‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 24 sur 568 · NOTIONS DE TERMINOLOGIE ÉCONOMIQUE · texte numérisé non relu

NOTIONS DE TERMINOLOGIE ÉCONOMIQUE

(î(). Nécessite de définir un certain nombre d’expressions usuelles. — L’homme, comme d’ailleurs tout ce qui est vivant^ a des besoins. Pour leur donner satisfaction, il recourt à des choses qui ont de l’utilité, à des biens qu’il s’approprie et qui constituent ses richesses. Il a recours également aux services des autres hommes. Les richesses et les services ont de la valeur; ils sont, par suite, l’objet d’échanges entre les hommes. Toutes ces expressions : besoins, utilité, biens, appropriation, richesses, services, valeur, échange, demandent à être précisées dans leur signification. La science économique, en effet, a sa terminologie comme toute autre science. La terminologie économique présente même ce caractère particulier que la plupart des concepts utihsés par elle, au heu d’avoir été consacrés à son usage exclusif, sont empruntés à la langue courante, mais revêtent parfois une signification toute spéciale, différente de celle qui leur est ordinairement attribuée. D’où la nécessité de préciser leur signification scientifique, technique. Bien des controver-

; " 1. Gide, Cours d'Economit politique , 4« édition, pp. 45 et 412, 2® vol.

J , 2. Maurice Block, Les progrès de la science économique; Cauwès, Cours

^ d' Economie politique.

NOTIONS GÉNÉRALES SUR L’ÉCONOMIE POLITIQUE bl

ses entre économistes sur diverses notions, notamment sur la notion de « capital », n’ont pas d’autre point de départ qu’un malentendu sur la portée précise de termes employés de part et d’autre, mais pris dans des acceptions différentes.

(î7. Les besoins. — Dans le langage courant, on désigne sous le nom de besoin la privation d’une chose qui nous est nécessaire et dont nous éprouvons par suite un désir impérieux. On aura, par exemple, besoin de manger ou de dormir; mais on ne dira pas, en parlant d’une distraction projetée, qu’elle constitue un besoin. Dans la. langue économique, au contraire, tout désir humain correspond à un besoin, quel que puisse être d’ailleurs le degi'é d’intensité de ce désir et quelle que soit sa nature. Le désir d’une distraction agréable, d’une lecture, intéressante par exemple, ou d’une soirée au théâtre constituera un besoin, au sens économique du mot. Il n’y a pas lieu, non plus, de tenir compte du degré de moralité que présente le désir : c’est ainsi que le goût des boissons alcoohques ou de certains spectacles <nmme les courses de taureaux sera économiquement un besoin. Les besoins, ainsi entendus, se développent par l’action de <li verses causes. L esprit d'imitation a pour effet de les répandre parmi les hommes, de les vulgariser. L’habitude les enracine, les rend plus intenses, plus exigeants. L’hérédité enfin leur donne un caractère physiologique et impose avec plus de force encore la nécessité de les satisfaire. C’est ainsi que certains besoins, en matière d’aümentation et de vêtement, se sont généraUsés et se font impérieusement sentir qui, jadis, étaient exceptionnels, sinon même complètement inconnus. L'homme civilisé, a-t-on dit parfois, ne diffère du sauvage que par le nombre plus considérable de ses besoins. L’observation démontre, en effet, que le développement des besoins est corrélatif des progrès de la civiüsation.

(;». Ce phénomène du développement progressif des besoins a cependant, à toute époque, été accueilli peu favorablement par les moralistes. Déjà Sénèque posait en principe que la meilleure manière pour l'homme de se trouver riche consiste de sa part à restreindre ses besoins. C'est la même idée qui semble de nos jours, inspirer Le Play, lorsque, dans ses ouvrages, il oppose aux races compUquées et industrielles de l’Occident, qui ont développé leurs besoins, les races simples de 1 Orient, les peuples pasteurs qui vivent dans la steppe, et lorsqu’il attribue

Kl

Page 1