TROISIÈME PARTIE
LA PROPRIÉTÉ
■des diverses natures de richesses composant cet ensemble a
subi Tinflucnce des changements survenus dans la valeur de Tinstrument monétaire lui-même. La dépréciation de diverses monnaies nationales par rapport à l’or a eu pour conséquence, en effet, la hausse générale des prix. Pour ces multiples causes, la fortune privée totale de la France, évaluée en francs, se trouve aujourd’hui très sensiblement supérieure, quant à .son chiffre nominal, au chiffre d’avant-guerre. Et, si nous calculions en milliards de francs, comme nous l’avons fait pour la période antérieure, la fortune privée totale des autres i)ays, il n’est pas
douteux qu’en tenant compte du ch.ange nous serions amenés, pour ceux d’entre eux qui sont restés au régime de l’étalon d’or, à constater un relè^ ement bien plus considérable <^ncore des chiffres antérieurement indiqués.
G i2. Ilépartilioii de la l’orlune privée loi ale de la France.
^ — Pour obtenir la répartition moyenne par habitant de la fortune privée totale d’un pays, il suffit de diviser le chiffre
représentant cette fortune totale par celui de la population. M. Edmond Théry, appliquant à la France cette méthode de calcul, arrivait avant la guerre aux chiffres moyens de ti.333 fr.
en 1892, et 7. 314 francs en 1908.
Il serait intéressant de savoir en outre suivant quelles proportions se répartit entre les habitants la fortune privée totale de la France. Un certain nombre d’économistes l’ont l’echerché ^ en s’appuyant sur les données des statistiques de l’enregistrement relatives aux déclarations de successions. Ils sont arrivés par ce mode de calcul aux constatations suivantes® : t8i on classe les fortunes individuelles d’après leur chiffre, une première catégorie, celle des fortunes inférieures à 10.000 francs, comprend 85 % du nombre des propriétaires (soit environ 13 millions d’individus ou de familles), possédant 13,07 % de la richesse totale. Dans une deuxième catégorie, celle des fortunes comprises entre 10.000 francs et 100.000 francs, rentrent 13 % des propriétaires, possédant 27 % de la richesse totale. La troisième catégorie, celle des fortunes comprises entre 100.000 francs et 1 million
1. de Lavergnp ol Paul Henry, La richesse de la France. 1908; De Eovillc, La richesse en France, dans la Hevue économique internaiionale, 1900; Nogaro, Eléments d'économie politique, l. Il, pp. 156 et suiv; Hrouilhet, Préeis d'économie politique, pp. 712 et suiv.