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NOTIONS GÉNÉRALES SUR

l’Économie politique

pour réglementer les conditions de la production, les mouvements des prix, les contrats relatifs à la main-d’œuvre ou au capital, les conditions des échanges entre les nations, et ces multiples réglementations, quelque excellentes que puissent être les intentions dont elles s’inspirent, n’ont en général d’autre effet que de contrarier dans leur fonctionnement naturel les lois économiques et d’amener un grand mal pour un petit bien. Le remède au mal social devrait donc être cherché dans la suppression de toutes ces entraves législatives et réglementaires apportées à la liberté.

On ne conteste aucunement d’ailleurs que la Jliberté économique ait pour conséquence l’inégalité parfois très grande des individus. Mais, dit-on, cette inégalité, bien loin d’être un mal est un phénomène d’ordre naturel qui se manifeste dans tous les domaines, et on ne voit pas pourquoi les hommes, qui sont inégaux au point de vue physique et intellectuel, ne seraient pas inégaux au point de vue économique. Bien plus, l’inégalité économique est la condition même du progrès social, car le désir de la faire disparaître, ou tout au moins de l’atténuer, constitue le stimulant le plus énergique à la production. Si jamais le législateur voulait entreprendre d’établir entre les hommes l’égalité quant à la possession des richesses, il ne le pourrait qu’au détriment des individualités fortes, c’est-à-dire de la société ellemême. La seule égalité qu’il parviendrait sans doute à réaliser dans ce domaine serait l’égalité dans la médiocrité, sinon dans la misère.

Tels sont les caractères essentiels de l’école libérale au point de vue des doctrines. Au point de vue de l’art économique, les écrivains de cette école se montrent plus ou moins hostiles aux mesures diverses par lesquelles se manifeste l’intervention de l’Etat dans l’ordre économique : monopoles publics, réglementation des conditions du travail industriel, restrictions à la liberté de l’émission pour les banques, législation douanière, etc.

Toutes ces mesures leur paraissent plus ou moins dangereuses et condamnables en cela précisément qu’elles portent atteinte au principe du laisser faire. Oet esprit de méfiance à l’égard de l’action des pouvoirs publics comporte d’ailleurs des degrés très divers suivant les auteurs. Il semble, surtout depuis une trentaine d’années, s’être sensiblement atténué, au fond comme dans la forme; et parmi les^économistes libéraux contemporains, on

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n’en trouverait plus beaucoup sans doute qui se refuseraient, comme certains de leurs devanciers, à ne reconnaître à l’Etat dans l’ordre économique d’autre fonction que celle d’assurer la sécurité.

Très nombreux sont les économistes que leurs œuvres rattachent à l’école libérale. N ous pouvons citer notamment en Angleterre, Mac-Culloch Senior * et Cannes; en Suisse, Cherbuliez ®; en France, Dunoyer ■*, Rossi®, Courcelle-Seneuil *, Alfred Jourdan’, de Molinari®, Levasseur, Yves Guyot, Paul Leroy -Beaulieu ®, Maurice Block, Beauregard, (foison ^ ®, Villey ^

49. II. Les écoles socialistes. — Nous disons « les écoles », et non r« école », car le socialisme est loin d’être, chez tous ses représentants, une doctrine uniforme. Toutes les variétés du socialisme ont cependant un trait commun : c’est qu’elles s’attaquent à l’organisation sociale, considérée comme responsable des imperfections d’ordre économique, et qu’elles poursuivent dans une transformation consciente ou spontanée de cette organisation sociale la réalisation d’un idéal de justice et d’égalité* Indhddualisme et socialisme s’opposent nettement l’un à l’autre et quant à leur but, et quant aux moyens de réaliser ce but. L’individualisme est épris de liberté, parce que la liberté lui paraît la condition même de l’effort et de l’initiative, c’est-àdire du développement de la personnalité humaine. Ce qu’il demande aux pouvoirs publics, à l’Etat, ce n’est pas de faire le bonheur des individus, tâche au-dessus de ses forces, mais de les mettre à même de tenter leur propre bonheur en y travaillant librement. Pour les économistes individualistes, une société ne vaut que par les individualités qui la composent. C’est la mise en valeur de ces individualités, créant les supériorités et les élites,

1. .Mac-CiilJoch, Principes d' Economie p<dilique, 4® édition, 1830.

2. Senior, Principes fondamentaux de l'Economie politique^ 1836.

3. Ctierbuliez, Précis de la science éct)nomiquc et de ses principales applications, 1862.

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