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V. t. I, 3i7 et*puiv

2. V. Stuart Mill, Principes d’économie politique, t. II, chap. XL

amener le relèvement des salaires, un seul paraît être à la portée des ouvriers, c’est la restriction volontaire de leur natalité.

La théorie du fonds des salaires accuse d autre part un antagonisme très grave entre le travail et toute nature de capital autre que le capital monétaire. Elle (‘xpliquerait dans une certaine mesure l’hostilité des ouvriers à l’égard des machines. Tout capital investi sous forme de capital fixe, ou même sous la forme d’approvisonnements, est en effet perdu pour le fonds des salaires; il servira sans doute a faire travaillei les ouvriers, mais non à les payer et ne pourra, par suite, exercer sur leur

condition aucime influence bienfaisante.

73.5. De telles conséquences suffisent à rendre suspecte la doctrine dont on peut logiquement les déduire. Cette doctrine paraît d’aiUeurs très discréditée aujourd’hui. On ne saurait soutenir sérieusement tout d’abord qiui l’ensemble des salaires à distribuer dans un pays, au cours d’une année, peut être d’avance déterminé d’après l’importance d’une masse distincte de capitaux spécialement affectés au paiement des ouvriers. Le prétendu fonds des salaires varie en réalité dans sa consistance suivant les év^énements. Il peut, à un moment donné, s accroître sentiblement, par suite de la nécessité d entreprendie ceitains travaux jvisque-là négligés. 11 peut, à 1 inverse, subir un resserrement notable an lendemain d une crise. Il est donc impossible, pour calculer le taux moyen du salaire, de faiie état d’un facteur aussi imprécis.

L’importance réelle du fonds des salaires pût-elle même être établie à un moment donné, qu’il serait inexact de lui attribuer une influence décisiv'^e sur le taux du salaire, te fonds ne représenterait en effet (lue le chiffre total des avances consenties au travail par les entrepreneurs, au cours de la production, et non l’ensemble de la rémunération annuelle à laquelle ])ourrait prétendre le travail. Le taux du salaire dépend, en réalité, beaucoup moins des capitaux monétaires disponibles au moment où commence la production que des résultats de celle-ci, escomptés par les chefs d’entreprise, c’est-à-dire de la ])roductivité du travaiD. Si l’industrie est prospère, si le patron peut espérer,

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lôme Tavlor (V.”l. l, l>. lt>b note 1), nn des moyens em].loyés poordévelopner la producLiviLé du travail consiste précisément, à attntmer a rouvrit>r. lorsque le rendement de son travail atteint un maximum détermine, une

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LA RÉPARTITION DES REVENUS .327

avec le développement de ses débouchés, un accroissement de son profit, le taux du salaire s’élèvera. H s’abaissera dans le cas contraire, lors même qu’aucun changement ne serait survenu dans la composition du fonds, consistant en monnaie, qui sert à payer les ouvriers au cours de la production. En d’autres termes, l’entrepreneur, dans la fixation du taux de salaire qu’il paie à ses ouvriers, ne se règle pas seulement, ni principalement, d’après l’importance des fonds dont il dispose actuellement; il escompte le renouvellement continu et l’accroissement progressif de ces fonds, grâcÆ au travail de ses ouvriers. C’est seulement si ces prévisions optimistes se réalisent qu’il pourra, non seulement maintenir le taux de salaire convenu, mais peutêtre même'continuer à payer un salaire quelconque.

73G. De ce que le taux du salaire paraît dépendre surtout de la productivité du travail qu’il rétribue, il n’en faudrait pas conclure cependant, comme on l’a fait parfois, qu’aucun autre facteur n’intervient dans la fixation de ce taux. Le rapport de l’offre et de la demande, pour n’avoir pas, relativement à la ré- ' munération du travail, l’influence exclusive que lui attribue la théorie du fonds de salaires, n’est cependant pas négligeable. L'importance du capital existant agit sur le taux du salaire, non seulement lorsqu’il s’agit du capital circulant, disponible sous forme de monnaie et destiné à faire au travail les premières avances en attendant les résultats de la production, mais aussi sous la forme du capital fixe, qui contribue à augmenter la productivité du travail. Le développement de la production mécanique, c’est-à-dire l'accroissement du capital fixe sous un de ses aspects les plus importants, a été une des causes principales de la hausse des salaires au cours du xix® siècle. Il faut encore mentionner parmi les causes qui agissent sur le taux du salaire les mouvement'S do la population ouvrière. Cobden 1 indiquait avec humour : « Le salaire baisse lorsque deux ouvriers courent après un patron: il s’élève lorsque deux patrons courent après un ouvrier ». Le prix courant du travail, comme celui de toute autre marchandise, dépend naturellement dans une large mesure des conditions de concurrence sur le marché. Ces conditions de concurrence sont d’ailleurs influencées, non seulement par le

majoration de salaire d’au moins 30 %. On estime que cet avantage est largement compensé, au profit de l’entrepreneur, par la réduction proportionnelle des frais généraux, résultant du caractère intensif de la production.

nombre des travailleurs, mais par leurs habitudes de vie. Malgré les facilités croissantes des communications, le travail ne se déplace pas aussi facilement que les autres marchandises ^ précisément parce qu’il n’est pas une marchandise comme une autre. Les travailleurs peuvent être empêchés par des causes multiples, tenant à l’intérêt ou à d’autres sentiments, d’aller chercher ailleurs un salaii’e plus élevé. De telle sorte que l’unification des prix qui, par l’effet de la spi^culation s’établit approximativement sur les marchés les plus éloignés pour les marchandises de large consommation, se réalise beaucoup moins en ce qui concerne le travail. La coutume contribue encore à diminuer la mobüité des salaires, dans un certain nombre de professions. Enfin, parmi les facteurs dont l’action se fait sentir par rapport aux salaires, il faut réserver une des premières places au développement de l’association professionnelle, au mouvement syndical. De plus en plus, grâce à ce facteur, les conditions mêmes de fixation des salaires tendent, dans la production industrielle, à se modifier, par la su])stitution progressive du contrat collectif ® aux conventions individuelles relativement au t-ravail.

Ainsi, bien loin de pouvoir être ramené, comme on l’avait cru, à une cause unique, coût de production, loi de l’offre et de la demande, productivité du travail, le taux du salaire dépend en réalité d’un grand nombre de causes®; et ])armi ces causes, les unes sont celles qui agissent sur la valeur des autres marchandises*, les autres tiennent à la nature spéciale du travail et aux caractères qui le distinguent des marchandises ordinaires.

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