CHAPITRE IV
pour un Etat, une source d’avantages très appréciables, tant à raison des profits industriels réalisés par ses chantiers de construction qu’à raison des frets payés par les autres nations, dont sa flotte transporte les marchandises. L’Angleterre doit annuellement à cette double cause ])lusieurs milliards de francs, ([ui contribuent à redresser sa balance des comptes et à rendre son change favorable L II ne saurait, d'autre part, être indifférent à un Etat que son commerce extérieur s’effectue sous pavillon national ou par l'intermédiaire d’une marine relevant d’un autre Etat. Dans ce dernier cas, il est à craindre, en effet que l'acheteur étranger soit tenté de s’adresser pour ses commandes au pays dont les navires assurent, d’ordinaire, son apprivisionnement. Le commerce, dit-on, suit le pavillon. Et il faut bien prévoir que les agents de transport eux-mêmes ne décourageront pas cette tendance, préférant, ce qui est tout naturel^ favoriser l’intérêt de leur pays, plutôt que l’infcuêt d’un autre Etat.
\^)'l Situation comparative de la niarine inarchande en France et à rétranyer : 1° En ce qui coucerne les constructions navales^. — Les (jiielques grandes entreprises de constructions navales qui se sont constituées en France pendant la seconde moitié du XIX® siècle (Forges et chantiers de la
Méditerranée, ateliers et chantiers de la Loire, de la (lironde, de la Ciotat, de Penhoet) ont eu à subir la conucrrence redoutable des chantiers anglais. Ceux-ci bénéficient de conditions particulièrement avantageuses au ilouble point de vue économique et technique. Placés à proximité des gisements houil- 1ers et des usines métallurgiques, ils peuvent se procurer à bon marché les matériaux de construction. Largement alimentés de capitaux, grâce à la faveur de l’opinion, et disposant d’une main-d’œuvre très active, ils ont pu de bonne heure se spécialiser et produire en grand. xVyant le droit de compter sur une clientèle étendue, ils fabriquent par séries les navires de commerce, les eargo-boats, suivant certains types courants et sans avoir besoin d’attendre les commandes. Grâce au carac-
tère uniforme des constructions ainsi entreprises, la division du travail peut être poussée très loin et les opérations d’assem-