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LA PROPRIÉTÉ

ter que, pour assurer le contrôle effectif sur 1 exploitation des |

terres concédées, opérer la révision des taux de terniage en cor- ^

respondance avec les changements survenus au coins de la pé- ^

riode écoulée et préparer le renouvellement des concessions, il |

faudrait toute une organisation administrative coûteuse et compliquée. Même si on évitait les abus et les fraudes, toujours à redouter, un semblable régime serait loin de ])résenter, au point de vue de l’exploitation et du rendement, les garanties de

la jiropriété foncière individuelle.

Quant à la solution préconisée par Henri George, et qui aboutirait à dépouiller la ])ropriété foncière de la plupart de ses avantages pour ne plus laisser au propriétaire qu’une possession nire, la « coque de la noix «, suivant l’expression d’Henri George lui-même, le moins qu’on en puisse dire, c’est que sou injustice serait bien plus évidente que celle des résultats parfois reprochés à la propriété elle-même. En s’appropriant par l'impôt toute la plus-value qui ne pourrait être attribuée au tra\ ail, la collectivité profiterait des chances favorables, en laissant à la charge du propriétaire ainsi réduit les chances contraires, car il est peu à présumer que l’Etat consentirait à indemniser le propriétaire au cas où le revenu de celui-ci viendrait à diminuer par suite de «

circonstances extérieures. Comment, d’autre part, discerner av'^ec quelque certitude la part qui, dans la valeur de la terre et -

dans son revenu, tient au travail des propriétaires successifs ^

et celle qui ne peut être attribuée qu'à la conjoncture sociale, ■

au milieu social ? Il y a la une difficulté qui paraît insoluble.

()ÎLI. La propriété foncière individuelle se justifie donc, .

au point de vue de l'iitilité sociale et au point de vue du travail, j

• non moins facilement que toute autre propriété. Peut-on dire - >

au surplus, comme le font quelques-uns de ses adversaires, j

qu’elle crée un privilège injustifiable en plaçant les non-proprié- î

taires sous la dépendance étroite, des propriétaires? Les faits ^

actuels semblent donner à ce grief un singulier démenti. Hans î

certains pays où, comme en Angleterre, la propriété foncière i

est très concentrée, beaucoup d'hommes trouvent dans la pos- 3

session de capitaux mobiliers une garantie complète de leur |

indépendance. En France même, la richesse mobilière sous ses ?

formes multiples représente aujourd’hui une valeur supérieure i

à celle de la propriété immobilière. Ce qui place certai ns hommes ^

dans un état de dépendance à l’égard des autres, et les oblige pour .

vivre à louer leurs services moyennant salaire, ce n’est pas, coin- ï

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