V'. plus loin, 7(>2 ol suiv
3. V. Morille, Les maisons à succursales multiples en France et à rétrangerj^
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nombre de pays, notamment en l-’i-anee, en Angleterre, en Allemagne, en Belgique, en Suisse. Jün Franee, elles sont surtout ré[)andues dans le commerce d’épicerie, où certaines d’entre elles comptent jusqu’à 500 succursales, ainsi que dans les commerces de la chaussure et du vêtement. En Angleterre, une maison de pharmacie compte plusieurs centaines de succursales.
Parfois, cette forme de concentration commerciale se double d’intégration. Dans ce cas, le rapport étroit qui existe entre les deux phénomènes apparaît d’une manière particulièrement nette. La multiplication des magasins de vente encourage l’entreprise à fabri(iuer elle-même ses marchandises, et, d’un autre côté, cette production détermine fréquemment la recherche de débouchés plus étendus, par la création de nouvelles succursales. Comme exemples d’entreprises combinant ainsi la concentration commerciale et l’intégratioji industrielle, on peut citer en France, pour le vêtement, la maison de la Belle Jardinière, et, pour réi)icerie, les maisons Potin et Damoy.
Dans les branches du commerce de détail où elles se sont fondées, les maisons à succursales multiples font aux j>etits détaillants une concurrence aussi redoutable que les grands magasins. Bénéficiant comme ceux-ci des avantages de la concentration, notaiïiment au point de vue des conditions d’achat, plus rapjn-ochées de la clientèle, grâce à la multiplicité de leurs installations, elles sont susceptibles de les concurrencer euxmêmes dans un certain nombre de cas.
5 K». On peut être tenté de rapi>rocher des entreprises à succursales multiples d’autres formes de commerce de détail dénotant une concentration plus ou moins sensible*, par exemple le commerce qui s’opère au moyen de voitures à traction animale ou automobile, ou même de simples voitures à bras, parcourant les campagnes, recueillant les commandes et effectuant à domicile la livraison des marchandises, telles les roulottes de l’ancien « Planteur de Païffa », aujourd’hui l’« Anglo continental supply Company ». Un autre type est fourni par les entreprises dites « en concession », telles la plupart des maisons qui, en province, portent l’indication « Produits Félix Potin ». Le concessionnaire obtient le droit d’user do cette marque moyennant l’engagement pris par lui de réaliser, avec la maison qui en est propriétaire, un certain chiffre annuel d’affaires.
1, V, Morkie, op. cit.
LE COMMERCE INTERIEUR 7
517. Les sociétés coopératives de consoiiiniation *. Leur iinporlaiice actuelle. — On avait paru craindre un instant que la concentration du commerce de détail amenât plus ou moins raiiidement la constitution de monopoles de fait, soit par la coalition de puissantes entreprises concentrées, soit par le triomphe d’un petit nombre d’entre elles, et tournât finalement au détriment du consommateur. Les faits n’ont nullement justifié ces prévisions pessimistes. En France notamment, grands magasins et entreprises à succursales multiples continuent, malgré la concurrence, à vivre côte à côte et leur nombre ne cesse d’augmenter. Auprès d’eux, les petits établissements du commerce de détail maintiennent plus ou moins péniblement leurs positions, mais ne disparaissent pas, et s’il fallait en croire les statistiques les plus récentes, marqueraient même une certaine tendance à la progression numérique. Les consommateurs n’ont donc pas à craindre les excès de la concentration commerciale : en fût-il autrement, ils auraient à leur portée un moyen de s'en préserver. Ce moyen, c'est le recours à la coopération, sous la forme do la société coopérative de consommation. Cette forme d’entreprise collective - a pour objet l’achat en gros de marchandises qui seront revendues au détail aux associés aux-mêmes, ceux-ci devant se répartir entre eux, sous forme de « bonis » ou « ristournes » et au prorata des achats effectués par chacun, une partie plus ou moins importante des bénéfices réalisés par la Société.
518. C’est en Angleterre qu'a pris naissance l’Association cooiiérative de consommation. En 1844, dans la petite ville de Rocbdale près de Manchester, 28 pauvres ouvriers tisserands ae réunirent, et avec un capital initial de 700 francs, produit de leurs cotisations, décidèrent d'ouvrir un magasin de vente au détail et au comptant, dont ils constitueraient la propre clientèle. Ils avaient donné à leur entreprise un nom singulièrement symbolique et audacieux, « les Equitables pionniers de Eochdale », voulant indiquer par là leur volonté de poursuivre la réalisation d’un double idéal, économique et moral. Au point de vue économique, réduire les dépenses personnelles des associés, ou plutôt, faire de ces dépenses mêmes le point de départ et
1. \Â Giiie, Lfs sucictés coopératives de constommalion, et Cours d'économie politique, 4® édition, 1919, t. II. pp. 483 et suiv. ; Bernard Lavergne, Les profjrès de la coopération de consommation en Europe depuis dix ans, 1912.