‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 457 sur 568 · V. plus haut, n · texte numérisé non relu

V. plus haut, n

La répartition des revenus

nées immédiatement antérieures à la guerre, qui a jeté la suspicion sur la théorie de Ricardo. 8i l’on s'en réfère à la dernière évaluation olîicielle de la proiniété non bâtie, de 1912, on constate que, pour environ 25.000 communes sur lesquelles a porté cette évaluation, le revenu foncier a sensiblement diminué, passant de 1.634 millions de francs en 1879-1884, à 1.264 millions en 1912. La rente foncière, au cours de cette période, a donc, en France, manifesté une tendance très accentuée à la baisse, contrairement aux indications de la théorie ricardienne. 11 est vrai que si l’on fait porter l'observation smun espace de temps plus prolongé, il ne semble guèi-e douteux que le revenu foncier se soit accru. M. Daniel Zolla, en 1896, estimait que, de 1790, à 1879, la valeur vénale de la terre avait, en France, passé de 500 à 1.730 francs l’hectare. Mais il ne faut pas oublier qu’au cours du xix® siècle, les incorporations de capitaux à la terre ont été considérables, par suite des progrès réalisés dans les méthodes culturales. L’accroissement du revenu foncier représente donc l’intérêt de ces capitaux, bien plutôt sans doute que la rentedusol. D’autres causes encore expliquent, pour la même période, la plus-value de la propriété foncière et l’augmentation de son revenu, notamment l'abondance plus grande de l'instrument monétaire et la réduction consécutive de son pouvoir d’achat^. L’influence de cette cause s’est naturellement manifestée par rapport au fermage, comme par rapport à toutes les autres natures de revenus. 8i on recherche quelle a été, dans la période comprise entre 1799 et 1894, la liausse survenue dans le taux des salaires agricoles et dans la valeur vénale de la propriété foncière®, ou constate, pour le premier de ces éléments, une progression de 109 à 339, alors que la valeur de la terre passe simplement de 199 à 274. Enfin, l’examen des statistiques relatives aux prix des denrées agricoles ne permet pas de relever, au cours de la même iiériode, une tendance très accentuée dans le sens de la hausse. Pour le blé notamment, les oscillations ont été fréquentes, sans que, de la fin du xvme siècle aux dernières années du xix*^, on puisse noter un changement bien sensible. Les faits passés ne semblent donc pas confirmer les prévisions pessimistes que l’on aurait pu fonder sur la double loi des rendements décroissants de la

Page 1