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V. Schatz. L'indiviilwilisme économique et social

3. J.-B. Say, né en 17ü7, publia divers ouvrages d’économie politique, notanuncnl un Truité el un Cours complet d' Economie politique. II mourut en 1832. 11 avait été chargé, en 1830, de renseignement nouvellement créé de l’économie politique an Collège de France. V. sur la méthode et la conception scientifique de J.-B. Say, les articles de M. \llix, dans la lieviie d'histoire des doctrines économiques, 1911.

4. J.-B. Say divise l’économie politique en quatre parties : production, distribution, circulation el consommation des richesses. Cette division, appliquée par lui pour la première fois, est devenue classique, bien que diverses critiques lui soient aujourd’hui adressées.

ce est resté traditionnel. J.-B. Say se distingue des disciples anglais d’Adam Smith par une forme volontairement moins abstraite et par une facilité plus grande à admettre des dérogations au principe de non-intervention de l’Etat. La science économique lui doit une théorie nouvelle connue sous le nom de « théorie des débouchés » '.

47. Plus hardi, Bastiat- qui fut surtout un remarquable polémiste se sépare nettement de Eicardo et de Malthus. Il combat les doctrines à tendiiuce pessimiste du premier et atténue dans leur portée celles du second. Par le caractère de sa philo Sophie sociale, toute fondée sur le principe de l’harmonie des intérêts, Bastiat se rattache directement à Adam Smith. Plus que celui-ci, d’ailleurs, il se montre intransigeant dans son hostilité envers l’action de l’Etat relativement aux faits économiques. Il fut un adversaire déterminé du protectionnisme et du socialisme et, à ce double titre, ses écrits ont pendant un demi siècle exercé sur la pensée française une influence qui n’a pas entièrement disparu.

48. Le.s écoles coiileiiiporaines au point de vue des doctrines® L’école libérale. — On peut répartir en trois groupes les écoles contemporaines envisagées au point de vue des doctrines : l’école individualiste ou libérale ; les écoles socialistes ; les écoles éclectiques.

I. — L’école individualiste ou libérale ' se rattache à Adam Smith et aux disciples anglais d’Adam Smith. Aussi l’appellet-on quelquefois l’école anglaise, bien qu’un grand nombre de ses représentants, en France surtout, aient subi très fortement l’influence de Bastiat. Comme ce dernier, les économistes de l’éeole anglaise sont, en général, très hostiles à l’intervention de l’Etat dans l’ordre économique et très portés à considérer comme à peu près intangible le principe du « laisser faire ». Cette foi dans les vertus de la liberté économique et dans la supériorité du régime de libre concurrence justifie le nom d’école libérale, le

1. Sur la théorie des débouchés, v. plus loin n°* 161 et 275.

2. Bastiat. né en 1801, écrivit un grand nombre d’ouvrages, principalement des œuvres de polémique. Le plus connu de ses livres, resté incomplet, porte le titre de y/«r/noni>.s mmo/m*çucs. Bastiat mourut en 1850.

3. V. « Quatre écoles d’économie sociale », conférences données à TUniversité de Genève par MM. Claudio Jannet, Stiegler, Charles Gide, Frédéric Passy, 1890, et Béchanx, Les Ecoles économiques au XX^ siècle, 1902 àl912

A. V. Schatz, L'individualisme économique et social, 1907.

plus généralement employé. Les adversaires de cette école la qualifient aussi quelquefois, en n';>nière de protest-ition sans do'ite ccntr>* l’exclusivisme de certains de ses représentants, d’école orthodoxe.

Les économistes de l’école libérale admettent le postulat d’Adam Smith relatif à l’harmonie des intérêts individuels et de l’intérêt général. Ils croient comme lui en un ordre naturel des faits économiques et à l’existence des lois naturelles régissant ces faits. Ils sont portés par là-même à fonder le progrès social, non sur l’action des pouvoirs publics, dont l’effet serait la plupart du temps de troubler le jeu des lois économiques, mais sur le libre développement de l’activité des individus. Leur doctrine, en ce sens, est essentiellement individualiste. Chaque homme, en travaillant pour ses propres intérêts, sous un régime de libre concurrence, travaille du même coup pour l’intérêt général; par suite, la meilleure manière de réaliser dans la société le maximum de bien économique consistera naturellement à mettre les individus à même de développer leurs aptitudes et leurs facultés. Bien loin de restreindre par une réglementation tyrannique la liberté des hommes vivant en société, il faut rendre cette liberté aussi complète que possible, afin de pouvoir attendre d’elle l’épanouissement complet de la personnalité humaine, condition essentielle du progrès sodal. L’individualisme ainsi entendu ne saurait d’ailleurs être considéré comme une doctrine d’isolement. L’association apparaît comme une des conditions du développement des initiatives individuelles, car les hommes sont plus forts lorsqu’ils s’unissent pour produire. Mais pour être féconde, l’association des individus doit être volontaire et libre. C’est en ce cas seulement qu’elle est un stimulant et un réconfort. Imposée ou réglementée par l’Etat, elle apparaîtrait comme une gêne et un obstacle aux heureux effets des initiatives individuelles.

Bien qu’à leurs yeux l’ordre naturel des sociétés soit, au point de vue économique, fondé sur le principe de liberté des individus, les économistes de l’école libérale ne pouvaient ignorer, ni contester, les injustices et les imperfections de l’état social actuel. Mais, conséquents avec leur principe, ils attribuent ces imperfections à ce fait même que, nulle part, dans aucun groupement politique, la liberté économique n’est complètement respectée. Partout et à toute époque les gouvernements sont intervenus

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