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LE REVENU DES AGENTS NATURELS : LA RENTE

717. .\iialysc de la nolion de renie; ses multiples applicalions.

— Xous avons jusqu'ici considéré la terre cultivable comme un capital, et le revenu foncier, le fermage, comme une des formes de l'intérêt ^ Cette analyse serait inexacte, ou tout au moins incomplète, aux dires d’un grand nombre d’économistes. 11 y aurait lieu de distinguer en effet deux parties dans le fermage : l’une, qui serait le revenu du capital foncier, la rémunération de Putilité incorporée ii la terre par suite des travaux etdesavances des propriétaires successifs l’autre, (jui constituerait la rétribution des agents naturels, la représentation des avantages naturels que le fonds posséderait par rapport à d'autres terres, soit au point de vue de la fertilité, soit au point de vue de la situation. Cette seconde partie du revenu foncier serait la « rente », définie par Ricardo ® : (( la portion du produit de la terre que le fermi(>r paye au propriétaire pour avoir le droit d’exploiter les facultés primitives et indestructibles du sol ».

La plupart du temps, la rente ain.si conçue, comme un supplément de revenu dû aux seules circonstances naturelles, ne peut être facilement dégagée, ni exaclcment mesuiTe. Pour la voir apparaître avec évidence, il faudrait que la terre cultivable n’eût encore fait l’objet d'aucune amélioration, d’aucun travail. Dans ce cas, si deux fonds de même contenance présentaient une différence de rendement <|ui, pour le propriétaire non exploitant, se traduirait par une différence dans le taux de fermage, ectte situation ne pourrait s’expliquer que par la supériorité naturelle de run des fonds; l’excédent de rémunération obtenu par le propriétaire le plus favorisé constituerait donc une rente. Mais, dans les pays depuis longtemjis peuplés, c’esf là une hypothèse peu susceptible d’application pratique, la jilus grande partie du sol cultivable ayant été, à une époque (pielconque, l'objet de travaux de défrichement et d'exploitation, dont le

1. V. Cauwès, f'MU's <V Economie ptdiliqne, 3« édiliuu, 1893, t. III, 905 oL suiv.; Paul lM‘roy-Mraulh*u, Traité tTéconomie puUiquv. 3® édition, 1900 L. l, p|). 701 suiv. :.Jourdan, Cours nnnlulKpie iV Economie poHliquCj 2« édition, IS90; liide et Pist, flisloire. des doctrines économiques, 1909; Frézoïils !m théorie de la renie et son exlension récente, Montpeilier, 1 908.

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