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les conditions des prêts sur gages consentis à la partie la moins fortunée de sa clientèle.
451. D) Les bam|ues cooperatives : populaires, agricoles^ et maritimes. — Si nous ne séparons pas, pour les étudier isolément, les établissements qui se spéciaUsent dans la pratique du crédit populaire et ceux qui se proposent de réaliser spécialement des opérations de crédit agricole ou maritime, c’est (lue les uns et les autres revêtent le plus souvent la même forme économique, et c’est en outre que, fréquemment, les banques populaires sont en même temps, dans une mesure plus ou moins
large, banques agricoles ou maritimes.
Les banques populaires sont celles qui s'adressent plus spécialement à la petite industrie et au petit commerce, aux artisans aux ouvriers même, et dont la fonction économique consiste à assurer à cette clientèle, très intéressante, mais peu fortunée, le crédit nécessaire pour lui permettre de travailler et de prodiüre, crédit qu’elle ne trouverait que difficilement et chèrement auprès des banques ordinaires, parce qu’elle n est pas en mesure d’offrir à ceffes-ci des garanties suffisantes. Pour cette dernière raison précisément, le crédit populaire tend a revêtir de préférence la forme d’un crédit mutuel ou coopératit. Si l’artisan ou le boutiquier ne peut, isolément, se procurer à bon compte les capitaux qu’exige la marche de ses affaires, il triomphera de cette difficulté en s’associant à d’autres, afin d’offrir aux prêteurs la garantie de leurs ressources communes et de leur responsabilité collective. Chacun des associés obtiendra de la société, c’est-à-dire des autres associés, le crédit qui Im est nécessaire; on peut dire, en ce sens, qu’il y a mutualité. Mais comme, d’autre part, les capitaux propres de tous les associes ne suffiraient sans doute pas, même réunis, à satisfaire les demandes de crédit, la société empruntera une grande partie du capital qu’elle prête à ses membres ; elle rentre par smte dans la forme d’entreprise que nous avons précédemment désignée sous le nom de société coojiérative de crédit.
L’application la plus connue en a été faite en Allemagne, après 1850, sur l’initiative de Schultze-Delitzch. Tout associe doit avoii- souscrit au moins une action, dont le montant est
l. V. Gide, Economie sociale, 4« édition.
.2. V. plus haut, n® 132.
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assez élevé (1.000 marks). On permet toutefois au sotiscripteur de se libtu'er par acomptes successifs; ainsi, l’institiition ne joue pas seulement le l’ôle de bamjue, mais aussi de caisse d épargne. Au capital social et aux réserves s’ajoutent les fonds d’emprunt. La société reçoit en effet des dé])6ts, à la sûreté desquels elle affecte, indépendamment de sa fortuta* propre, rengagement solidaire de Ions ses membre.s. Elle prête à un taux d’intérêt elevé, 8 à 9 %, mais cela lui permet de servir à ceux de ses actionnaires qui n'ont pas recours au crédit des dividendes rémunérateui*s, et de stimuler ainsi leur prévoyam'c. Ceux-là mêmes qui ont emprunté, retrouveront sous cet te forme du dividende-actions une partie de rintérêt qu’ils auront payé. Néanmoins, si, en tant qu’institutions d’épargne, les sociétés Schultze-Delitzsch paraisvsent a\ oir brillamment réussi, leur succès en tant que banques populaires ira pas été aussi grand. Leur clientèle fort importante d’emprunteurs est composée principalement de moyens patrons et de propriétaires-agricuiteurs; les ouvriers et meme les artisans, qui leur confient leujs épargnés, iont rarement apiiel à un crédit aussi onéreux. Sur un total de 17.. >00 associations de crédit que révèlent les statistiques allemandes a la lin de 1910, il semble (|u'un peu plus d’un millier seulement se rattachent au type Schultze-J >elitzsch. Mais ces banques, qui groupent environ 000.000 associés, disposent, tant à titre de capital propre que <le eaj^ital d’emprunt, de plus de 1.500 millions de francs, et réalisent des ]>rêts pour une somme supérieure à I milliards.
Les banques populaires sont aussi très répandues en Ilali(‘. Dans les ]>ays anglo-saxons, elles ont revêtu le caractère s]>éeial de sociétés eoojK>ratives de construction, consentant à leurs associes les avances nécessaü*es pour leur permettre de se construire mie maison, et affectant à la sûreté de leurs jiropres emprunts les hypothèques qu’elles se réservent jnsqivà entière libération des constructeurs. En f*'i;%ce, la eoojiération appliquée au crédit populaire travail, pris, au contraire, jusqu’à ces dernières années, que fort peu d’extension. La statistique officielle ne signalait, au janvier 1918, que 15 banques populaires, dont 4 dans le seul département <les Alpes-]\laritimes. A Paris, une banque coopérativ'e des associations ouvrières de production réalisait un cliift’ro d’affaires estimé à 5 millions de fr.
Nous avons vu précédemment* qu’une loi du 13 mars 1917,.