plus loin, n
<3e crise il est vrai, ou même simplement dans kvs périodes de tension industrielle où les capitaux se font rares, de nombreux étoblissements de crédit recourent largement aux réserves de la Banque d’émission en lui faisant réescompter leur portefeuille commercial b /
Indépendamment de ses opérations de réescompte, celle-ci pratique d’ailleurs l’escompte direct, et d’autant plus largement que ses succursales sont devenues plus nombreuses. Pour y avoir accès, un industriel ou un commercant n’aura qu’à soumettre à l’acceptation du débiteur tiré l’effet dont il est luimême tireur. La troisième signature pourra être remplacée par mi dépôt de titres ou de marchandises, ce qui permettra d’éviter l’intermédiaire coûteux du banquier local.
409 his. De l’escompte il convient de rapprocher, parmi les opérations de crédit, les « acceptations » et « cautions » de banque. L’acceptation, qui intervient la plupart du temps dans les ra{)ports des banques entre elles, impbque l’engagement, de la part du banquier accepteur, de payer l’effet à l’échéance si cet effet n’était pas payé par le débiteur lui-même. A la différence de l’escompte, l’acceptation n’impose pas au banquier un versement immédiat de fonds, mais elle permet au porteur de l’effet de négocier celui-ci auprès d’une autre banque plus facilement et à des conditions moins onéreuses. L’acceptation doit être distinguée d’ailleurs de la domiciliation », qui indique simplement la banque où la lettre de change devra être présen- • tée à l’échéance, sans imposer au banquier domiciliataire aucune obligation personnelle de paiement. Quant aux « cautions de banque », elles constatent l’engagement, pris par un établissement de crédit, de payer subsidiairement la dette d’autrui. C’est une garantie supplémentaire qui permettra de négocier plus avantageusement l’effet constatant cette dette.
1. I.’irnportancp excoptionnelle <lu rùlo dp banque de rép.seoinpte joué par notre î^rand établissement d’émission s’est révélée d’une manière saisissante à la veille et au cours de la première période de la ffuerre. Par suite des réescom()tes consentis dans le but de ptîrnieltre aux banques de dépôt de faire face aux demandes de retraits dont elles étaient l’objet, la lianque de France a vu son portefeuille commercial s’élever en six jours, — entre le 27 juillet et le août 1914 — de 1 milliard 583 millions à 3 milliards 41 millions de • francs. Ce portefeuille atteignit même, le 1®^ octobre 1914, la somme de 4.471) millions. V. Jean Radouant, Les rapports de la Banque de France et de l'Etat particulièrement pendant la guerre de 1914. thèse, Paris, 1921.
Perrfaii, r. I, 2* éd. 28
4Î0. Principalps opérations dos banquos (suite). — .3<> Opérations do ohango K — Le commerce de change peut avoir pour objet, soit des lingots et monnaies, soit des titres de crédit, particulièrement des lettres de change. Dans le premier cas, il y a change local ou manuel : dans le second cas, il y a’change tiré. Le change local est contemporain de l’origine même des banques. Il est aujourd’hui pratiqué principalement par des intermédiaires spécialisés, auxquels on donne le nom de « changeurs ». Ces intermédiaires réalisent l’achat et la vente des métaux précieux, ainsi que l’échange des monnaies étrangères, métalliques ou de papier, contre la monnaie nationale. Pour les banques ordinaü’es, les opérations de change local ont perdu la plus grande partie de leur importance primitive.
Il en est tout autrement des opérations de change tiré. Ces opérations consistent dans l’achat et la vente des titres de crédit payables à l’étranger, notamment des lettres de change tirées d’un pays sur un autre. Nous avons vu que l’une des fonctions économiques de la lettre de change consiste précisément à faciliter les règlements internationaux, en évitant le déplacement des espèces métalliques. Les personnes qui ont des paiements à effectuer sur une place étrangère recherchent les lettres de change tirées sur cette place, afin de les céder à leurs créanciers étrangers, qui n’auront jilus qu’à en toucher le montant de leurs proxires compatriotes. On évite ainsi les risques et les frais d’un transport de numéraire d’un pays à l’autre. C’est précisément aux banques que revient le soin de faciliter ces moyens de règlement. Le banquier sert d’intermédiaire entre les personnes qui ont des traites à céder et celles qui rech*'rchent ces traites en vue d’en faire la « remise » à leurs créanciers étrangers. .Au cas où les effets de commerce tirés sur une place étrangère sont en quantité insuffisante pour répondre aux demandes de remises, le banquier s’en procure sur d’autres xdafcs mieux approvisionnées, en recourant à l’arbitrage
Dans la pratique, lorsqu’un banquier achète des traites paya-
1. Sur les opérations de change, v. (ioschen. Théorie de^ changes étrangers, traduction de Léon Say, 1892; Edmond Tliéry, La crise des changes; |»aiil lîebouil, Essai sur les changes étrangers, 1900; Nogaro, Le rôle île la monnaie dans le commerce international ; Favre, Les changes dépréciés, 190tî; Ansiatix, Principe de la politique régulqrisatricc des changes, 1910; René 'l'héry, Hap~ ports sur les changes avariés et les règlements extérieurs, 1912; Jaccpies Pallain. Les changes étrangers et les prix, 1900.