‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 442 sur 568 · V. t. I, no 349. î · texte numérisé non relu

V. t. I, no 349. î

3. On a dû, pour effectuer les calculs, supposer que le genre de vie n’a pas changé, c’est-à-dire que la consommation familiale est restée la même

en quantité et qualité. ,

■\Tr^?-VV^'

Ainsi, le coût de la vie s’est élevé, depuis le début du xix^ siècle, d’abord assez lentement, puis très vite, jusqu’en 1880. 11 a ensuite baissé jusque vers 1900 b Depuis cette époque il manifeste une tendance à s’élever de nouveau, et cette tendance s’est particulièrement accentuée au cours des dernières années

Xirécédant 1910.

731 . Si maintenant on rapproche de cette dernière statistique relative aux changements survenus dans le coût de la vie celle, indiquée précédemment, qui a trait aux mouvements du taux moyen de salaire, on est amené facilement aux constatations suivantes : tandis que, de 185.5 à 1910, le salaire moyen passait de 55 à 110, c'est-à-dire doublait exactement, soit une hausse de 100 %, la hausse du coût de la vie est, de 1850 à 1910, contenue entre 85,5 et 104, soit 25 % environ. Si, d’autre part, on rapiiroche les chiffres à un siècle de distance, de 1810 à 1910, alors qile le taux du salaire s’élève de 41 à 110, soit dans les Xiroportions de 1 à 3 environ, le coût de la vie passe de 74 à 104, soit une hausse de 40 % seulement. D’où il résulte clairement, semble-t-il, que la hausse du salaire nominal a, pour une large mesure, eorresxiondu à une hausse du salaire réeD .

731 his. La hausse du taux nominal des salaires a été considérable, de 1914 à 1920. Elle était concomitante de la hausse générale des prix et doit être attribuée, comme celle-ci, principalement à la déx> récia tion de la monnaie. D’autres causes ceiiendant y ont contribué, notamment la raréfaction de la main-d’œuvre pendant la guerre et la répercussion, sur les condition de la xiroduction privée, des taux majorés de salaire consentis par l’Etat dans ses usines de guerre et dans les entreprises Xiar lui réquisitionnées pour les besoins de la défense nationale. Il y a eu d’ailleurs action et réaction de ces divers facteurs, la hausse <les salaires ayant entrainé très vite le développement de la consommation, d’où hausse des prix des marchandises, et ce dernier xihénomène ayant xu’ovoqué à son tour une nouvelle hausse des taux de salaires. Celle-ci a d’ailleurs été très inégale suivant les natures de travaux. Si, jtour les travailleurs manuels, dans certaines liranches de l’induslrie manufacturière, les taux d’avant-guerre ont été triplés et même quadruplés, l’amélioration

‘2, V. sur cette question, Aftalion, Le salaire réel et sa nouvelle orientation dans la Revue d'économie politique, 1912.

LA RÉPARTITION DES REVENUS

du salaire a été beaucoup moins sensible et beaucoup moins rapide ])our les travaillem-s intellectuels, aussi bien dans les services publics que dans les services xirivés. A ce point de vue, les conséquences de la guerre auront opéré, parmi les multiples catégories de salariés, un véritable déclassement. Il semble d’ailleurs que, dans l’ensemble de la production industrielle^ la hausse du taux nominal des salaires ait, depuis 1921, cessé de s accentuer, et même qu un mouvement très net commence à se dessiner en sens inverse. Il faudrait l'attribuer sans doute à la crise economique actuelle, et aussi au rétablissement des conditions normales de la concurrence entre les entreprises xirivées, conditions faussées, iiendant la guerre, jiar le fonctionnement des multixiles exxiloitations dont 1 Etat avait dû, excexitionnellement assumer la charge.

731 te>'. La hausse du salaire nominal depuis 1914 a-t-elle été, dans une certaine mesure, accompagnée d'une hausse du salaire réel? En d autres termes, l'amélioiation ax>iiarente de la condition des salariés a t-elle été, ou non, comxilètement neutralisée par l’effet de la liausse générale des prix f La question est très débattue; il est actuellement difficile d j’ répondre. Le fait (pie, xiendant la guerre, le pouvoir de consommation de la classe oin rière xiaraissait, eu France, s’être sensiblement accru, ne doit pas, en effet, être considéré comme absolument probant dans le sens d’une augmentation du salaire réel. Ce phénomène tenait en grande partie à des causes artificielles, telles que les allocations largement attrilmées par l'Etat aux familles des mobilisés, le moratorium des loyers, l'emploi très général de la main d’œuvre féminine. Il en résultait pour la famille ouvrière, en même temps que la diminution de certaines dépenses affectées a des besoins essentiels comme le logement, une facilité pins grande de déveloxiper ses consommations alimentaires et même la possibilité de se livrer à des dépenses de luxe. Mais l’action de ces causes, qui pouvait faire illusion, a aujourd’hui pris fin, et si, dans l’ensemble, on compare la haus.se des taux de salaire nominal et la hausse des xJrix de toutes choses depuis 1911, il semble bien que la seconde ait été plus forte que la première. En d’autres termes, au cours de cette période, il y aurait eu plutôt diminution qu’augmentation du salaire réel. Il a pu toutefois en être autrement pour quelques catégories de travailleurs manuels ayant, a raison de circonstances sxiéciales, bénéficié d’un relèvement particulièrement fort du taux de leur salaire nominal.

Rkuiujau, T. 11, 2® td.

Page 1