‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 447 sur 568 · V. plus loin, n · texte numérisé non relu

V. plus loin, n

.3. V. Levasseur, Causes déteriuinantes du laux des salaires, dans la Ihwi^e d'économie politique, 1908.

LA RÉPARTITION DES REVENUS 329

l’intérêt de l’argent le loyer et le fermage, qui rémunèrent l’usage de certaines catégories de capitaux fixes, notamment des terres et des constructions. La terminologie économique prend au contraire le mot « intérêt » dans un sens générique. Il désigne le revenu d’un capital quelconque, fixe ou circulant. ' Au point de vue économique, le fermage des terres et le loyer des maisons se sont que des variétés de l’intérêt du capital.

738. L’intérêt, revenu du capital, présente les mêmes caractères que le salaire, revenu du travail, il est dû par l’entrepreneur au capitaliste en tout état de cause et quels que puissent être les résultats de l’entreprise, et son taux est déterminé d’avance, à forfait. C’est donc une rémunération qui échappe aux risques, comme le salaire. Tandis qu’on donne à la convention qui intervient entre l’entrepreneur et le travailleur le nom générique de contrat de travail, le contrat qui règle rusage et la rémunération du capital porte, suivant les cas, les dénominations, empruntées à la langue juridique, de prêt è intérêt, louage de choses, bail à ferme. Ces divers contrats, bien que s’appliquant à des natures différentes de capitaux, ne sont pourtant, au point de vue économique, (lue des variétés d’une même convention, laquelle implique, d’une part le droit reconnu à l'entrepreneur de se servir à son profit du capital d’autrui, d’autre part le droit pour le capitaliste de recevoir une rémunération certaine et déterminée dans son montant. L’un des caractères essentiels de cette convention étant de mettre le capital d’autrui, pour un temps plus ou moins long, à la disposition d’une personne qui s’oblige à le restituer en nature ou en valeur, elle pourrait, semble-t-il, recevoir la dénomination générique de « contrat de crédit ».

730. Nous avons vu précédemment* que la notion de « capital » peut être prise dans deux acceptions différentes. C’est toute richesse affectée à un emploi productif; ou bien, c’est toute richesse qui a pour destination de donner un revenu à son propriétaire. En matière de production, c’est la première conception qui prévaut, celle du capital productif. C’est au contraire la seconde, celle du capital lucratif, qui l’emporte en matière de répartition. Kentre dans le capital envisagé à ce point de vue toute richesse, quelle que soit d’ailleurs la nature de

son emploi, qui est susceptible d’assurer à son propriétaire un revenu, un intérêt.

7'i0. Coininent se jiistilie l’iiUérèl du capital. — La réponse à cette question est traditionnelle. Pour établir la légitimité de l’intérêt, on invoque trois ordres de considérations :

10 Le capitaliste subit une priva tion, du fait qu’il se dessaisit de son capital; 2° par cela même, il court certains risques; 3° il permet ainsi à autrui de tirer profit de la productivité du capital.

10 Le capitaliste, en se dessaisissant au xirofit d’autr\ii, s’impose une privation qui justifie sou revenu. 11 perd les avantages qui pouvaient résulter j^our lui de la possession du capital, au j)oint de vue notamment du revenu qu’il en aurait i)u tirer par son travail personnel. Il peut même se faire qiie ce dessaisissement soit x^our hii la source, uon seulement d’une privation de jouissance ou d’un manque de gain, mais d un véritable judice, si avant le terme convenu xif*ur la restitution du cax^ital, celui-ci venait, par de circonstances imprévues, à lui êtrenécessaire. C’est xirécisément la raison pour laquelle un individu dans les affaires se gardera l)ien, la plupart du temps, d immobiliser dans des placements à long terme une grande partie de ses capitaux. Et c’est aussi xjuurqiioi les déposants, dans les banques, se contentent pour leurs dépôts à vue d’un taux d’intérêt très modéré 1, la modicité de la rémunération ayant pour contre-X)artie favorable la disx3onibilite comx^lète du capital.

2® Le capitaliste, par suite du contrat de crédit, est exx>osé à certains risques ; risques d’abus de jouissance et de détérioration, lorsqu’il s’agit de capitaux loués on affermés, qui doivent être restitués en nature, risque de uon -restitution même x^our les capitaux x^rêtés, dont la valeur seule estsujetteàremboursement. L’intérêt constitue la comxiensation de ces risques, et son taux est naturellement d’autant plus élevé que le risque couru est plus grand. Ceci explique l'infériorité fréquente du taiix de loyer ou fermage des caxûtaux fixes, rapi^ort au taux d intérêt de l’argent à la même éx^oque. L’écart ne saurait toutefois devenir excessif, parce que les capitaux qui se forment ont tendance à rechercher le mode d’emploi le i^lus rémunérateur, ce qui contribue à rétablir l’équiUbre, et aussi, pai-ce que le loyer des capitaux fixes, à la différence de l’intérêt des capitaux cir-

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