V. pluë loin, n
deuxième: partie. — chapitre vi
en 1890. les bills Mac-Kinley parvinrent à conclure, sur la base d’un traitement de réciprocité ^ quelques conventions. A partir de 1891, des changements importants vont se produire, sinon dans l’orientation, qui reste nettement protectionniste, du moins dans les procédés de la politique commerciale pratiquée par les différents Etats.
602. En Allemagne, on revient, dès 1891, au régime des traités à long ternie, avec tarifs annexés. Des Conventions sont conclues, pour une durée de douze années, notamment avec l’Autriche, la Belgique, l’Italie, la liussie, la Suisse. Puis, en 1902, et en vue du renouvellement de ces traités de commerce, l’Allemagne se donne un nouveau tarif général, qui se distingue non seulement par le nombre de ses relèvements, mais par son extrême « spécialisation ». Le nombre des taxes spécialisées passe de 400 à iilus de 1.450=*. L’Allemagne avait voulu ainsi échapper aux conséquences de la clause du traitement de la nation la plus favorisée*. Pour qu’un pays ayant le droit d’invoquer cette clause, la F’rance par exemple en vertu de l’article 11 du traité de Francfort, se trouve en fait dans l’impossibilité de profiter des concessions consenties, sur la base du nouveau tarif général, à d’autres puissances, il suffira en effet que les droits concédés aient été très « spécialisés », que par exemple ils s’appliquent à des types de marchandises minutieusement décrites, et que ne saurait produire, avec un caractère d’identité absolue, l’agriculture ou l’industrie française. A ce point de vue, la pratique douanière allemande était d’une habileté vraiment excessive. On a cit é des exemples très curieux de spécialisation, celui notamment de taxes établies sur le bétail élevé à une certaine altitude, et faisant à une autre altitude un estivage d’une durée déterminée, ou présentant certaines caractéristiques quant aux nuances du pelage et des extrémités. On s’explique qu’avec une telle science de la spécialisation, l’Allemagne ait pu, à partir de 1901, tout en maintenant la protection douanière à un niveau très élevé, parvenir à conclure des traités de commerce sur la base de son nouveau tarif général. Ces traités furent signés successivement avec la Belgique^