René Théry, op. cit
LE CRÉDIT
par une politique financière imprudente, le rétablis.sement d un régime monétaire normal L
420. Principales opérations des banques (suite). — 4“ Opéra- .tioiis de comniissioii et de crédit mobilier. — Les banques contribuent à la création et au développement des grandes entreprises collectives en se chargeant de répandre leurs titres dans le publie. Elles peuvent jouer le même rôle à l’égard des Etats qui veulent contracter des emprunts Tantôt la banque sert simplement d’intermédiaire, en recevant les souscriptions à ses guichets, et perçoit pour ce service une rémunération convenue d’avance. Il y a, dans ces cas, opération de commission. Tantôt le rôle de la banque est plus actif. Elle prend elle-même l’initiative de l’entreprise à fonder, ou du moins fournit une partie plus ou moins importante du capital de fondation et devient propriétaire d'une quantité plus ou moins considérable . •de titres, se proposant de les céder peu à peu au public, à mesure que leur cours s’élèvera. Son bénéfice consistera précisément dans cet écart aléatoire entre le cours d’émission et celui de revente. Il y a, dans ce cas, opération de crédit mobilier.
En offrant ainsi aux capitaux en voie de formation des perspectives d’emplois rémunérateurs et en vulgarisant les valeurs mobilières, les banques ont puissamment contribué au développement de la richesse générale. A certains points de vue, cependant, leur influence semble n’avoir pas toujours été bienfaisante. On a pu leur imputer une assez large part de responsabilité dans diverses catastrophes financières. On leur a aussi reproché parfois, en ï’rance notamment, de donner à l’épargne nationale Tiue orientation fâcheuse en la détournant d’entreprises qui auraient pu être créées dans le pa.ys, pour la diriger, d’une manière trop exclusive, vers des placements extérieurs. Il n’est pas mauvais assurément, nous l’avons vu à propos du change, qu’un Etat devienne créancier, pour des sommes importantes, des autres Etats. Il convient cependant qu’une grande partie, sinon la plus grande, des capitaux qui se forment dans un pays, puisse être consacrée de préférence à développer ses forces productives, plutôt qu’à alimenter des entreprises de nationalité •étrangère.