‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 182 sur 568 · CHAPITRE ni · texte numérisé non relu

CHAPITRE ni

rîkble, u'iipparaiît qu'au moyeu âge. Les plus anciens échantillons qui nous en sont connus remontent au xii^ siècle. A cette époqui' c’était un avantage considérable, pour les iiaiementij à faire au loin, de pouvoir éviter le transport effectif des espè ces métalliques; on échappait ainsi aux risques d’insécurité, l’ius tard, le développement du commerce, mettant périodisiiiennmt en rapports des commerçants de places différentes, favorisa Tutilisation de la lettre de change. Il y avait des « foires de cl'.ange «. où se liquidaient jiar compensations entre banquiers de nationalités differentes les marchés constatés par les lettres et à l’occasion desquels ces titres avaient été émis. Ainsi s’ex })lique l’exigence, de la part d’un certain nombre de législations, de la « remise de jilace en place » ]>our la régularité de la lettre de change. Ija nécessité ijiie le paiement ait lieu sur une autre place que le lieu d’émission pouvait en effet se justifier lorsque la fonction essentielle, sinon exclusive, de la lettre de change était d’éviter le déplacement de numéraire. Klle n'aurait plus sa raison d’ètre, aujourd’hui que ce titie est en outre devenu un facteur important de crédit. Aussi a-t-elle disparu de nos lois en 1894, et nous n’avons fait d’ailleurs que suivre en cela l’exemple de la plupart des autres Etats.

399. 3° La lettre de change, monnaie commerciale. — La lettre de change peut enfin, entre commerçants, remplir, en concurrence avec le billet à ordre, une troisième fonction, celle d’instrument monétaire, ün commerçant qui achète des marchandises pourra, en paiement de celles-ci, remettre à son vendeur un billet à ordre ou tirer â l’ordre de ce vendeur une lettre de change sur son propre débiteur. Le vendeur, au lieu de porter chez son banquier l’effet reçu, poiu- en obtenir l’escompte, peut de son côté l’offrir en paiement à son propre fournisseur, et ainsi de suite. L’effet circulera donc, grâce à une série d’endossements successifs, jusqu’au jour de l’échéance, où il sera présenté au paiement en espèces. Il aura ainsi, pendant un temps Iilus ou moins long, rempli l’office de monnaie et permis le règlement d’une série de transactions, en évitant aux commer çants qui en ont fait usage de recourir à l’intermédiaire oné reux du banquier.

Il convient d’observer toutefois que, dans l’exercice de cette fonction monétaire, les effets de commerce présentent par rapport à la monnaie métallique et même par rapport au billet de banque, plusieurs causés d’infériorité. Tout d’abord leur

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