‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 26 sur 568 · V. plus loin, n · texte numérisé non relu

V. plus loin, n

Si une chose qui a de l’utilité est susceptible d’échange, c’est précisément parce qu’elle a de l’utilité, c’est-à-dire parce qu’elle est désirable et désirée. Le jour où elle ne correspondrait plus à aucun désir, elle aurait perdu tout pouvoir d’échange, toute valeur. La valeur d’une chose ne réside donc pas dans cette chose, mais dans le désir auquel elle correspond chez l’homme qui la possède et chez celui qui veut l’acquérir.

73.' On a quelquefois voulu faire de la valeur la condition de la « richesse ». Une richesse serait un bien ayant de la valeur, un bien susceptible d’échange. Telle paraît avoir été notamment l’opinion de J. -B. Say qui, par suite, pouvait s’étonner à bon droit que la richesse d’un pays fût d’autant plus grande que les divers biens y sont à meilleur marché, c’est-à-dire que la somme de leurs valeurs est relativement plus faible. Cette anomalie apparente s’explique aisément au contraire si l’on ne fait pas intervenir, pour définii- la « richesse », la notion de valeur. La richesse d’une nation étant simplement la somme des biens, des choses utiles que possèdent ses habitants, on s’explique que, plus cette masse sera considérable, plus la nation sera riche. Or, plus grande sera la masse des richesses de toute nature, plus faible sera leur valeur i et plus bas leur prix, le prix n’étant que l’expression en monnaie de la valeur. Un bien peut donc être une richesse sans être pour autant susceptible d’échange.

Si l’on veut distinguer les biens et les richesses, mieux vaudrait, semble-t-il, faire intervenir en définissant celles-ci un autre caractère, celui de matérialité. Les richesses seraient les biens matériels. Quant aux biens immatériels, consultation du médecin, leçon du professeur par exemple, on réserverait pour les désigner l’expression de « services ». Ce serait un moyen de mettre un terme à la controverse qui, pendant fort longtemps, a divisé les économistes, sur le point de savoir s’il existe ou non des richesses immatérielles -, controverse d’ordre purement doctrinal et sans intérêt bien réel dans l’état actuel de la science.

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