I.ES TRANSPORTS
naître que les faits les plus récents sont assez peu encourageants.^ Le mouvement total de la navigation maritime à ■l’entrée et à la sortie de nos ports, sans atteindre encore les <îhiffres antérieurs à la guerre, est redevenu très important :
49.000 navires en 1920, jaugeant plus de 45 millions 1/2 de tonneaux. iMais, dans ces chiffres, la part de l’étranger est considérable : plus de 35.000 navires et 33 millions de tonneaux; •c’est-à-dire que, pour l’ensemble du tonnage à l’entrée et à la sortie de nos ports, le pavillon national représente à peine % contre 72 '/j, aux pavillons étrangers. Ce sont, à peu de «hose près, les iirojiortions (pie nous avons relevées pour 1912.
4îH. L’importance du tribut prélevé dans nos ports par les flottes commerciales des autres Etats ne prouve-t-elle pas suffisamment que si notre marine marchande n’a pas eu un plus rapide essor, c’est beaucoup moins par suite de l’insuffisance du fret disponible, comme on le dit parfois, que par suite de la concurrence victorieuse, qui lui enlève la plus grande partie de ce fret. La cause de cette infériorité dans la lutte consiste, semble-t-il, dans la cherté relative des transiiorts effectués par l’armement français. L’écart est parfois si considérable, par rapport aux taux de fret des Compagnies étrangères, que les 'Chargeurs peuvent trouver avantage à eni])runter la voie ferrée pour embarquer leurs marchandises dans un port étranger. •Cette cherté du fret, qui iilace nos armateurs dans une situation très désavantageuse au point de vue de la navigation de •concurrence, peut être expliquée de la manière suivante-:
IVune part, l’armement français subit des charges particulièrement lourdes : quant à son capital, à raison des conditions peu favorables que ])résentent les chantiers français ])our la -construction et la réparation des navires; quant au personnel, à raison des lois et règlements relatifs au recrutement des éifuipages, aux salaires, indemnités, pensions, dont le paiement •est imposé aux armateurs. La cherté du fret est, en partie, la conséquence de ces charges. ^
Elle tient, d’autre part, et surtout à la nature même du fret <iui s’offre aux armateurs dans les ports français. Pour qu’une ■marine marchande puisse être florissante, il faut (|ue ses iiavi-
1. I^piié Tli6ry, T.c mouvnuont «le la navi"alion luarilinu» en Franco 4/le|»uis 1913, «iaiis r Economiste Eitropécn, I92I.