‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 202 sur 568 · y. loin · texte numérisé non relu

y. loin

Pkrkeao, I, éd. 21»

•450 DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE irr

421. Divers aspects de la concentration dans le commerce de banque. Sociétés de crédit et banques locales ^ — La concentration, qui s’est manifestée dans le commerce de banque comme dans la plupart des autres branches de la production, a, dans divers pays, amené la formation de grands établissements disposant de capitaux considérables.

En France, cinq grandes sociétés de crédit (Crédit Lyonnais, Société générale, Comptoir d’escompte. Crédit industriel et commercial. Banque nationale de crédit) possèdent au 31 décembre 1920 un capital total, y compris les réserves, de 2 milliards de francs. Les dé])ôts à vue et comptes courants créditeurs dépassent 15 milliards 1 12, chiffre auquel il faut ajouter 320 millions de dépôts à ternie. L’encaisse et les fonds en banque dépassent 2 milliards, le portefeuille d’eflets (y compris les bons de la défense nationale) représente 10.660 millions; les avances et reports, 1 milliard; les comptes courants débiteurs 3.688 millions; le portefeuille valeurs et participations 197 millions

En Angleterre, pour 47 grandes banques par actions, le capital versé atteint, en 1920, 93 millions de livres sterling, avec des fonds de réserve s’élevant à 71 millions. L’encaisseest de 440 millions de livres sterling, les dépôts et comptes

1. V. Neymarck, Finances conlemporaineSf 1902-1911; comte de Saint Maurice, Histoire générale des sociétés de crédit en Franccy 1911; Sayoux, L 's banques de dépôt, les banques de crédit et les sociétés financières, 1902; Eilmond Théry, Les progrès économiques de la France, 1908, et la préface de M. Gauwès; Domergue, La question des sociétés de crédit en France, 1909; Becqué, V Inter nationalisation des capitaux, 1912; Depitre, Le mouvement de concentration dans les banques allemandes, 1906; Diourilch, IJ Expansion des banques allemandes à l'étranger, 1909; Mayer,. Le marché de Londres,, envisagé spécialement au point de vue de l'émission des valeurs mobilières,. thèse, 1913; André Théry, Les grands établissements de crédit français avant, pendant et après la guerre, thèse, Paris, 192U

V. également la querelle de Lysis (Contre Toligarchie financière en France,, dans la Revue) et de Testis (La vérité sur les propos de Lysis, le rôle des établissements de crédit en France, dans la Revue politique et parlementaire, 1907); les exposés de M. Lucien Brocard, dans le- Bulletin de la Fédération des industriels et des commerçants français, et les articlesde MM. Fernand Faure, Le mpuvenient international des capitaux, danis la Revue économique internationale, 1911; Lescure, La puissance d’éparsrne de la France et les placements étrangers, *ians la Revue politique et parlementaire, 1912; Raffalovitch,. Le sylème de bamjue en Angleterre, dans le Journal des Economistes, 1911; Baréty, L’évolution des banques locales en France et en Allemagne, dans la Revue économique internationale, 1908; Bottger,. Les banques allemandes dans la Revue économique internationale, 1912.

2. <-es chiffres, et ceux qui suivent, sont empruntés aux statistiques de- V Economiste européen.

LE CRÉDIT

courants dépassent 2 milliards 1 /2 de livres sterling, les escomptes et avances s’élèvent à environ 1.600 millions. Le nombre des banques ne cesse de se réduire, par suite des fusions qui s’opèrent entre elles.

En Allemagne, les huit grandes banques berlinoises, qui ont créé jilusieurs centaines de succursales, jiossèdent eu 1920 un capital total, y compris les réserves, supérieur à 2.500 millions de marks; leur encaisse s’élève à 4.300 millions de marks, leur portefeuille d’effets, à 37.200 millions de marks, leurs reports et avances sur titres, à 1.500 millions de marks, les avances sur marchandises, à 545 millions de marks, le portefeuille valeurs mobilières, y compris les fonds publics, à 670 millions de marks.

422. A ce mouvement de concentration a correspondu, dans les opérations et les procédés du commerce de banque, une évolution qui ne s’est pas opérée de la même manière dans tous

les Etats. ^

En Angleterre, un grand nombre de banques sont restées

spécialisées; ce sont des banqïies de dépôts, qui, grâce à la pratique des comptes courants et des compensations, suppléent à l’insuffisance de la cii’culation monétaire. D’autres catégories de banques s’occupent des opérations d’escompte, de change ou de placement mobilier^.

En France, au contraire, les grandes sociétés de crédit ne se sont pas spécialisées dans l’accomplissement de telle ou telle opération particulière. Elles reçoivent des dépôts de fonds et de titres, consentent des avances de diverse nature, notamment des escomptes, effectuent dans l’intérêt de leurs déposants des opérations de caisse, paiements, virements, rVouvrements, se chargent de toucher les coupons des valeurs mobilières confiées à leur garde, de vérifier les tirages financiers, de faire exécuter en bourse les ordres d’achat et de vente. Elles sont ainsi ame-

nées à conseiller et à diriger leur nombreuse clientèle dans le placement de ses capitaux disponibles, et à joindre à leurs autres opérations des opérations financières parfois très rémunératrices. A ces divers points de vue, les grandes sociétés de crédit françaises, grâce à l’importance de leurs capitaux et à leur organisation méthodique, grâce aussi au perfecHonneniHiit de leurs procédés d’information et à l’activité de leurs déman cheurs, ont fait aux petits et moyens établissements de crédi

l. V. Jacqnos D. Mayer, Le marché de Londres, thèse, 1913.

4it-

une concurrence difficile à soutenir, et dont la conséquence a été, pendant longtemps^ de réduire sensiblement le nombre , des petites banques locales. Elles ont, par là, suscité une bosti

lité assez vive et provoqué divers griefs, notamment, nous l’avons vu, celui de détourner vers des placements en valeurs ■ étrangères une part trop importante des capitaux de leur clientèle.

X En Allemagne, plus encore qu’en France, la concentration

bancaire a amené un élargissement du champ d’activité des établissements de crédit. Les grandes banques allemandes sont des banques à tout faire. En dehors des opérations ordinaires, que pratiquent les grandes sociétés françaises de crédit, elles , alimentent de leurs capitaux la grande et la moyenne industrie.

et, par leurs participations financières, contribuent à l’expansion du commerce allemand à l’extérieur 2.

Quelque opinion que l'on ait sur ce point, il serait injuste d’ailleurs de méconnaître l’importance des services rendus au public par les grands établissements de crédit. Grâce à l’emploi ; des fonds de dépôts, ils ont contribué à réduire sensiblement

le taux de l’escompte et à dévelopiier le crédit commercial; ils ont en outre répandu dans leur clientèle le goût des placements en valeurs mobilières et, par là, donné à l’épargne un précieux stimulant.

423. Tl est cependant certaines natures d’opérations pour lesquelles les grandes sociétés de crédit ne sauraient que très imparfaitement remplacer les banques locales et régionales; nous voulons parler de la eommaudite industrielle, et, plus généralement, des opérations d’avances à long terme. Le banquier local, qui travaille soit exclusivement avec sa fortune personnelle, soit du moins avec des capitaux empruntés pour une longue durée, peut consentir aux entreprises industrielles et commerciales de la région un c.rédit prolongé. Il connaît ces entreprises pour avoir, la plupart du temps, aidé à leur création; il peut suivre leur développement, surveiller de près , leur gestion : rien ne l’empêche, au surplus, de prendre des garan-

ties réelles, sous la forme d’hypothèques par exemple. Il est ainsi amené, non seulement à escompter leur papier, mais.

ï. V. la aolft sous lo n® 424.

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