LES FACTEURS DE LA PRODUCTION
82. Ce qu’on entend par « facteurs de la production ». — On ‘
s’accorde généralement à reconnaître trois facteuis de la pro- '
duction : le travail, la nature et le capital. Le travail, c’est l’effort |
conscient et volontaire de l’homme en vue d’un but utile. Le ;
^ travail constitue le facteur essentiel de toute production éco- .!
nomique. De même qu’il ne peut y avoir d’utilité en dehors de '
l’homme, de même il ne peut y avoir création d’utüité, j
c’est-à-dire production de richesse en dehors du travaü humain. t
Le simple fait de l’appropriation, par lequel l’homme discerne ‘
dans les objets l’aptitude à satisfaire ses besoins et se met en ;
mesure de les faire servir à son usage, constitue un travail, tout ■
à la fois intellectuel et corporel. Et c’est pourquoi on ne saurait <
admettre l’existence de « richesses naturelles », produites sans travail. Oes prétendues richesses naturelles, fruits des arbres ou coquillages, ne sont que des richesses virtuelles, futures ; elles j
ne deviendront des richesses réelles, actuelles, que lorsqu’elles .
auront fait de la part de l’homme l’objet d’un acte d’appropriation, c’est-à-dire d’un travail. Quant aux « biens libres », l’air, l’eau courante, dont l’appropriation ne suppose aucun tra- ^
vail, ils ne relèvent pas de l’économie politique ^ t
Le concours de la nature n’en est pas moins, cependant, in- J
dispensable à la production, et c’est pourquoi elle constitue le i
second des facteurs productifs. La nature — les Physiocrates disaient « la terre » — fournit à l’homme la matière sur laquelle ■
s’exerce son travail, et à laquelle il fait subir des déplacements eu vue de la création d’une utilité. Elle lui fournit aussi les forces ;
de toute espèce, atmosphériques, physiques, chimiques, dont il ^
sollicite le concours dans l’œuvre de la pioduction. S’il ne peut y avoir de production sans travail, il ne saurait y avoir davan- ^
tage de travail en dehors des conditions que la nature fournit à l’homme et qui constituent le milieu physique. ’
Enfin, le travail trouve dans le capital un auxiliaire précieux, indispensable, i’arfois, la force musculaire de l’homme serait
1. Sur la transfuriuatioii possible îles « lûoiis libres » eu « biens appropriés »,