V. plus loin, n
D’une part, en effet,, la participation stimule le travail des ouvriers et tend, par cela même, à accroître le profit. Elle présente, d’autre part, l’avantage considérable de rapprocher le travail et le capital et de pacifier leurs rapports. L’ouvrier participant se rend mieux compte de l’étendue des risques courus par 1 entrepreneur et sera, par suite, moins porte à se mettre en grève,, d’autant qu’en nuisant au patron il se nuirait àlui-meme, puisqu’il réduirait les bénéfices dont une part lui revient. La plu- ' part des chefs d’entreiirise qui ont pratiqué la iiarticipation aux bénéfices reconnaissent son influence pacificatrice. Pour des ouvriers participants, a dit l’un d eux, la lutte des classes
est devenue un mot vide de sens L
710. Si la participation possède toutes ces vertus, on peut s’étonner, au premier abord, qu’elle ne soit pas encore universellement pratiquée. Nous avons vu cependant que ses progrès ont été très lents, si tant est même qu’il y ait eu progrès au cours de la. dernière période.
C’est qu’en face d’avantages réels ou prétendus, dont nous aurons à apprécier l’importance, la participation paraît présenter, au point de vue de l’entrepreneur, un inconvénient grave, celui d’immiscer plus ou moins les ouvriers dans ses affaires. Il pourra en effet se voir obligé de produire judiciairement ses comptes pour l’établissement du chiffre des bénéfices à distribuer aux participants. Or, ü n’est pas désirable pour un chef (j’0ntreprise de faire connaître sa situation commerciale. Sous un régime de conciu’rence, ce peut etre la source d indiscrétions très préjudiciables à ses intérêts. Aussi, certains entrepreneurs, au début de la participation, avaient-ils émis la prétention de déterminer souverainement le cliiffre des bénéfices à distribuer à leurs ouvriers, sans permettre à ceux-ci aucun contrôle. Mais la participation contractuelle est un droit pour les ouvriers, et il ne saurait y avoir de droit sans coni rôle. C’est ce qui explique que la participation aux bénéfices soit, de préférence, pratiquée par les entreprises qui, ayant revêtu la forme de sociétés par actions, sont déjà soumises à une certaine publicité légale au point de vue de leurs bilans. Pour les autres entreprises, la pratique a cherché les moyens d’organiser le contrôle en ménageant autant que possible les divers intérêts en présence. La vérification des comptes de l’entrepreneur sera d’un commun