CHAPITRE VI
n’osait conclure de marchés à livrer* relativement aux céréales. Comme, d'autre part, la production agricole, ne pouvant compter sur l'extension indéfinie de ses débouchés, était amenée à se restreindre, le pays se trouvait, par ce fait, éventuellement exposé à la disette. Ces inconvénients pratii^ues de l’échelle mobile se révélèrent si sérieux que l’abrogation complète du système devait être jugée nécessaire, en 18()1 .
51MÎ. La Lijjiie de .Alaiichesler e( l'aholition des « corn lau.s )', ei» .Viijjleterre. — Antérieurement à cette date, une véritable révolution s’était accomplie dans le régime douanier de l’Angleterre. Sous l’inspiration de la Ligue de ilanchester, fondée par Kichard Cobden, un formidable mouvement d’opinion avait abouti à l’abolition des « corn laws», lois établissant des taxes à rimjiortation des céréales. Ces lois, consacrant au profit des laiidlords^ un véritable monopole de production, étaient particulièrement odieuses à la classe ouvrière, qui leur attribuait le prix élevé du pain. Les manufacturiers eux-mêmes, voyant dans leur abrogation un moyen de réduire le coût de la vie et de prévenir la haus.se des salaires, firent cause commune avec les ouvriers. Après une vigoureuse campagne de réunions, ijui dura plusieurs années, la Ligue de Manchester par\ int à forcer l’adhésion du grand ministre Robert Peel et, en 1846, l'abolition des « corn laws »■ fut votée par le Parlement. Ce n’était qu’un premier pas dans la voie de la politique libérale. En 1851, l’Act de navigation lui-même fut aboli. La plupart des taxes à l'importation des produits fabriqués l'avaient été antérieurement. L’Angleterre s’engageait ainsi dans la pratique d’un régime commercial (pii, sans être le libre-échange, en est du moins assez rapproché.
5H7. La réforme libérale de IH6(M. Le réj|ime d(“.s lraifé.<< de cüinineree. — L'exemple de l’Anglet(‘rre devait bientôt inspirer la politique douanière des autres Etats. En France, l’opinion publique était restée nettement protectionniste et le Corps législatif paraissait peu disposé à s’engager dans la voie du libéralisme économique. Mais Napoléon III était personnellement favorable aux idées de Cobden; usant d’un pouvoir qu’il tenait de la Constitution, il conclut, le 23 Janvier 1860, un traité de