‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 362 sur 568 · I. \*. No:r;wof*l Les rfloimes douaniers. UHi · texte numérisé non relu

I. \*. No:r;wof*l Les rfloimes douaniers. UHi

\'. Edimuiil Théry. Les progrès éconumigrirs de la France, 1908. .3. \*. liant, n O** 5 4-S et 549.

4 V. plus haut. n°5S9.

(5.506 millions, au lieu de 3.246 millions) tandis que le chiffre des importations n’a augmenté que dans la proportion de 1 à 1.5 (6.223 millions, au lieu de 4.026).

lia signification de ces chiffres est confirmée par l’examen des changements survenus, depuis 1887, dans les divers éléments dont l’ensemble constitue le commerce extérieur d« la France. En ce qui concerne les objets d’alimentation, l’importation s'abaisse d’environ 400 millions de francs entre 1887 et 1007 (1.038 millions, au lieu de 1.423). Elle se relève sensiblement à partir de 1910, sous l’influence des mauvaises récoltes intérieures, et atteint, en 1011 un chiffre maximum de 2.020 millions (1.817 en 1013). L’exportation des objets d’alimentation reste, an contraire à peu près constante : 839 millions en 1913, contre 747 en 1907 et 703 en 1887. Pour les matières premières, il y a accroissement sensible et continu, aussi bien aux importations qu’aux exportations. Les chiffres liassent en effet, à l'iraportation, de 2.014 millions on 1887, à 4.013 millions en 1907, et 4.946 millions en 1013; ils sont, à l’exportation : 1.858 millions en 1013, contre 1.507 en 1907, et 805 en 1887. C’est, à l’entrée comme à la sortie, une progression de 1 à 2,4 environ. On peut y voir la preuve de l’essor de notre production manufacturière au cours des 25 dernières années. Cette conclusion est confirmée par l’examen des chiffres relatifs aux produits fabriqués. Si l’importation passe de 580 millions, en 1887, à J. 171 millions en 1907 et 1.6.58 en 1913, soit un accroissement de 1.060 millions entre les deux dates extrêmes, l'exportation des produits de notre industrie s’accroît, dans la même période, de 2.444 millions de francs (4.183 millions en 1913, contre 3.341 en 1007, et 1.739 en 1887). Sans vouloir établir un parallèle entre les résultats du régime douanier de 1892 et ceux du régime libéral institué en 1860, nous pouvons du moins nous borner à constater que, contrairement aux prévisions pessimistes de ses adversaires, l’application du système du double tarif n’a empêché ni le développement du commerce extérieur de la France, ni l'essor de la prospérité de son industrie. Jusqu’en 1910, il avait également manifesté sos effets en faveur de l’agriculture, puisque, de 1887 à 1910, le déficit alimentaii-e de notre pays, c’est-à-dire l’excédent de ses importations en objets d’alimentation sur ses exportations de même nature, était tombé de 720 millions de francs en 1887 (1.423-703)à 129 millionsen 1909 (952-823). Ce résultat n’avait pu être obtenu que par le déve-

loppement rapide de notre production agricole, notamment delà production du blé\ et si, depuis 19J0 le déficit alimentaire s’était de nouveau aggravé, il fallait en chercher l’explication dans les circonstances naturelles qui, au cours de certaines années, avaient particulièrement contrarié les efforts des a^riculteurs. Xous avons vu^ d’autre part, que le régime de 1892 n’avait pas eu pour conséquence, ainsi que certains l'avaient prédit lors de son apparition, d’isoler la France et de rendre

impossible la conclusion d’accords commerciaux avec les autres Etats.

«07. En ce qui concerne la marine marchande, l’application d’un système de primes n’a pu suffire à maintenir le rang des industries de la construction et de l’armement, très menacées^ depuis la suppression des privilèges et surtaxes de navigation. Du moins, leur a-t-elle permis de lutter dans des conditions moins mauvaises contre la concurrence étrangère. D’après les statistiques du Bureau Veritas, pour la navigation à vapeur, qui seule, au point de vue du Commeree international, présente un réel intérêt, le tonnage net passe de 485.000 tonneaux, en 1890, à 1.014.000 en 1913. 11 est vrai que, dans la même période, les industries maritimes des autres Etats ont réaUsé des progrès sensiblement plus considérables encore. Mais nous savons que ce fait doit être attribué, moins à l’insuffisance de la protection accordée à notre marine marchande qu’à certaines circonstances économiques générales, notamment aux caractères de notre production industrielle et de notre organisation commerciale.

L'application de la loi douanière de 1892 a eu, d’autre part, relativement au commerce colonial, des résultats moins contestables. En 1892, pour l’ensemble des possessions françaises, y compris l’Afrique du Xord, le mouvement commercial atteignait seulement 1.100 millions de francs, dont 560 aux importations et 540 aux exportations. En 1913, il s’élève à 3.150 millions de francs, dont 1.660 millions de francs aux imiiortations et 1.490 millions aux exportations. La part de la France dans l’ensemble de ce commerce est, en 1913, supérieure à 52 %, dont 49 % à. l’importation dans la métropole, et 55 % à l’exportation.

1. V. r.dnioiid Théry, Les progrès économiques de la L'rance, 19U8.

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