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CHAPITRE III

du cliuu,i?e dans leur Rnlletin, à côté des cours de lu Bourse, n’c.st d’ailleurs une chose fort compliquée que cette cotation du cours du chanjïP, d’autant plus que les bases sur lesquelles on l'opère sont très différentes suivant les Eltats h En Ph-ance, la cote du change « donne l'incertain », c’est-à-dire que l’on prend pour unité de change, pour « devise », une valeur déterminée en monnaie étrangère, une livre sterling, 100 roubles par exemple, et que l’on détermine combien, au cours du jour cette unité représente en monnaie nationale, 25 fr. 23, 205 fr., ]>ar exemple, quotité naturellement variable et incertaine. Dans d’autres Etats, le change if donne le certain », c’est-àdire qu’il indique combien, au cours du jour, il faut de monnaie étrangère, en francs, livres sterling, roubles, etc., pour obtenir une certaine unité de monnaie nationale. C’est ici la monnaie étrangère qui constitue 1’ '< incertain ».

Cette double manière d’exprimer les cours du change est pour le langage économique, une sôurce de très grandes difficultés. Ainsi, on dira en France que le cours est bas lorsque le prix de la monnaie étrangère en monnaie nationale est audessous du pair (25 fr. 15 pour la livre sterling, au lieu de 25 fr. 22) et, au contraire, qu’il y a hausse du change lorsque la traite d’une livre sterling se vend à Paris au-dessus du pair (25 fr. 30 par exemple). Au Brésil, il y aura au contraire hausse du change lorsque l’unité en monnaie nationale permettra d'acquérir une plus grande quantité de monnaie étrangère, et baisse du change dans le cas inv'erse.

Autre conséquence : lorsqu’en France et dans les Etats qui, pour la cote du change, suivent le même système, le cours est au-dessous du pair, on dit que le change est favorable, car il va permettre aux débiteurs nationaux de se libérer à meilleur compte vis-à-vis des créanciers étrangers, puisqu'ils paieront les traites au-dessous de leur valeur nominale. La hausse du change constitue, à l’inverse, un change défavorable, piiisqui', pour se libérer vis-à-vis d’une place étrangère les débiteurs devront payer plus que le montant de leur dette, le prix des traites étant supérieur à leur valeur nominale. Pour les Etats qui, dans la cotation du change donnent le certain, le change favorable est au contraire le change au-dessus du pair,

1. \'. aotainment les tableaux régulièrement publiés par V füconomisle européen.

LE CRÉDIT

[luisqu'il indique une plus grande puissance d’achat de la monnaie nationale; et le change est défavorable lorsque étant bas, il oblige les débiteurs nationaux à verser une quantité plus considérable de monnaie nationale pour- se procurer des instrument' de libération payable^ eu monnaie étr.angère.

412. Les causes qui agissent sur le change. — On peut ramener à deux irrincipales les causes qui agissent sur le cours du change dans un pays. Ce sont : d’une part, la situation écomique de ce pays, caractérisée par l’état de sa balance des règlements extérieurs: d’autre part, son régime -monétaire.

1° En ce qui concerne l’influence exercée sur le change par la balance des règlements extérieurs ou « balance des comptes », il suffit d’observer que le cours du change s’élève lorsque les j

traites sont rares, et s’abaisse lorsqu’elles sont abondantes. • 1

Or, quand le papier de commerce n’existe pas en qualité suffi- ]

santé pour répondre aux demandes de remises, n’est-ce pas précisément parce que le pays est plus débiteur de l’étranger qu’il n'en est créancier ? Et si, à l’inverse, les débiteurs nationaux se procurent facilement des remises, u’est-cc pas parce que le pays a sur l’étranger plus de recouvrements à effectuer |

que de paiements à lui faire? En d’autres termes, le cours du ^

change s’élève lorsque la balance des comptes est défavorable, t

lorsque le pays est plus débiteiu que créancier de l’étranger. ,3

Il s’abaisse lorsque le pays est plus créancier que débiteur, lors- I

<]ue la balance des règlements extérieurs est favorable. A une ;

balance défavorable correspond un change défavorable; à une ]

balance favorable, un change favorable. 'î

Il ne faut pas d’ailleurs, comme on le fait parfois, confondre j

la balance des comptes avec la balance du commerce. Celle-ci ’-l

i^st susceptible, sans doute, d’exercer sur le cours du change une influence très sensible. Un excédent d'importations a pour résultat de constituer le pays débiteur; un excédent d’expor- ' j

tâtions le rend à l’inverse créancier de l’étranger. Mais la balance ^

commerciale n’est qu’un des éléments de la balance des comptes, |

et son action sm’ le change peut être contrariée par celle de ]

tlivers autres facteius. Tels seront notamment les placements ^

de capitaux faits par de^ nationaux à l’étranger, ou, à l’inverse j

par des étrangers dans le pays, les dépenses des voyageurs |

étrangers dans le pays et celles des nationaux au dehors, les j

envois de fonds opérés par des émigrants dans leur patrie 3

438 i)i-:uxiÈMK PAirriF. — rfiM'iTnE iii

d'origine, ou, inversement, l’exportation de capitaux par des étrangers immigrés, les créances résultant de travaux industriels ou des transports de marchandises effectués pour le compte de clients étrangers. A l’occasion de tous ces faits, un pays peut, suivant les cas, devenir créancier ou débiteur d’autres pays.' Ces divers éléments rentrent dans la balance des comptes, au même titre que les exportations et importations. Leur influence, sur le change peut, non seulement neutraliser celle de la balance commerciale, mais devenir prépondérante.

Ainsi. l’Angleterre et la France qui, ordinairement, ont un chiffre d’importations sensiblement supérieur à celui de leurs ÿ exportations, n’en avaient pas moins avant la guerre une

’ balance des comptes favorable et qui se traduisait par un

change assez bas. Pour l’Angleterre, ce résultat était dû, en ? ' partie, à son fret maritime et au développement de ses chantiers

[ de constructions navales, qui la rendaient créancière de l’étran-

^ ger. Il était dû également, ainsi que pom- la France, à l’impor-

tance considérable de ses placements extérieurs, qui, sous forme de valeurs mobilières dans les portefeuilles des nationaux amenaient chaque année des rentrées d’or atteignant plusieurs milliards de francs. De même, l’Itulie, dont la balance commerciale est débitrice, se trouvait avoir en fin de compte une balance des règlements extérieurs favorable, ou tout au moins en équilibre, grâce aux dépenses que faisaient sur son sol les voyageurs étrangers et aux capitaux expédiés annuellement par ses nationaux émigrés.

Il peut se faire, à l’inverse, qu’il y ait hausse du change malgré une balance commerciale créditrice, si le pays est fortement débiteur à raison des arrérages de capitaux reçus de l’étranger. Il en serait de même au cas d’une indemnité de guerre ? qui rendrait la balance des comptes débitrice d’une somme

supérieure à l’excédent favorable de la balance commerciale. ' ‘ Dans ces divers cas, le papier tiré sur l’étranger se trouvant

I en quantité insuffisante pour répondre aux besoins de remises,

son cours s’élèverait. C’est ce qui s’est produit en France après la guerre de 1870. La plus grande partie de la rançon de 6 milliards ayant été payée à l’Allemagne au moyen de remises sur ■ • diverses places, le prix de ces effets s’éleva, et, pendant quelque

temps, le change de la livre sterling resta sensiblement supérieur au pair.

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