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» LE COMMEIUUC I.NTKRIEt H
se couvrir contre cette éventualité, en même temps qu il conclut son marché à livrer, il vend à la Bourse une égale quantité de coton du tyjie correspondant à la (pialité achetée, avec, comme échéance, l’époque où sa fabricalion sera terminée. Si, à i»e moment, le prix du coton a baissé, ce fait ayant eu naturellement une répercussion sur le cours coté en bourse, il liquidera son marché à terme par une contre-opération. Rachetant moins cher qu’il n’avait vendu, il touchera une différence pécuniaire compensant la perte qu’il pourrait subir par la vente du produit fabriqué.
S’il s’agissait d'un produit manufacturé coté lui-même à la bourse, le sucre par exemple, l’industriel ferait porter son marché à terme sur une quantité de ce produit correspondant à la quantité de matière première dont il doit effectivement prendre livraison. Au cas où, par suite d’une baisse survenue dans les cours, il serait obligé ultérieurement de vendre son sucre moins cher qu’il ne l’espérait, il retrouverait du moins, en liquidant par une contre-opération son marché de bourse, l'équivalent de la perte qu'il aurait pu subir de ce fait.
Dans ces deux hypothèses, et dans beaucoup d'autres qui s’en rapprochent, le marché à terme, même simplement différentiel, exerce sur les cours des marchandises une action régulatrice, en ce sens qu'il permet aux spéculateurs de se prémunir contre les consé(|uences fâcheuses qui peuvent résulter de leurs fluctuations.
5311. (Iriliqiies ailressées à la spéciilalion de bourse et mesures législatives dirigées contre elle. — Si la spéculation de bourse, sous la forme notamment des opérations à terme, compte parmi les économistes de nombreux défenseurs, il s’en faut de beaucoup ijue l'opinion commune lui soit aussi favorable. On lui reproche tout d'abord de fausser l'action des lois qui règlent les mouvements des prix. Tantôt, sous l'influence d’engouements irréfléchis, les achats à terme vont élever les cours bien au-dessus du niveau qu’ils devraient normalement atteindre; tantôt, à l'inverse, la multiplication des ventes à découvert, en provoquant une panique injustifiée, amènera leur effondrement. Le plus fâcheux, c’est que les spéculateurs ont jirécisément intérêt à voir se produire ces mouvements d’opinion, (jui assurent leurs bénéfices, fût-ce au détriment des consommateurs ou des producteurs. Aussi ne faut-il pas s’é-
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tonner que la pratiojue du marché à terme s’accompagne fréquemment de manœuvres dolosives, de fausses nouvelles répandues à dessein, parfois même d'accaparements. Il en résulte des fortunes scandaleuses et des ndnes imméritées, ainsi que de véritables crises financières ou commerciales, qui ébranlent le marché. Certains abus ont aussi leur origine dans l’inégalité d’aptitudes et de force économique des spéculateurs. Beaucoup de ceux qui concluent des opérations à terme dans les bourses sont des non-professionnels, connaissant peu ou mal les valeurs ou marchandises au sujet desquelles ils traitent. Il en est ainsi notamment dans les bourses de valeurs, qui sont en jœincipe acces.>^ibles à toute personne. Dans les bourses de marchandises, lorsque les particuliers qui ne sont ni producteurs, ni commerçants, n’ont pas directement et pers(»nnellement aceès au marché du terme, ils peuvent du moins y participer en s’adressant aux commissionnaires admis à ce marché. Parfois même, ces intermédiaires deviennent, dans les cf)ntrats qu'ils sont chargés de conclure, les contre-parties de leurs propres clients, et ac<iuièrent ainsi un intérêt personnel à abuser de leur supériorité techni(}ue et professionnelle. Cn antre danger, maintes foi.s constaté dans les bourses de marchandises comme dans les bourses de valeurs, con.siste dans ce (pi’on appelle « l’étranglement de la spéculation à découvert «. Lorsqu’à l’échéance du terme, par suite de la prédominance de la spéculation à la baisse la liquidation s’opère en « déj)ort ^ » les vendeurs à terme peuvent avoir beaucoup de difficultés à se procurer les titres ou marchandises nécessaires à l'ext^eution on à la prorogation de leurs marchés. Ces difficultés augmentent encore lorsque, par suite d’un accaparement, les quantités disponibles de ces marchandises ou valeurs se trouvent artificiellement raréfiées. L’obligation imposée aux vendeurs d’exécuter leurs contrats à l’échéance aura ])our conséquence, en pareil cas, de les mettre à la discrétion des acheteurs qui, détenant eux-mêmes les stocks accumulés de marchandises ou de titres, en profiteront pour exiger des taux de report extrêmement onéreux.
539. On s'explique aisément que l’Etat n'ait pn assister, indifférent, à ces manœuvres et à ces abus. En dehors du devoir qui lui incombe d’assurer la bonne foi et la moralité des transactions, il était parfois incité par son propre intérêt à in-