V. Ricardo, Principes d' Economie politique, cliap. II
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résultat utile subsiste encore dans une certaine mesure. La rente de la terre se trouve donc, dans la généralité des cas, étroitement unie au revenu du capital foncier et ne pourrait que très difficilement en être distinguée et isolée.
En dehors de la production agricole, il est des hypothèses où la rente se révèle, au contraire, d’une manière particulièrement nette lorsqu’il s’agit notamment des terrains à bâtir dans les villes. Tel emplacement, qui existe à l’état nu et n’a encore fait l’objet d’aucun travail, même de clôture, pourra devoir à sa situation avantageuse, ou à son exposition favorable, une valeur plus grande et procurer à son propriétaire, en cas de location, un revenu exceptionnel, une rente;
741Î. La rente apparaît encore dans l’industrie extractive, par suite des différences considérables que peuvent présenter les gisements au point de vue de leur richesse et de la facilité plus ou moins grande de leur exploitation. Elle se manifeste également dans l’industrie manufacturière ou commerciale. Telle usine doit à la proximité d’une importante voie de communication, ou au voisinage d’une grande ville, une économie de frais de transport ou une extension de débouchés qui est pour elle l’origine d’avantages exceptionnels. De même, tel magasin voit affluer la clientèle grâce à son heureuse situation dans un quartier élégant ou au carrefour de plusieurs artères fréquentées. Dans ces divers cas, le profit que touche l’entrepreneur est en partie une rente. La rente composerait même le iirofit tout entier sous un régime de concurrence absolue, où le prix de vente se trouverait ramené strictement, par l’action des lois économiques, au niveau du coût de production. En pareil cas, les seules entreprises qui continueraient à procurer un profit seraient en effet celles qui, grâce à des avantages exceptionnels tenant à la Xature, parviendraient à maintenir leur coût de production audessous du prix de revient des entrejirises concurrentes
La rente n’apparaît donc plus seulement comme une partie du fermage, du revenu foncier, ainsi qu’on l’avait pensé tout d’abord. Elle est également partie intégrante, sinon principale, du profit de l’entrepreneur. Les supériorités naturelles qui lui donnent naissance peuvent être de nature très diverse, tenir par exemple aux aptitudes physiques ou intellectuelles des individus. Ue sont cas qualités, dons de la Xature au même titre que la
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LA REPARTITION DES REVENUS
fertilité même du sol, qui, dans bien des cas, assurent le succès des entreprises et l’élévation des profits. Et de là résulte encore que la rente peut se rencontrer à l’occasion des services, ou s’incorporer au salaire des travailleurs. L’artiste en renom, qui doit à son talent une rémunération exceptionnelle, touche en réalité une rente. C’est également une rente qui élève le salaire de l’ouvrier d’élite au-dessus du taux moyen de salaire payé aux autres ouvriers. Dans un cas comme dans l’autre, le revenu constitue, pour partie tout au moins, la représentation d’une supériorité naturelle.
Mais s’il en est ainsi, la notion de rente, en s’élargissant, va perdre la plus grande partie de sa signification précise et, par suite, de son importance économique. La rente cessera en effet d’être un revenu spécial, exceptionnel, différenciant le capital foncier des autres capitaux, pour devenir simplement l’un des éléments constitutifs de toute espèce de revenus.
74B. Théorie de la rente foncière, de Hieardo; l'ordre historique des cultures — En ce qui concerne spécialement la rente de la terre cultivable, Kicardo®, s’inspirant d’ailleurs de Malthus=*, a formulé un ensemble de propositions qui, sous le nom de « théorie de la rente foncière ». ont, pendant près d’un siècle, suscité les plus vives controverses parmi les économistes.
Lorsqu’une société nouvelle se fonde, fait observer Ricardo, les hommes qui la composent, étant peu nombreux et disposant de faibles capit lux, ne mettent en valeur qu’une faible étendue de terrain, suffisante pour assurer la satisfaction des besoins du groupement. La rente n’existe pas encore, car nul ne consentirait à payer le droit de cultiver un terrain, alors qu’un grand nombre de bonnes terres sont vacantes et à la disposition de qui veut les occuper.
Mais, lorsque, parsuite du développement de la société nouvelle, toutes les terres de première qualité ont été occupées, si l’accroissement continu de la population oblige à mettre en culture des terrains de qualité secondaire, la rente naît au profit des terres de première qualité, et son taux est mesuré par la différence qui existe entre les facultés productives des deux catégories de terres, c’est-à-dire entre leurs rendements. Si par exemple,
1. V. Ricardo, Principea de. l'économie politique cl de l'impôt, chap. H