V. plus haut, n
insuffisante pour lui permettre d’atteindie le but utile qu’il poursuit; il a alors recours à d’autres forces plus puissantes, à celle des animaux, qu’il domestique, aux forces physiques, qu’il dompte et qu’il emprisonne dans les machines pour les faire servir à ses fins. D’autres fois, la production n’est pas le résultat d’un acte simple et unique: elle suppose une série de déplacements successifs imprimés à la matière, une série de transformations successives subies par celle-ci, avant que, de matière première, elle soit devenue produit correspondant exactement au besoin du producteur. Tous ces détours avant de parvenir au résultat cherché imi>liquent l’existence du capital, produit d’un travail antérieur mis en réserve en vue d’une production future. C’est le troisième facteur de la production. Est capital l’animal dont la force musculaire doit suppléer à l’insuffisance de la foi ce humaine; capital, la machine grâce à laquelle la vapeur et l’électricité obéiront docilement à la volonté de l’homme , capital encore, la matière première qui, par une série de transformations, acquerra sa forme déJinitive avant de servir à la satisfaction des besoins du producteur. Sans doute, théoriquement, le rôle du capital peut paraître moins indisiiensable dans la production que celui de la nature ou du travail. On peut concevoir qu’il y ait production sans le concours du capital, dans le cas, par exemple, de l’homme qui ramasse un coquillage ou qui cueille un fruit. i\lais pratiquement, le capital apparaît en même temps que les deux autres facteurs, au début même de toute production, et son concours est indispensable au développement économique de toute société. Si, lorsqu’il ramasse un coquillage pour le faire servir à sa nourriture, l’homme a seulement recours au travail et à la nature, il fait appel au capital dès qu’il choisit une pierre tranchante x>our ouvrir la coquille. Et c’est encore un capital que l’argile avec laquelle l’homme primitif pétrit ses poteries grossières, ou le crochet de bois grâce auquel il peut atteindre plus facilement le fruit qu’il convoite. L’intervention du capital apparaît donc, dans la production, avec un caractère tout aussi marqué de nécessité que celle du travail et de la nature. Et s’il n’est, comme on le fait observer, que l’auxiliaire, l’instrument de ces deux premiers facteurs, le fruit immédiat de leur collaboration, du moins l’importance de son rôle est-elle assez grande pour justifier la place qui lui est attribuée à côté d’eux et après eux, dans l’œuvre de la production.
SECTION I