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LE COMMERCE INTERNATIONA!.
exportations, des changements survenus depuis un demi-siècle dans les conditions des transports, la plupart des Etats européens se sont vus contraints de protéger leur agriculture par des barrières douanières élevées. Ils ont voulu d’autre part, en développant leur production manufacturière, s’affranchir, à l’exemple des Etats-Unis, du tribut onéreux que leur imposait le libre-échange au i)rofit de l’Angleterre, industriellement ])lus avancée.
Les tarifs de doiiane n’ont d’ailleurs pas nécessairement pour but, comme paraissent quelquefois le supposer les partisans du libre-échange, de supprimer complètement toute concurrence internationale. Ils visent au contraire le plus souvent à maintenir, dans des conditions plus équitables, la concurrence entre producteurs nationaux et productexirs étrangers sur le marché intérieur, à l’empêcher de dégénérer en monopole par suite de l’écrasement et de la ruine des premiers, moins favorisés par les circonstances naturelles. Les droits de douane à l’importation sont des droits « compensateurs », dont le taux est calculé de manière à combler l’écart pouvant exister entre le prix de revient des produits nationaux et le i^rix de revient, sur le marché intérieur, des produits concurrents d’origine étrangère.Bien loin de supprimer la concurrence, de semblables mesures la tiennent en haleine en égalisant les conditions de lutte, et lui permettent de se développer. Elles ont sans doute i)our effet de renchérir les produits dans une certaine mesure', et d’imposer
1. C*est une (luestion particuliêrenienl délicate et fort débatlue que celle de savoir comment s’ojiérent rincid<uic*' el. la ré|»ercussion des droits de douaue. Les partisans du libre-échange ont iiaturidlenuMït tendance n admettre que leur poids retombe intégralement sur les consommateurs nationaux, sous la forme d’un relèvement de prix égal, dans cha(pie cas, au montant de la taxe perçue. Les i»rotectionnistes sont, au contraire, portés à penser qu’une partie, sinon la totalité d*^ cette taxe, sera sup|)oiTée délinitiveinenl par l importateur, et que le renchérissement du produit protéiré ne sera, par suite, que très exceptionnellement mesuré par le taux du droit protecteur. Il faut, en réalité, tenir compte de multiples éléments, et (|ui (leuvent se combiner de manières très iiivers(‘s \ Oici, d’après M. (laston .lè/e, (piclU^ s(M*ait la solution »iu problème en ce qui concerne les droits à l’importation : » Si le |»ays importateur n’est pas pour le.s producteurs étrangers le seul débouché; si les jiroducteurs étramrers trou\ent facilement à vendre leurs marchandises dans d’autres pays; si clans le pays importateur la demande du produit est abondante; si le pays importateur ne peut pas du tout produire la marchandise importée (climat, sol, etc.), ou ne peut la produire qu’à un prix très élevé (défectuosité de routillage, incapacité des ouvriers, rareté de la main d’œuvre, élévation des salaires, etc.); si le pays exportateur produit la marchan-
par suite un sacrifice aux consoiiiiuateurs nationaux ; mais ceux-ci retrouveront, en tant que producteurs, la compensation de ce sacrifice, puisqu’ils sont assures, si les prix doivent s’élever, de conserv^er du moins, sous la forme de profits et de salaires, un revenu pour les payer.
En d’autres termes, le libre-échange est un idéal dont la réaUsation se heurte à ce fait même qu il existe des nations distinctes, ayant des intérêts politiques et économiques nettement opposés. C’est une doctrine à tendances cosmopolites et qui vise à l’universalité dans l’application. La protection douanière est, au contraire, une doctrine essentiellement nationale dans son principe et dans ses conséquences. Sans doute ses partisans verraient volontiers l’humanité tout entière participer, par la liberté des échanges, aux avantages qui résultent pour chaque peuple de ses supériorités naturelles; ils pensent néanmoins, et les événements actuels ne sont pas pour les dissuader, que le meilleur moyen d’assurer l’indépendance et la puissance économique d’un pays est de lui conférer la maîtrise de son marché intérieur et de le doter d’un régime industriel complexe, en favorisant la mise en valeur des multiples sources de la production nationale.
dise suivant un coût ilécroissant (produit.s industriels), ce sont là pour les producteurs étrangers des éléments de force (pii leur permettront d’ajouter le montant du droit de douane au prix de vente ; il y a les plus grandes chances pour (lue dans ces conditions, le consommateur supporte en définitive l’impôt de douane. Mais à l’inverse, si le pays importateur est, pour les [iroduc.leurs étrangers, le sinil inaroli^. ou du moins le princiï»al; si la demande du produit est très élastiijue en ce sens (pie toute augmentation de prix diminue la vente de la marchandise considérée ; si l’industi ie indigène peut produire, grï'ice à l’élévation du prix résultant du <lroit de douane, la marchandise à un taux rémunérateur, sans (|iie le prix soit trop élevé; si les producteurs indigènes produisent la marchandise suivant un cm1t décroissant (produits imlus- Iriels), ou si les producteurs étrangers produisent à un cofit croissant (produits agricoles), — ce sont là des éléments de force pour le consommateur : il v a de grandes chances pour que le jiroduclenr étranger consente à supporter tout ou partie du droit de douane pour ne pas perdre le marché. — Voilà les solutions extrêmes entre lesquelles il y a <les so!\i lions intermédiaires, lesquelles dépt^ndent de l’importance des cinq considérations exposées phis
haut ». . . - I «•
V fiaslon .lèze, Co//r.s élémentaire de science des finances et de lefjistation
financière française, édition, 1912, pp. 1005 et suiv. et les références bibliographiques.