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LA MARINE MARCHANDE ET LES PORTS

■îîll. Le rôle |)olitiqiie et éeoiioniique de lu marine marehandc.

— Sous le nom de marine marchande, on comprend généralement la réunion de deux industries distinctes : celle de la cons-

l. \'. Verneaux, L'industrie de^ Iranspurls maritimes au XIX^ siècle el nu cumniencemeni du XX^ siècle, 1903; Fraissingea, L/* problème de la marine marchande, 1909; Ambroise Colin, La nauitjalion commerciale au XI X^ siècle, 1901; .!.-Gli. Houx, Xolre marine marchande, 189S; Basso, Les entreprises françaises de constructions navales, Uiè.se, 1910; Sarraut, Le problème de la marine marchande, 1901; Hersent, La mise au point de notre outillage marilime, 1908; Marcel Dubois, La crise mnriliine, 1911; Georges Ripert, Traité de droit maritime, 1913; de Roiisiers, La marine marchande française et le commerce maritime de la France, dans la Revue économique internationale, 1905; Levasseur, Les ports et la marine de lu France, dans la Revue économique internationale, 1911; Maurice Collin, La situation de rarmement maritime en France de 1914 à 1919, thèse, Paris, 1920.

truction navale et celle de rarmement maritime. Ces deux industries sont unies par les liens les plus étroits, la prospérité de la première dépendant de l’essor de la seconde, et celle-ci attendant de l’autre son capital essentiel, le navire, ainsi que les moyens d’entretenir en bon état ce capital. L’une et l’autre industries intéressent au plus haut degré l’économie nationale au double point de vue politique et économique.

Au point de vue politique, les chantiers de construction navale appartenant à des entreprises privées sont fréquemment appelés à construire, pour le compte de l’Etat, des navires de guerre et à les réparer. Quant à l’armement maritime, il peut, en cas de conflit international, coopérer directement à la défense du pays, les grands navires marchands, particulièrement les paquebots, étant plus ou moins susceptibles d’être transformés en croiseurs auxiliaires. Les conditions modernes de la guerre maritime ont, il est vrai, rendu plus difficile cette utilisation éventuelle de la marine du commerce. Elle n’en conserve pas moins, au point de vue de la défense nationale, d’antres fonctions qui ne sont pas sans importance, celle notamment de fournir à la flotte de guerre des convois de ravitaillement en vivres et en charbon, celle aussi de lui servir, le cas échéant, d’ateliers flottants pour la réparation des avaries ou d’hôpitaux pour les blessés. La marine marchande constitue enfin la pépinière de la marine militaire ; elle assure en grande partie le recrutement des équipages de la flotte par le procédé administratif de 1’ « inscription maritime »L

En dehors de ces divers intérêts d’ordre militaire, le développement de la marine marchande importe à l’expansion et au prestige d’un Etat. Lui permettant de promener au loin son pavillon, il constitue un des meilleurs moyens d’étendre son influence et d’assurer le maintien de ses relations avec ses possessions coloniales.

Au point de vue économique, la prospérité de l’armemeut maritime doit être considérée comme un facteur important, même s’il est vrai qu’un pays peut entretenir avec d’autres des relations commerciales étendues sans avoir besoin de posséder lui-même une grande flotte de commerce*. D’une part, en effet, le développement de la marine marchande peut être,

1. V. sur l’inscription maritime, Berthélenij’, Traité de droit administratif, .7® édition, p. 394.

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