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PRÉFACE DE LA 1 ÉDITION

Le décret du août 1905, -‘U portant à deux années l’enseignement de l’économie ) (ditique dans le cycle de la licence, a permis à un grand ir mbre de professeurs des facultés de droit d’accentuer le caractère réaliste de leurs cours et d’accorder à l’étude concrète des phénomènes économiques contemporains la place importante (pi’elle mérite et qui, autrefois, lui était troji souvent refusée. Jusqu’à présent, néanmoins, les ouvrages didactic|ues n’ont pas sensiblement marqué la même tendance, et - — si l’on met à part le remarquable traité de mon éminent collègue, M. Paul Gauwès, dont la dernière édition remonte à plus de vingt années — la plupart des livres d’enseignement économique, quels que soient à d’autres points de vue les mérites très distingués de certains d’entre eux, ne consacrent aux faits positifs que des développements assez brefs. Cela ne va pas sans embarrasser })arfois les étudiants, obligés, pour la complète préparation de leurs examens, à des recherches difficiles dans des documents épars et conij)lexes. C’est eh grande partie pour faciliter leur tâche, en leur fournissant un nouvel instrument de travail, que j’ai entrepris la publication de ce Cours.

Il s’adresse principalement, ainsi que je viens de le dire, aux étudiants de première et seconde années de licence. A leur intention, chacun des deux volumes qui doivent composer l’ouvrage correspondra par suite à l’enseignement d’une année

1. A défaut de programme officiel, la répartition des matières entre les deux années d’enseignement a été effectuée conformément à la tradition suivie à 1» Faculté de droit de Paris.

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■ Toutefois, par l’étendue des développements consacrés à l’exposé des questions capitales, par les indications statistiques rapportées à leur propos, par des références bibliographiques nombreuses, il pourra sans doute être utile dans quelque mesure aux aspirants au doctorat, soit pour la révision des matières d’ordre général, dont la connaissance est exigée en dehors des sujets traités dans les cours spéciaux, soit pour les premières études relatives à la préparation de leur thèse.

l'eut-être intéressera-t-il également (jiielques lecteurs n’a ;ant pas de préoccupations scolaires, mais désireux d’appi écier l’œuvre économique accomplie ou projei ée par le législateur, et soucieux de se former une opinion raisonnée sur certains grands problèmes d’actualité

La méthode dont je me suis inspiré est nettement réaliste. L’économie politique, science sociale, science humaine au premier chef, ne saurait, à mon sens, reposer sur des spéculations purement abstraites, ni faire un usage principal de la déduction; elle ne peut présenter d’intérêt, son étude n’a d’utilité, que si elle se fonde toujours sur l’observation positive.

Ola ne veut pas dire, certes, qu’il faille se contenter d’enregistrer et de cataloguer les phénomènes, sans essayer d’en discerner les causes ou d’en dégager les effets ; une semblable conception serait peu scientifique. Le but que se propose l’économiste est précisément d’interpréter ce que la vie des sociétés lui révèle ; il ne doit donc pas rejeter systématiquement les doctrines. Ce qu’il faut seulement, c’est qu’il ne leur reconnaisse qu’une valeur relative, et ne les accepte que dans la mesure où elles fournissent une explication plausible des faits, aussi longtemps seulement qu’elles ne sont pas contredites par ceux-ci. Peut-être doit-il également se souvenir que les explications les meilleures sont ordinairement les plus simples et les plus claires, celles qui sont conformes aux données du bon sens naturel, et qu’il est périlleux de

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mesurer la valeur scientifique d’une théorie à son degré de complexité ou d’obscurité.

M 'inspirant de ces principes, je n’ai pas manqué, à l’occasion de chacune des questions étudiées, de rapporter les controverses doctrinales qui s’élèvent, mais en m’efforçant, avant de prendre parti, de les éclairer à la lumière des faits notamment par l’emploi de la statistique. Une telle façon d’opérer devait nécessairement me conduire, et m’a conduit, en effet, à des solutions éclectiques, presque toujours éloignées des conceptions théoriques extrêmes.

Le plan que je me suis tracé répond aux mêmes préoccupations de réalisme et de simplicité. Pour les grandes divisions de l’ouvrage, je rn’en suis tenu au cadre proposé par J. -B. Say, le considérant comme le plus logique et le moins arbitraire qui ait été, jusqu à ce jour, mis en œuvre. Le premier volume est donc consacré à la production et à une partie de la circulation (échange, valeur, monnaie, crédit) ; dans le second volume, avec la fii> de la circulation (transports, commerce intérieur et extérieur) seront traitées les questions se rattachant à la répartition el à la consommation.

Mais, avant d aborder ces diverses matières, j’ai cru devoir grouper, en un chapitre préliminaire, toutes les notions que je considère comme essentielles à l’intelligence de l’économie politique : notion des lois économiques, questions de méthode, rôle de l’expérimentation et de la statistique, résumé des doctrines fondamentales, terminologie. Certaines de ces notions pourront faire, au cours du livre, l’objet de nouveaux développements : leur importance primordiale m’a néanmoins paru justifier une introduction générale qui, je l’espère, facilitera aux débutants l’accès de la science économique.

A ])ropos de chaque matière, j’ai indiqué les réféi-ences aux ouvrages les plus importants, écrits ou traduits en langue française. Je n’ai pas cherché à dresser une bibliogra-

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phie étendue I j’ai voulu seulement permettre aux étudiants désireux d’approfondir une question de trouver sans peine le livre ou l’article fondamental. Dans mes citations, je n’ai pas craint, en effet, de faire figurer un grand nombre <1 études, parmi les jilus récentes publiées dans les revuqg spéciales, et i ai cru devoir mentionner aussi certaines de nos thèses de doctorat ((ui, pour être des travaux d étudiants, n en ont j)as moins, (juebfuefois, une réelle et sérieuse valeur scientifi<{ue.

(Quant aux nombreux éléments statistiques utilisés dans cet ouvrage, et que j’ai |)uisés, soit dans les documents officiels, soit dans des jniblications très autorisées j’en ai })res- <{ue toujours indiqué la source précise, afin de permettre au lecteur de compléter lui-même, le cas échéant, sa documentation.

il me reste, en terminant, à remercier d une manière toute spéciale un de mes anciens élèves, déjà connu par d excellents travaux, M. Kené Théry, docteur en droit, qui a bien voulu relire de très près le manuscrit, et dont la critique avisée m’a été sur plus d’un point profitable.

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