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LE CREDIT
«onclUTence à réduire au minimum leurs exigences. Ainsi s’explique l’essor agricole de l’Ecosse, à une époque on le crédit û l’agriculture n’était eii(*ore pratiqué dans aucun autre pays. Ainsi s’explique également, au moins pour partie, le très remarquable développement économique contemporain des Etats- Unis. Et l’on ajoute qu’il y aurait, de la part de l’Etat, injustice à concéder à un seul établissement de crédit, ou même à quelques uns seulement à l’exclusion des autres, le droit d’émission qui, au point de vue de leurs opérations productives, leur assurerait une incontestable supériorité.
(’e dernier argument comporte une facile réponse. Quoi qu’on Ldi dise, le billet de banque n’est pas un titre de crédit comme les autres, puisque, soit en fait, soit même en droit, il est appelé normalement à remplir la fonction monétaire b L’émission des billets ne saurait donc être considérée par les banques comme une opér.ation ordinaire, rentrant dans leur fonctionnement normal, sans que l’Etat puisse avoir à intervenir à son sujet.' Tl appartient au contraire à l’Etat, en s’inspirant de l’intérêt général, de déterminer à quels établissements de crédit, banque unique, banques privilégiées ou banques simplement réglementées. il convient de concéder le droit d’émission. En fait, nous avons vu par l’exemple de la Banque de France que l’Etat sait fort bien, dans son intérêt propre, fmre payer le monopole qu’il octroie à tel ou tel établissement. Quant à l’intérêt du public, et particulièrement des industriels et commerçants, «st-il vrai, comme on le soutient, que le principe de la pluralité de.s banques d’émission soit- supérieur à celui de l’unité? Une ban (J lie unique, a-t-on dit, sera moins portée à répandre le crédit en multipliant ses succursales, ce qui entraîne en effet des frais élevés, pas toujours en rapport avec le rendement probable. Echappant d’autre part à la concurrence, elle n’aura pas intérêt à abaisser son taux d’escompte sensiblement audessous du taux pratiqué par les banques qui ne bénéficient pas, comme elle, du droit d’émission. L’objection n’est pas sans portée; qu.elle part de vérité convient-il de lui reconnaître? En ce qui concerne tout d’abord la vulgarisation du crédit, nous pouvons observer qu’il dépend de l’Etat, dans une large mesure, de l’assurer en imposant à la Banque investie d’un monopole exclusif d’émission, comme condition de l’octroi ou