monnaie métallique. Tmrsqu’il aura ainsi accumulé des réserves suffisantes, il sera en mesure de reprendre la convertibilité en espèces et de retirer de la circulation intérieiire le papier-monnaie qui s’y trouvait en excédent.
372. Observons toutefois que cette opération, dans les cas mêmes où elle paraît appelée à réussir, ne saurait être considérée comme d’une prompte réalisation. Il s’écoule, avant que l’Etat puisse songer à la tenter, une longue période au cours de laquelle, par application de la loi do Gresham, la monnaie métallique continue à s’évader. Lors même que, par l’effet d’uniî série d’empruiîls extérieurs l’or viendrait à aff luer de nouveau dans le pays, le service des arrérages de cette dette s’ajouterait aux échanges internationaux pour amener de nouvelles et régulières sorties d’or. C’est seulement à la condition d’avoir pu, pendant un temps assez long, maintenir en dehors de l’action des emprunts une balance des comptes favorable, grâce à un excédent d’exportations par exemple, qu’un Etat parviendra à compenser les sorties d’or qu’entraîne la déprédation du papier-monnaie. C’est alors seulement que, la prime de l’or se trouvant progressivement réduite, il poiura songer utilement à supprimer le cours forcé.
Cette réforme ne va pas d’ailleurs sans de sérieuses diffi-