‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 313 sur 568 · I.K (.OMMKUC.H INTKHIKl’K · texte numérisé non relu

I.K (.OMMKUC.H INTKHIKl’K

te de l’autre. Cour être à l'abri de tout risque, il lui suffira d’exiger de.s deux parties une provision, ou « marge », représentiiTit l’écart ])Os.sible des cours dans l'intervalle du marché a la li((uidation. Le droit de réclamer cette couverture lui permettra même d’exercer, le cas échéant, une influence utile sur les mouvements de la spéculation. Elle pourra parfois, en relevant assez haut le chiffre de la « marge », écarter du marché les spéculateurs qui n'offriraient pas de garanties suffisantes, ou prévenir les « emballements à la hausse ».

ÔIBL IMffêr(‘nlos vnriclês dn luarclié si lerme : inarclié à prime; reporl. — Le marché à terme dont nous nous sommes occupés jusqu'ici est ordinairement désigné sous le nom de marché ferme, parce qu’aussitôt conclu, il est définitif et ne comporte, pour les parties, aucun moyen d'échaiiper à ses suites. Très différente, à ce point de vue, est une autre variété d'o]>ération à terme, connue sous le nom de marché à prime. Ici, un des opérateurs. — l'acheteur seulement dans les bourses françaises de valeurs — se réserve la faculté d éviter l’exécution

à r(‘chéance et de résilier son marché, moyennant l'abandon d une certaine somme convenue d’avance, et que 1 on d(*signe du nom de « prime ». C'est un moyen pour l'acheteur de limiter son risque de perte, sans limiter d'autre part ses chances de gain. Si, lors de la liipiidation. les cours sont en baisse iirononcée, il abandonnera la ])rinie et se désistera du marché. Si, à l’inverse. ils sont en hausse ou simplement si la l)aisse est inférieure au montant de la prime, il aura au contraire intérêt à exécuter le marché. La veille du jour fixé pour la liquidation générale, les spéculateurs ((ui ont ainsi négocié un dédit doivent faire connaître le parti auquel ils s'arrêtent; cela constitue ce qu'on ap]>elle la « réponse des primes ».

Dans certaines bourses de mai’chandises, le droit de résilier le marché à terme moyennant l'abandon d'une prime, au lieu d'être réservé à l'acheteur, peut aussi être stipulé i)ar le vendeur. Quelquefois même, la pratique admet la légitimité d'opérations qui se rapprochent singulièrement du jeu : celle notamment par laquelle un des opérateurs peut, à l'échéance, choisir la position qu'il entend {U’cndrc par rapport à la marchandise traitée, celle de vendeur ou celle d'acheteur.

II peut se faire qu'à échéance l'acheteur ne puisse, faute de capitaux suffisants, exéciiter son marché d'une ma-

nière effective et prendre livraison des titres, et qne, d’autre part, il veuille éviter de se libérer par une contre-opération différentielle qui serait très désavantageuse au cas où, contrairement à ses prévisions, les cours auraient subi une baisse accentuée. Dans ce cas, il aura recours au « report II s’adressera, par l’intermédiaire de son agent de change, à un capitaliste qui, en lui avançant les fonds nécessaires pour prendre livraison des titres, lui permettra en même temps de reculer à une échéance plus éloignée, de « reporter », l’exécution de son marché. Le report s’analyse en une double opération concomitante. Quelle que soit au fond sa nature juridique, il constitue au point de vue économique une véritable avance sur titres'^ déguisée sous l’apparence d’une vente suivie de rachat. L’acheteur à terme, le c reporté », est censé vendre au comptant les titres au « reporteur », et les lui racheter à une échéance ultérieure. Bien entendu, le prix fixé pour le rachat, le cours du terme, sera plus élevé que le prix de vente au comptant, la différence constituant le bénéfice du reporteur, le « taux du report ». Grâce au report, le marché originaire va se trouver j»rorogé, et si, à l’époque de la nouvelle liquidation, les cours se sont suffisamment relevés, l’acheteui’ à terme pourra, au moyen d’une contre-opération, non senlemimt retrouver le taux du report qu'il doit payer, mais réaliser le bénéfice qu’il attendait de son premier marché. Sinon, il aura encore la ressource, au moyen d’un nouveau report, de reculer à une liquidation suivante le règlement de son opération; et ainsi, tant qu’il pourra trouver des reporteurs, à moins que, dans l’intervalle, il ait lui-même renoncé à poursuivre davantage sa spéculation et se soit résigné à liquider avec perte son dernier report. Quant au reporteur, provisoirement substitué au premier vendeur dans la propriété des titres, il se trouve par ce fait pleinement garanti, car, au cas où l’acheteur ne serait pas, à l’échéance, en état de liquider son report en remboursant les fonds et en prenant livraison des titres, il aura la ressource de faire vendre lui-même ces valeurs à la Bourse i>our se payer sur le prix. Il ne courra donc de risqiios que ]>our la différence possible entre le prix convenu et le cours de l’evente en Bourse; encore, cette différence lui sera-t-elle parfois garantie par l’agent de

1. Sur le repor', v. Allix. Les reports dans les bourses de valeurs, thèse, IFOO; Noearo, Eléments d'économie polilique, t. I, p.p. 217 et .«uiv.

LE COMMERCE INTÉRIEUR 9

î change intermédiaire, qui aura lui-même exigé du reporté une couverture suffisante. Le report constitue donc, pour les capitaux disponibles, un placement à court terme parfois très rémunérateur et suffisamment garanti. On s’explique par suite que les banques en aient fait un des modes d’emploi ordinaires de leurs fonds de dépôt b D’autres entreprises collectives, les compagnies de chemins de fer par exemple, placent fréquemment ’ en reports une partie de leurs disponibilités.

Il convient d’observer que la situation générale résultant des reports, aux époques de liquidation des marchés à termer H se trouvera parfois sensiblement modifiée par le fait des spé-

j culateurs à la baisse, des vendeurs. Ceux-ci peuvent, comme les

I acheteurs, avoir le désir de proroger leurs marchés, soit parce

J que les cours sont en hausse, soit parce que la baisse paraît ' susceptible de s’accentuer davantage. Ils chercheront par suite à se faire reporter. Par l’intermédiaire de leurs agents de change, ils se procureront, en les achetant au cours du comptant, les titres qui doivent être livrés à leurs acheteurs primitifs, et ils en revendront en même tenijis une égale quantité — puisqu’il s’agit de choses fongibles — livrables à la liquidation suivante.

I Ils conserveront ainsi pour quelque temps encore leur position

I de vendeurs, avec, en outre, la faculté de la proroger dans l’ave-

nir par une série de nouveaux reports, aussi longtemps dn moins qu’ils pourront trouver facilement des titres disponibles sur le i marché du comptant En agissant ainsi, les vendeurs four- 5 nissent aux acheteurs eux-mêmes de très grandes facilités de

' report, car leurs demandes de titres constituent précisément

la contrepartie des demandes de capitaux émanant des acheteurs Le taux du report sur le marché va, par suite, s’en trouver influencé. Il tendra d’autant plus à s’abaisser qu’augmentera la demande de report de la part des vendeurs. Il peut même arriver, non seulement que le taux du report soit au , pair, c’est-à-dire que les deux opérations concomitantes de vente au comptant et de rachat à terme se règlent au même cours, mais que la situation ordinaire soit renversée, le cours du terme étant moins élevé que le cours du comptant. C’est ce

} 1. V. t. I, no 402.

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