‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 3 sur 568 · NATDRE ET OBJET DE L’ÉC0N0MIE:P0LITIQÜE · texte numérisé non relu

NATDRE ET OBJET DE L’ÉC0N0MIE:P0LITIQÜE

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1. Critique de quelques définitions de réeuiiumie politique. — Il paraît difficile de donner, en une formule qui soit à la fois suffisaiument brève et précise et suffisamment explicite, une définition satisfaisante de l’économie politique. On dit fréquemment que celle-ci est la « science de la richesse ». Définir ainsi l’économie politique, c’est méconnaître sa nature et sou véritable objet. A la différence des sciences phy.siques et naturelles, qui étudient en eux-mêmes et pour eux-mêmes certains ordres de phénomènes, l’électricité par exemple ou les caractères des corps organisés, l’économie politique ne s’occupe de la richesse qu’en fonction de l’homme, à raison de l’aptitude qu’elle présente à satisfaire les besoins humains. L’objet principal, essentiel de l’économie politique, ce n’est pas l’étude de la richesse, c’est l’étude de l’homme lui-même, envisagé dau»

1. V. r.auwès, Cours d' Economie polilique, 3® édition, IB93, introduction; Paul Leroy-Beaulieu, Traité théorique et pratique d' Economie politique, partie, Maurice Block, Les progrès de la science économique depuis Adam Smith, édition, 1896.

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tes rapports avec la richesse, en tant qu’il la produit ou qu’il la consomme, en tant que cette richesse circule parmi les hommes ou se répartit entre eux.

2. Une autre définition, qui fait de l’économie politique la « science des échanges », n’est pas plus satisfaisante. Observons tout d’abord qu’elle se ramène en dernière analvse à la précédente. La notion d’échange implique en effet le plus souvent la notion de richesse, car les richesses sont l’objet principal des échanges :dire que l’économie politique est la science des échanges revient donc indirectement à dire qu’elle est la science de la richesse. Cette définition mérite encore d’autres critiques. Elle pourrait, dans une certaine mesure, s’appliquer au droit aussi légitimement qu’à l’économie politique. Le droit réglemente les échanges sous leurs formes multii^les, vente, louage, société, contrat de travail, échanges de richesses et échanges de services; autant que l’économie politique il pourrait, à certains points de vue, être qualifié la science des échanges. En dehors de l’échange, il est enfin d’autres manifestations de la vie économique. L’acte de production accompli par Robinson dans son île, le fait individuel de la consommation d’une richesse n’impliquent à aucun degré l’échange; ils relèvent cependant et incontestablement de l’économie politique.

3. On propose encore de définir l’économie politique « la science de l’utile ». Cette définition pourrait être acceptée plus facilement que les précédentes; elle n’est jjas inexacte, mais ses termes nécessitent une explication et sa portée a besoin d’être précisée. L’expression « utilité » n’a pas en effet, dans la langue économique, la même signification que dans la langue usuelle^. Une chose utile, c’est pour un économiste toute chose de nature à satisfaire un besoin, et par besoin il faut entendre tout désir de l’homme, quelle qu’en puisse être d’ailleurs la nature, 1 intensité ou la moralité. De telle sorte qu’une chose utile pour l’économiste, parce que désirable et désirée, pourrait être con,sidérée par la masse des autres hommes à raison de la lignification ordinaire des mots, comme une chose nuisible. C est seulement à la condition d’entendre ainsi que nous venons de le faii’e la notion d’ « utilité » que l’on peut définir l’économie politique « la science de l’utile ». Or on saurait difficilement

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